* *
* *
genealogie

CONSCRITS SERRURIERS

DIVERS DOCUMENTS

RECENSEMENTS

Histoire locale

Géographie 01

Histoire locale 01

Histoire locale 02

Histoire locale 03

Histoire locale 04

Histoire locale 05

Histoire locale 06

Histoire locale 07

Histoire locale 08

Histoire locale 09

Histoire locale 10

Histoire locale 11

Histoire locale 12

Recherche



Webmaster - Infos
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Préférences

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre code secret


 Nombre de membres 10 membres


Connectés :

( personne )
Les premiers serruriers du VIMEU

 

LES PREMIERS SERRURIERS DU VIMEU

 

 

Notre titre est un peu erroné puisque le document que nous reproduisons ci-après relate les dépenses faites au château du CROTOY en l’année 1461-1462 par un serrurier de RUE, en Marquenterre, nommé Enguerran MOURET.

 

Gravure du château du CROTOY (collection MAQUERON en ligne) voir notre page « liens patrimoine »

 

 

                                SERRURIER CROTOY.gif

 

 

 

 

 

A Enguerran MOURET serrurier, demourant à RUE, la somme quarante sept solz, dix deniers pour plusieurs parties d’ouvraiges de sondit mestier que à diverses fois durant le tempz de ce compte il a livré pour ledit chastel en la manière qui s’ensuit :

 

 

C’est assavoir pour une clef servant à l’huis (1) de la bouteillerye (2) dudit chastel : 8 deniers

Item pour une serrure et deux clefz servant à la cuisine : 2 sols.

Item pour une paire de lachetz à Potence, une serrure à boche (3) et la clef y servant lesquelz ont esté mis à l’huys (1) du grenier à l’entrée d’icelle forteresse : 5 sols 8 deniers.

Item pour deux plouttres (3) à boche et à vereil (4) pour servir à l’huis de l’armoyerie : 5 sols.

 Item pour 4 platines (5) servans tant aux estables aux chevaux comme en la cuisine dudit chastel :  3 sols.

Item pour une serrure et une paire de lachetz pour fermer une queue (6) en la bouteillerye (2) : 3 sols.

 Item pour une serrure à tour et demy et deux paires de pentures pour deux coffres à mettre artillerye : 12 sols.

Item pour deux clefs servans à l’une des tours où l’en met la provision de bois : 12 deniers.

 Item pour deux serrures à boche (3) et à vereil (4) et deux clefz servans à deux chambres oudit chastel : 7 sols.

Item pour une serrure et une clef servant à la cisterne : 12 derniers et pour ung crampon de fer servant à la porte d’icelui chastel : 6 deniers.

Pour toutes lessdites parties amsemble ycy la somme de 47 sols 10 deniers.

 

 

(1)  Huis ou Huys : porte extérieure

(2)  Bouteillerye : réserve aux bouteilles mais aussi pouvant servir à entreposer de la vaisselle précieuse

(3)  Plouttre à bosse ou Serrure à bosse : Serrure dont le palâtre est proéminent par rapport à la porte au contraire d’une serrure plate.

 

 

Ci-dessous Verrou à moraillon et serrures à bosse (13è 14ème siècle) de la cathédrale de RODEZ - Aveyron - prise par Philippe de ST WANDRILLE (voir notre fichier photos)

 

 

                            

 

                               SERRURIER RODEZ.jpg

 

 

 

 

 

(4)  Vereil : Verrou

 

 

Ci-dessous Verrou à moraillon et serrure plate (14è 15ème siècle) du chateau de BILLY  -Allier - prise par Philippe de ST WANDRILLE (voir notre fichier photos : faire glisser l'onglet pour visionner les 2 photos)

 

 

                       

 

 

                               SERRURIER BILLY.jpg

 

 

 

 

(5)  Platines : Tôles de mangeoires  qui sont des fers applatis fort minces dont on revêt  le dessus des mangeoires des écuries, pour empêcher que les chevaux ne les rongent.

 

 

Platine ou tôle de mangeoire dans l’Encyclopédie DIDEROT D’ALEMBERT

 

                        SERRURIER Encyclopedie DIDEROT.gif

 

 

 (6)  Queue de verrou

 

 

 

Ce document est intéressant car il accrédite la thèse que la serrurerie n’est pas née dans le VIMEU à l’occasion de l’occupation espagnole au 16ème siècle, mais qu’elle est présente bien antérieurement dans cette region.

Si le bourg de RUE en abrite un aux environs de 1460, il est probable que d’autres bourgs, capables d’abriter des artisans en possédaient également.

Les villages du VIMEU étaient quant à eux trop dépeuplés par les ravages de la guerre de Cent ans pour qu’une telle activité soit présente.

Rappelons qu’à la même époque, vers 1469 il y a 40 feux à NIBAS et seulement 24 à TULLY (voir les histoires de ces villages dans nos pages d’Histoire locale) . De plus 1469 fut une année de famine extrême dans cette region.

Mais les invasions espagnoles et les guerres de religion ayant vers la fin du 16ème siècle ruiné tout le pays, au point qu’il n’était plus possible de lever aucune taille à 6 ou 7 lieues autour de ST VALERY SUR SOMME,, le tissage et la serrurerie firent leur apparition, seuls moyens pour la population, y compris les petits nobles locaux, de survivre.

En effet, ces deux activités ne nécessitaient pas de gros investissements et avaient des débouchés. C’est ce qui fit dire que les espagnols amenèrent la serrurerie dans le VIMEU. Certes, mais ce fut indirectement.

 

 

LE LIVRE ROUGE DE LA VILLE d’EU

 

Si l’on remonte encore un peu plus dans le temps, on s’aperçoit que des serruriers étaient présents dès 1308 à la ville d’EU toute proche, dont une partie était sous l’administration du diocèse d’AMIENS.

En effet, le livre rouge de l’échevinage de la ville d’EU fait mention qu’à cette date, sous le règle de Godefroy de BARRA, maire de la ville, un statut des serruriers fut proclamé.

«  le diemenche après le saint Michiel en l’an 1308 il fut accordé par maire et par esquevins, que tous les sereuriers de le vile d’EU tenissent l’estatut qui chi ensieut …… »

 

Si donc des serruriers étaient en activité à la ville d’EU pourquoi imaginer que des étrangers à la région, les espagnols aient initié des habitants d’ESCARBOTIN à la serrurerie. La ville d’EU, distante d’une dizaine de kilomètres fournissait un bassin d’emploi et de formation pour ces derniers.

Il est à noter dans le Livre Rouge de la ville d’EU que les serruriers et les fourbeurs (artisans qui travaillaient les armes blanches) étaient administrés souvent par le même échevin. Il faut donc y voir des techniques identiques.

 

 

 
 
 
LA LEGENDE DE L’HORLOGER ALLEMAND : MAQUENEHEN
 
 
 
Pierre BRIEZ, dans sa notice sur la serrurerie, parue en 1857, a cru trouver l’origine de celle-ci dans le Vimeu.
Il affirme qu’un horloger allemand s’arrêta un jour dans le Vimeu, fabriqua une horloge et, faute d’autre commande, fabriqua une serrure. Il s’appuie sur le fait que seuls les allemands étaient capables d’une telle production et fait de MAQUENEHEN horloger, un personnage germanique.
En 1636, BRIEZ a trouvé, dans les registres paroissiaux, la première mention d’un serrurier à ESCARBOTIN ainsi que la première mention du nom de la famille MAQUENEHEN. Il ne lui en faut pas plus pour assimiler l’une à l’autre.
 
 
Cette hypothèse nous paraît peu plausible, voici pourquoi.
 
Gaston VASSEUR qui a dépouillé les registres paroissiaux de FRIVILLE à la suite de Pierre BRIEZ, nous fait part dans son opuscule intitulé « les origines de la Serrurerie du Vimeu » d’actes mentionnant plusieurs membres de la famille DE MAQUINNEHEN ou MAQUINEHEN dès 1598. Voilà une première erreur commise par Pierre BRIEZ qui a occulté également toute une série d’autres actes jusqu’en 1636 concernant cette même famille.
 
Nous avons quant à nous, retrouvé un contrat de mariage passé le 17 novembre 1607 devant Maîtres BELLIN et BELLARD, notaires au TEMPLE dans le Pas de Calais, entre Anthoine de BEAURAINS maître chirurgien demeurant au village du TEMPLE mais originaire de FRIVILLE ESCARBOTIN, avec Anthoinette LE NOBLE originaire de COLLINE dans cette même région. L’inventaire des biens apportés par le marié fait état entre autres de 2 journaux de terre situés dans la Seigneurie de FRIVILLE tenant d’un côté à ……d’autre côté aux héritiers de Jacques MANGUEHEN. C’est donc bien avant 1607 qu’une famille MANGUEHEN ou MAQUENEHEN était donc implantée à FRIVILLE ESCARBOTIN, et cela corrobore donc l’analyse de Gaston VASSEUR. L’orthographe de ce patronyme ne fait qu’évoluer à travers les années, jusqu’au 19ème siècle où les notaires d’AULT ou de FRIAUCOURT n’hésitaient pas à orthographier de deux façons différentes ce nom dans un même acte, en les reliant par un « ou ».
 
Ce qui nous interpelle, par contre, dans les constatations faites par Gaston VASSEUR dans les registres paroissiaux c’est la mention « DE » suivi du patronyme. Ne s’agirait-il pas plutôt d’une famille originaire du village de MANINGHEM (nom actuel francisé), situé à une trentaine de kilomètres de l’embouchure de la Canche, mais dont l’orthographe était en 1208 MAKINGHEHEM ou en 1391 MAQUINGHEN. De là à imaginer que cette famille était originaire de ce village et qu’elle soit venue s’établir à FRIVILLE au 16ème siècle ou même avant, il n’y a qu’un pas que nous nous permettons de franchir.

Cette région du Pas de Calais étant de langue flamande à cette époque, il est facile d’imaginer que leur langue et leur accent ait interpellé les habitants qui ont pu imaginer qu’ils venaient d’outre Rhin.

Cette hypothèse que nous faisons est confortée par la citation dans l’ouvrage « Voyage en France » tome 17 de Monsieur ARDOUIN- DUMAZET,  que :«  ce nom (MAQUENNEHEN) quoi qu’en dise la tradition, est fort peu allemand ; par la consonance, il semble venir des Flandres … »

Nous avons pu déterminer que les propriétaires la société MAQUENNEHEN et IMBERT implantée à FRIVILLE sont bien les descendants d’un Charles MAQUENNEHEN qui serait né vers 1580 mais nous ne savons pas où. Il était serrurier ! Parmi cette lignée figure un maître horloger, Jean François MAQUENNEHEN qui a vécu à FRIVILLE entre 1734 et 1795. De qui tenait-il son art ?

 

Quant à l’affirmation concernant l’implantation de la serrurerie seulement en 1636 à FRIVILLE, nous ne pouvons que la réfuter.Nous avons décrit ci-dessus que des serruriers étaient déjà implantés à RUE au 15ème siècle ou à la ville d’EU dès le 13ème ! Pourquoi les habitants de FRIVILLE auraient-ils attendu la venue d’un « étranger » pour s’initier au travail de la serrurerie alors qu’à quelques kilomètres alentour des artisans serruriers exerçaient ?

 
Nous avons retrouvé un acte de 1654 dans le notariat d’AULT qui mentionne un Nicolas GODQUIN établi Maître serrurier à PARIS. Cette famille originaire d’YZENGEMER a envoyé, selon cet acte, deux de ses fils à PARIS, probablement pour qu’ils se forment au métier de serrurier. Ceux-ci revenaient certainement ensuite en Vimeu pour transmettre leur métier et former des apprentis à la fabrication de serrures réclamées par les parisiens.
 
Car c’est bien la clientèle de PARIS et, partant de là, de la France entière, qu’il fallait satisfaire et non les paysans du Vimeu qui n’avaient pas la possibilité financière d’équiper leurs maisons de serrures.
C’est le sujet de l’article suivant rédigé par le professeur d’université Pascal BRIOIST qui analyse méthodiquement l’ouvrage de BONNOT intitulé : Détail général des fers et fontes, serrures, ferrures et clouterie à l'usage des bâtiments avec les tarifs des prix
 
 
Marque du Maître serrurier Nicolas GODQUIN 1654
.
 
 
 
 
                                SERRURIER Nicolas GODQUIN.jpg
 
 
 
 
 
 
Marque de Jean DE SAINT GERMAIN, serrurier 1654
.
 
 
 
                SERRURIER DE St GERMAIN.jpg
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Archives nationales Manuscrits français 26088

              Revue n° 18 de l'association MAIGNAUT PASSION (voir notre page "liens SERRURERIE") 

              Livre Rouge de la ville d'EU par l'abbé LEGRIS

              Notariat du Pas de Calais et de la Somme (AULT) 

              Notice sur la serrurerie de Pierre BRIEZ

              Les origines de la serrurerie en Vimeu de Gaston VASSEUR

             

 

 


Date de création : 28/09/2008 @ 14:54
Dernière modification : 22/01/2017 @ 16:18
Catégorie :
Page lue 1525 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article

^ Haut ^