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LA PRESSE OUVRIERE EN 1906

 

 

                         LE CRI DU PEUPLE (Organe du Parti Socialiste)

 

 

 

NUMERO DU 7 JANVIER 1906

 

 

 

DANS LE VIMEU

 

D’une rapide tournée de propagande faite dans le VIMEU, j’ai rapporté une impression complexe, un mélange de tristesse et d’espérance.

De tristesse d’abord. Il n’est pas un point du département où se rencontre une aussi fort agglomération ouvrière. Il n’en n’est pas où le prolétariat soit à la fois plus massé et plus directement en contact avec ceux qui l’exploitent, qui vivent de son travail.

Dans une ville manufacturière comme AMIENS, toute une classe intermédiaire, petits commerçants, fonctionnaires de tout ordre, retraités de toute sorte, forme le pont entre le prolétariat et les gros capitalistes.

 

Dans les communes du canton d’AULT, rien de tel. En face de l’usine, c’est d’une part la ville ou le château du gros fabricant, de l’autre la masure de l’ouvrier. Le drame de la lutte des classes, de cette « maladie », comme dit PELLETAN, maladie chronique, maladie meurtrière, ce drame n’est pas masqué par des spectacles parallèles ; c’est au premier plan qu’il se joue dans toute son âpreté et dans toute son horreur.

 

Eh bien, cette population de famine et de misère, cette masse d’opprimés qui devrait former un bloc indissoluble, elle est à l’heure actuelle inconsistante, inorganique, amorphe. Elle va à l’aventure, guidée par le hasard du moment, par l’impulsion présente, telle une barque démâtée flottant au gré des vents qui la poussent. Elle est capable d’élans sublimes, irrésistibles, mais aussi des pires réactions, les plus imprévues, les plus déconcertantes. Pas d’unité de vues, pas d’unité d’action. De courtes révoltes, aucun sens révolutionnaire.

 

Je suis dur pour nos camarades du VIMEU, mais je le suis parce que je leur dois la vérité. On s’attendrait à les voir à la tête du mouvement socialiste, c’est à peine s’ils forment l’arrière-garde de notre armée. Au point de vue économique, tout juste une coopérative, celle d’ESCARBOTIN ; des syndicats solides mais qui ne comprennent qu’une poignée d’adhérents, quelques centaines là où on devrait les compter par milliers. Un seul groupe d’études sociales hier encore, celui où nos vaillants amis de WOINCOURT luttent avec tant d’énergie : un îlot de liberté dans un océan de servitude. Et, comme toujours, dans cette population anémiée, rongée par l’exploitation et la misère, des résolutions désespérées, extrêmes, le recours aux violences inutiles, qu’on prend pour des manifestations de la force et qui ne trahissent que la faiblesse. Situation exploitée par tous les aigrefins, par tous les agents provocateurs et par tous les agents de division à  la solde du patronat. Voilà les raisons profondes de ma tristesse. Un pays où rien n’a été fait, où rien n’a été tenté.

 

Oui, mais aussi un pays où tout est à tenter, un pays où tout est à faire. Et voilà les raisons profondes de mon espérance. Il y a dans tout le VIMEU, dispersées et inconscientes, mais réelles, d’admirables énergies révolutionnaires, qui, avec le temps et surtout avec l’effort réfléchi des militants, se disciplineront et se coordonneront. De ce qui n’est à l’heure actuelle qu’un sentiment de révolte, qu’un besoin de destruction, le socialisme fera une force de révolution, d’organisation prolétarienne invincible.

L’œuvre urgente, c’est de grouper ces forces éparses, c’est de former le faisceau compact de tous les exploités, de tous les misérables. Divisés, les ouvriers du VIMEU restent sans défense contre leurs ennemis de classe. On m’a cité des exemples effroyables de leur servitude économique. Ils sont à la merci du patron pour les moindres fournitures relatives à leur travail, ils sont obligés de subir les conditions usurières qu’on leur impose.

 

 

Ils paient deux, trois quatre fois leur prix leurs moindres instruments de travail, l’huile et le papier qu’ils emploient. On ne se contente pas de payer des salaires de famine, on les leur reprend par tous les moyens.

On profite de ce que bon nombre d’entre eux travaillent encore à domicile, dans des ateliers familiaux ou prétendus tels, pour prolonger indéfiniment la journée de labeur et pour baisser d’autant les prix de façon.

Si bien qu’il leur faut aujourd’hui fournir un effort de quinze heures pour toucher l’équivalent de ce qu’ils auraient autrefois gagné en travaillant pendant huit heures seulement.

 

 

Mais cet état de choses prendra fin. Il suffit d’une étincelle pour embraser toute la région. En quelques heures, trois groupes ont été fondés, un quatrième naîtra sans doute bientôt. Et l’exemple donné sera suivi. Ce seront des recrues nouvelles pour les syndicats, ce seront ensuite des coopératives qui écloront de toutes parts. Là où le patron trône aujourd’hui en maître incontesté, se dresseront de puissantes organisations ouvrières. On arrachera à la classe capitaliste et la puissance économique et la puissance politique qu’elle détient. Les municipalités cesseront d’être constituées par les gros producteurs et leurs agents, elles retomberont entre les mains du prolétariat, qui ne se laissera plus exploiter par les possédants.

Et, en même temps, qu’ils opéreront la conquête des pouvoirs publics, les camarades du VIMEU exerceront une pression formidable par l’organe des syndicats qu’ils renforceront tous les jours. Le travail cessera de subir les conditions que lui impose le capital, il les lui dictera. La tâche est relativement facile à entreprendre. Il suffit de vouloir et les conditions sont particulièrement favorables dans ces grandes agglomérations ouvrières.

 

La prochaine campagne électorale nous fournira l’occasion de frapper un coup décisif. Quel qu’en soit le résultat, il faut qu’il en sorte une organisation solide, une grande manifestation de solidarité ouvrière. Il est certain que le VIMEU, réveillé de sa trop longue torpeur, saura faire à ce moment un pas de géant dans la voie de son  émancipation. Le règne du capitalisme touche à sa fin, celui du prolétariat commence.

 

Signé : GUSTAVE RODRIGUES

 

 

 

NUMERO DU 14 JANVIER 1906 

 

 

La grève de BETHENCOURT.

 

Une grève vient d’éclater à BETHENCOURT SUR MER dans les ateliers de M. DEBEAURAIN.

D’après la presse bourgeoise les grévistes se seraient livrés à quelques violences regrettables.

(voir à ce sujet notre article sur les évènements à BETHENCOURT SUR MER en 1906)

 

Notre camarade TELLIER, délégué par la Fédération de la Métallurgie, est sur les lieux depuis jeudi matin ; le camarade MOREL, permanent de la Bourse du Travail, est allé le remplacer hier.

Nous attendons pour donner de plus amples renseignements d’en posséder d’autres que ceux que donnait hier la presse patronale.

 

Signé : A. MAILLY

 

 

NUMERO DU 8 AVRIL 1906

 

 

LA GREVE DE FRESSENNEVILLE

 

Mardi soir, une grève a éclaté dans les ateliers de serrurerie de MM RIQUIER Frères, à FRESSENNEVILLE.

(voir nos différents articles sur les évènements de 1906 à FRESSENNEVILLE)

 

 

Les quotidiens locaux nous apprenaient, jeudi matin que des actes d’une rare violence avaient été commis par le personnel en grève.

Il nous est difficile,  à l’heure présente, de nous rendre compte parfaitement de ce mouvement gréviste et de vérifier toutes les assertions de la presse. C’est, qu’en effet, nous ne tenons nullement, comme cela se fait dans la presse bourgeoise, à enregistrer sous une même rubrique tous les incidents, de quelque nature qu’ils soient, au risque de créer une confusion ou d’établir une corrélation quelconque entre tous ces incidents et le fait principal.

Il n’en reste pas moins établi, d’ores et déjà, qu’un premier acte de violence a été commis par ces industriels. Au mépris de la légalité, qu’ils vont invoquer à présent contre les grévistes, MM. RIQUIER frères n’ont-ils pas eu la prétention d’empêcher leurs ouvriers de s’associer professionnellement sous le régime de la loi de 1884 sur le syndicat ?  

 

Chaque fois qu’un ouvrier serrurier a eu l’audace d’adhérer au Syndicat du VIMEU, n’a –t-il pas été renvoyé ? Lorsque les ouvriers ont envoyé, mardi soir, un délégué d’ESCARBOTIN auprès de M. RIQUIER pour lui demander de ne pas maintenir le renvoi d’un ouvrier, ce patron n’a-t-il pas même refusé de recevoir la délégation adressée par son personnel.

 

Il y a dans ce dernier acte de MM. RIQUIER Frères, notamment, une provocation calculée, préméditée, exclusivement dirigée contre l’organisation syndicale des ouvriers. Voilà le premier acte de violence dûment établi dans cette grève de FRESSENNEVILLE ; voilà comment la provocation patronale s’exerce dans ces tristes lieux d’exploitation.

 

Et l’on se plaindra, ensuite, que les ouvriers ne sont pas raisonnables, qu’ils brisent quelques vitres, qu’ils commettent des actes de déprédation.

A qui la faute ?

 

Signé : J. CLEUET

 

 

NUMERO DU 15 AVRIL 1906

 

 

Examiné à part et détaché de toutes les circonstances connexes qui l’ont produit, l’acte de suprême violence de FRESSENNEVILLE paraît inexplicable.

D’autant plus qu’il passe pour avoir été spontané et que cinq minutes avant personne n’y pensait. Ce témoignage est unanime dans le village et sera d’une importance capitale devant les juges, si quelqu’un venait à être traduit en justice. Il ne sera pas possible, en effet, de parler de préméditation. C’est, de toute évidence, il faut en convenir, l’épilogue d’un de ces drames de la misère, et pour le comprendre, il n’y a qu’à remonter à ses causes lointaines et profondes.

 

Dans tout ce pays si éprouvé de la Somme, où je circule depuis des semaines, les ouvriers me parlent de FRESSENNEVILLE comme du centre le plus misérable et le plus éprouvé par le machinisme. On m’a montré des articles de camelote, de petits cadenas qui étaient payés par cette maison RIQUIER, à raison de deux centimes la douzaine. Je sais bien que le travail d’ajustage des pièces n’est pas considérable, mais, qu’on essaye d’abord de se figurer ce qu’il faut abattre de besogne pour arriver, dans ces conditions, à se faire seulement un salaire de deux francs par jour. Ce n’est pas moins de 1.200 cadenas à manipuler dans la journée de travail. Ajoutez que l’ouvrier à domicile doit payer ses limes, son huile, ses outils divers et son éclairage.

 

 

Les outils du serrurier (Encyclopédie DIDEROT)

                               OUTILSDUSERRURIERf.gif 

 

 

 

 

 

 

 

Mais ce n’est encore que la cause la plus petite de son malaise et de sa colère croissante. Ce qui entretient l’ouvrier dans cet état croissant d’exaltation, c’est le spectacle journalier de la baisse de salaire, correspondant exactement à la progression continuellement ascendante du profit du gros industriel ; c’est la perte graduelle de toutes ses libertés et de sa dignité d’homme et de citoyen.

Et il y a vingt ans que ce martyre dure ! Il y a vingt ans que les deux mâchoires de l’étau se resserrent sur lui ; il y a vingt ans que cet étouffement et cet étranglement progressif, savamment dosé, sont passés à l’état d’institution. Les ouvriers ne sont plus des hommes, ce sont des forçats à qui on a mis un carcan et qui subissent le supplice du garrot.

 

On admet bien qu’un mouton devienne enragé. Comment un être humain ne deviendrait-il pas un révolté quand on a tout fait pour le mettre en cet état. C’est le contraire qui serait étonnant.

 

En ce qui concerne l’aventure des RIQUIER le cas est particulièrement probant.

Ces parvenus qui ne daignent même pas accepter une entrevue avec leur personnel ouvrier, avaient leur grand-père ouvrier et marchand de poisson. Associé à un cousin-germain, il établit à FRESSENNEVILLE une petite fabrique de cadenas.

C’était le type du petit patron de ce temps-là. Il vivait au milieu de ses ouvriers, travaillait avec eux et s’enrichit grâce à eux, mais sans perdre le contact, sans renier ses origines, sans rougir de ses mains calleuses. C’était l’exploitation à la première puissance.

 

D’ailleurs les ouvriers ne la sentaient pas et ne la comprenaient pas alors. Ils souffraient comme ces malades qui ne connaissent pas bien la cause ni le siège de leur mal. Le patron était pour eux – du moins ils le croyaient, puisqu’ils avaient trouvé et employé ce mot de « patron » – le père de cette famille, de cette collectivité de travailleurs.

 

La science sociale, chaque jour plus développée, leur fit entr’ouvrir les yeux. Les successeurs achevèrent de les leur ouvrir. Bientôt, en effet, l’usine ayant grandi, et les bénéfices aussi, les fils du fondateur disparurent, et l’ouvrier vit à leur place apparaître le contremaître et le directeur. La famille ouvrière devient troupeau et le patron ne fut plus que le « singe ».

 

Puis, cynique provocation, ces rois fainéants vinrent bâtir leur palais juste ne face de l’atelier agrandi et toujours plus dur, plus froid depuis qu’y circulaient ces deux cerbères, le contremaître et le directeur, dont l’unique consigne était de faire suer le million, toujours plus de millions. Les travailleurs purent alors tout à leur aise, contempler, de leur étau, la danse des millions.

Tous les ans, le château s’agrandissait. Les ailes y poussaient les unes après les autres. Les collections s’entassaient dans les appartements somptueux. Les autos passaient et repassaient sans cesse sous le nez de l’ouvrier qui pouvait en renifler l’odeur tout à son aise. On eut une meute, de beaux laquais aux livrées rouges ou dorées, un chenil plus beau, mille fois, que les maisons ouvrières d’à côté. L’épée du fameux COURBET s’étalait au centre d’une panoplie où brillaient les dépouilles indo-chinoises : on l’avait eu en dot avec la nièce du conquistador.

 

La maison de M. RIQUIER avant l’incendie

                                   maison riquier avant lincendie.bmp

 

 

 

 

Et devant tant d’exploits, les ouvriers disaient : Le patron est un exploiteur !

La vieille église d’à côté gênait la vue, on en voulut une neuve, et les ouvriers qui n’y mettaient pas les pieds furent invités par ordre à joindre leurs gros sous à l’or du patron, devenu très dévot comme il convient quand on est riche.

(voir dans notre article sur  l’histoire de FRESSENNEVILLE, le passage consacré à l’église)

 

Lors de la loi de la Séparation, les ouvriers durent encore signer des feuilles de protestation qu’on leur mettait sous le nez au moment de la paye.

Il n’y a pas eu un moyen de provocation qu’on n’ait tenté, il n’y a pas d’humiliation qu’ils n’aient subie.

On savait le nom de ceux qui ne faisaient pas communier leurs enfants.

On croyait savoir le nom des syndiqués et on commença à les tracasser. C’était facile. On n’en connaissait qu’une douzaine. Mais il y en avait près de 150 nouvellement entrés dans l’organisation et résolus à ne plus se laisser mener.

On sait le reste.

 

Ils ont fait comme le percepteur. Après un premier avertissement sans frais et une démarche courtoise, ils ont fait un avertissement avec frais, que, malheureusement ils seront les premiers à payer.

Il reste à savoir si le gouvernement et le pays bientôt consultés, comprendront que l’on ne combat pas la misère par l’oppression ; qu’il n’y a qu’un remède légal à cet état de choses ; qu’il est urgent de l’employer en travaillant en hâte à la disparition de cette misère par la suppression du régime capitaliste et autoritaire , seule cause du mal, et à l’institution immédiate du régime républicain dans l’usine et l’atelier de travail, régime à peine inauguré au point de vue politique.

Il reste à savoir enfin si on voudra comprendre le sens et la portée sociale de ce sinistre avertissement de la misère, de ce sursaut de colère d’une classe opprimée et à bout de patience.

 

Signé : Stéphane BECQUERELLE.

 

 

Nous apprenons que la grève de FRESSENNEVILLE entre dans une nouvelle phase. Mardi dernier, il a été procédé à seize arrestations ; dix des arrêtés ne sont pas grévistes, mais ils sont considérés comme anarchistes.

Le parquet a obéi aux injonctions de la presse vendue à la classe capitaliste qui, depuis le début des évènements réclamait des arrestations en masse.

Les citoyens MOREL et DEFAGUE ont aussitôt télégraphié au ministre de l’intérieur pour protester contre ces arrestations illégales.

Les réunions se multiplient dans la région et ce ne sont pas ces arrestations qui calmeront l’effervescence qui règne.

 

 

NUMERO DU 22 AVRIL 1906   

 

 

A TRAVERS LE VIMEU

 

Je viens de faire une de mes meilleures semaines à travers les cantons d’AULT et de GAMACHES. A AULT notamment, superbe réunion de près de 400 personnes dont près d’un cent qui n’avaient pas pu entrer.

J’ai presque l’air d’un ministre en tournée. Les troupes m’accompagnent partout. Il y a à mon arrivée 30 fantassins et 25 cavaliers qu’on a dérangés,  parce qu’un fumiste avait dit qu’il allait y avoir du grabuge à l’usine DERLOCHE. Les soldats en rient comme des petites folles. Et moi aussi !

 

Le dimanche VAUDRICOURT, ancien fief réactionnaire qui se détache sous l’influence des militants d’alentour et de quelques dévoués du pays. Quête 3 F. 70.

 

Lundi j’enlève ALLENAY et FRIAUCOURT au pas de charge, en deux  heures. Appelés au tambour, je crayonne une conférence sur les murs. On se rassemble autour de moi. C’est le socialiste ! Parfaitement ! Salle pleine.

 

Deux heures après, je suis à VALINES. Réunion très gaie. Le socialisme est enfin pris pour ce qu’il est : un rayon de bon soleil dans un enfer. Quête : 3F. 40

Mardi, deux réunions en deux heures : EMBREVILLE et BUIGNY. Je cours, je cours derrière l’auto de M. PAILLARES, je la dépasse même parce qu’elle crève. Et toujours les soldats ! On leur a fait quitter le café à  l’heure de la réunion. Ils bougonnent, je les invite à rester. Il refusent à contre cœur et quelques uns me disent : « Et nous aussi, nous sommes socialistes ! » Allons tant mieux

 

Ce soir, deux réunions à BOUVAINCOURT et BEAUCHAMPS.

Et demain jeudi, trois. Et dire qu’il y a des gens qui ne savent à quoi employer leur temps !

 

Signé : Stéphane BECQUERELLE

 

 

 

NUMERO DU 13 MAI 1906

 

 

AUX ELECTEURS DU VIMEU

 

Je tiens à remercier les 2.074 électeurs du VIMEU qui ont osé, en dépit des manoeuvres de nos adversaires, et malgré le vent de folie et de peur qu’on a su habilement déchaîner sur le pays, affermir leur foi inébranlable dans le socialisme libérateur.

C’est peu, certes, en comparaison du colossal effort que nous avions fait, du constant succès de toutes nos réunions et dix mille auditeurs, au moins, qui ont assisté à nos réunions.

C’est peu, surtout, en regard de l’ardent concours désintéressé qui m’ont prêté tant de vaillants camarades, pour qui j’étais un inconnu la veille et pour qui, j’en suis sûr, je suis devenu et resterai l’ami et le compagnon de lutte.

 

 

Signé : Stéphane BECQUERELLE

 

 

 


Date de création : 17/02/2008 @ 16:05
Dernière modification : 04/06/2009 @ 17:19
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