* *
* *
genealogie

CONSCRITS SERRURIERS

DIVERS DOCUMENTS

RECENSEMENTS

Histoire locale

Géographie 01

Histoire locale 01

Histoire locale 02

Histoire locale 03

Histoire locale 04

Histoire locale 05

Histoire locale 06

Histoire locale 07

Histoire locale 08

Histoire locale 09

Histoire locale 10

Histoire locale 11

Histoire locale 12

Recherche



Webmaster - Infos
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Préférences

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre code secret


 Nombre de membres 10 membres


Connectés :

( personne )
HISTOIRE DE NIBAS 19ème siècle

 

                                               HISTOIRE DE NIBAS AU 19ème siècle

 

PROBLEME DE PATURAGE A NIBAS

 

Le 14 mai 1807, lors d’une réunion du conseil municipal, le maire indique que sur le territoire du village de SAUCOURT viennent de s’élever des difficultés relatives au pâturage des bêtes à l’aisne (laine) et que le conseil doit déterminer le nombre de moutons que chaque propriétaire ou fermier a le droit de faire pâturer sur le terroir dudit SAUCOURT eu égard aux terres labourables qu’il y exploite. 

Considérant que SAUCOURT a 60 habitations, 300 âmes et un territoire pâturable de 250 arpents ;

Considérant que la totalité du territoire de SAUCOURT, sauf les mazures, est en culture et qu’il n’y existe aucune espèce de Riez, terres vaines et vagues rideaux ;

 

Arrête

Qu’indépendamment des vaches, veaux, porcs et bêtes à l’aisne (laine), que chaque chef de famille a le droit de faire pâturer on pourrait admettre au pâturage sur le territoire de SAUCOURT une bête à l’aisne (laine) par deux arpents.

Signé : MABILLE- DESMAREST-CLERE- FOURDRIN-DELIGNERES-DOFFOEL-BECQUET-BLANCART-

 

L’arrêté ne régla rien car, un rapporteur fut envoyé par le Préfet d’ABBEVILLE. Voici son rapport :

 

Le 2 juillet 1807

Je soussigné, cultivateur propriétaire et maire de la commune de NEUVILLE DRANCOURT, nommé par Monsieur le préfet de l’arrondissement d’ABBEVILLE prendre les informations nécessaires et fournir les renseignements demandés par Monsieur le Préfet sur une contestation élevée à SAUCOURT entre le sieur HENIN cultivateur audit lieu et le conseil de commune de NIBAS dont dépend la commune de SAUCOURT pour le pâturage. Me suis transporté audit lieu de SAUCOURT chez Monsieur BLANCART, maire de la commune de NIBAS, j’ai fait appeler de suite les membres du conseil municipal résidant à SAUCOURT. Le sieur HENIN, appelé devant moi est monté sur son cheval et est disparu. J’ai fait appeler son frère et lu l’arrêté municipal par lequel est fixé le nombre de bêtes à laine (une bête pour deux arpents). Je leur ai demandé comment ils pouvaient faire pour nourrir leur troupeau car il n’y avait dans la commune aucun terrain vains, ni chemins pâturables. Ils m’ont répondu qu’effectivement ils mourraient de faim, que c’était les petits fermiers et les ménagers qui allaient à l’herbe pour les nourrir à l’étable. 

Les cultivateurs les plus forts qui n’ont pas de moutons, labourent leurs terres dès qu’ils s‘aperçoivent qu’elles commencent à verdir. Si on ne nourrissait pas à l’étable, le troupeau périrait.

Le sieur HENIN aurait 34 moutons.

J’observe que le Sieur HENIN n’est pas cantonné (ne se cantonne pas sur certaines terres) et il va indistinctement chez toutes les jachères du terroir. Il fera aux autres un tort réel parce qu’il passera plus aisément partout avec un petit troupeau qu’avec un grand.

 En lui donnant ses 34 journaux de jachères dans un canton, cela sera beaucoup plus juste mais je doute alors qu’il essayera de former un troupeau car cet homme- là ne peut avoir d’autre but que de fatiguer les autres, qui, voyant périr leurs troupeaux les vendront alors, il aura le troupeau à lui seul. C’est à la sagesse de Monsieur le Préfet à prendre tel arrêté que bon lui semblera mais toute la commune de SAUCOURT le prie par mon intermédiaire de décider toujours comme base fixe que le terroir de SAUCOURT ne peut supporter plus d’une bête par trois journaux de terres exploitées.

Signé : PERRACHE

 

REPARATIONS A L’EGLISE

 

Le 29 floréal an 11 de la république, (soit le 19 mai 1803), le conseil municipal de NIBAS s’est transporté à l’église ainsi qu’à la maison presbytérale pour constater les réparations à y faire.

Pour l’église : les travaux de couverture, maçonnerie, vitrage s’élèvent à 300 livres, pour la construction de l’autel et autres parties de menuiseries : 200 livres

Pour le presbytère, les travaux s’élèvent à 100 livres.

 

Concernant le traitement du au prêtre de NIBAS, la commune ne peut en assurer le coût d’autant plus qu’un prêtre ne suffit pas car la commune est divisée en plusieurs hameaux.

 

L’achat d’ornements liturgiques dont la commune est dépourvue s’élève à 500 livres. Il s’agit d’acheter 2 chasubles avec leurs étoles et manipules, 3 obes (aubes), 6 nappes et autres linges.

 

Le 12 mai 1844, le conseil municipal de NIBAS en présence de Messieurs OZENNE, PIEFFORT, DELIGNIERES, HIBON, BLONDIN, WATTEBLED et LAVERNOT conseillers, a décidé de la vente des bois qui n’ont pu être réemployés lors de la réfection des vitraux de l’église. Celle-ci a rapporté 76,50 Francs qui ont pu être imputés sur la dépense faite pour adapter des châssis en fer sur ces vitraux. L’artisan qui a réalisé ces ferronneries s’appelle Monsieur HIBON, serrurier.

 

 

 

ANALYSE DU RECENSEMENT DE POPULATION NIBAS 1836

 

 

Les personnages importants du village :

 

Le maire s’appelle : BLANCART Charles Abraham, il a 54 ans ;

 

Les conseillers municipaux sont nommés :

BLANDIN Louis François, DE PONTHIEU Jacques Joseph, DEMAREST Nicolas François, WATTEBLED Pierre, OZENNE Jean-Baptiste, DEPOILLY Honoré, CAILLET François Gabriel, HURTEL Augustin, DELIGNIERES Louis Amand .

 

Le curé, c’est DELIGNIERES André, il a 81 ans ;

 

Les meuniers sont nombreux, il devait y avoir plusieurs moulins sur le territoire de la commune :

 

OUIN Honoré, il a 40 ans

HURTEL Alexis, il a 30 ans

DHALLEINE André, il a 59 ans

ROZAND Pierre Alexandre, il a 30 ans

 

L’instituteur primaire privé, c’est RIQUIER Jean-Nicolas, il a 27 ans

L’instituteur public, c’est CORROY Jean Baptiste, il a 29 ans

 

Le garde champêtre, c’est QUENNEHEN Nicolas François, il a 59 ans

Il y a aussi un percepteur à NIBAS, c’est BECQUET André Eustache, il a 60 ans.

 

 

REPARTITION DE LA POPULATION

 

Il y a 301 hommes de + de 21 ans et 300 femmes de + de 21 ans, soit pratiquement le même nombre. Les enfants sont 432. La population totale du village s’élève donc à 1.033 habitants, c’est un gros village par rapport à TULLY et BETHENCOURT SUR MER étudiés plus haut.

 

Le nombre de foyers est de 232 et se composent de 4 personnes et demi.

 

L’âge moyen des habitants est de 29 ans.

 

45 femmes sont chefs de ménage.

 

 

Le plus vieil habitant, c’est BLANCART Abraham Jean, il a 82 ans

La plus vieille habitante, c’est DE CRENY Marie Catherine Veuve DE PONTHIEU, elle a 83 ans

Les 2 plus jeunes habitants, ce sont CORROY Jean Baptiste et OUIN Sophie Augustine, ils ont 1 mois.

 

Les métiers

 

4 personnes sont « propriétaires », ce sont les membres des familles nobles.

 

Secteur agricole : 82 personnes, soit 20 % de la population active

 

Ils sont cultivateurs, éleveurs (marchands de vaches), journaliers ou manouvriers. Il y a 3 Bergers.

 

Secteur artisanal : 262 personnes, soit 65 % de la population active

 

Les tisserands et les fileuses représentent à eux seuls 113 personnes.

 

Le travail du fer occupe 127 personnes, dont 114 serruriers. Les autres sont : maréchal, charron, forgeron, tonnelier. Il y a 2 marchands (fabricants) de serrures et un fondeur de cuillères (en étain probablement).

 

Les métiers du bâtiment sont représentés aussi : Maçon, menuisier, charpentier, tourneur sur bois. Ils sont 8.

 

A noter les meuniers et garde moulins qui sont au nombre de 11. Plusieurs moulins probablement à NIBAS, dont celui de SAUCOURT. Un moulin à huile certainement dont nous ne connaissons pas la localisation.

 

Secteur commerçant : 25 personnes, soit 6 % de la population active

 

10 marchands : épiciers, débitants etc.

 

Les métiers de l’habillement englobent le reste : tailleurs d’habits, couturières, blanchisseuses, cordonniers , patinier (fabricant de soulier).

 

 

Comme dans les autres communes, les soldats sont en nombre important : 5.

 Les raisons en ont été expliquées dans l’analyse du recensement de BETHENCOURT SUR MER en 1836 dans la page d’histoire de ce village au 19ème siècle.

 

Les fonctionnaires sont assez nombreux : 5

 

Parmi les métiers peu qualifiés, il y a 25 domestiques essentiellement domestiques de maison, en raison de la présence de familles nobles aisées dans le village.

On note parmi eux les premiers « ouvriers en manufactures », ils sont 5.

 

Comme dans les autres villages, les personnes âgées non prises en charge par leurs familles sont « indigents » et vivent de la charité publique. Il y en a 5.

 

Les femmes sont essentiellement : Fileuses, Domestiques. Il y a 2 cultivatrices, 4 blanchisseuses, 2 couturières et 1 cabaretière.

Les femmes actives ne représentent que 16 % de la population active.

 

Le plus jeune enfant au travail est une fileuse de 11 ans. Ensuite, il y a un serrurier de 12 ans.  6 ou 7 enfants de 13 ans  travaillent : 4 sont serruriers  et 1 est fileuse.

 

La structure de la population de NIBAS se rapproche plus de celle de TULLY que de celle de BETHENCOURT SUR MER. L’exploitation agricole y est importante . La superficie du village en est sans doute la raison. Les serruriers y sont en nombre équivalent aussi bien à TULLY qu’à BETHENCOURT SUR MER et représentent 2/3 de la population active.

 

 

 

ANALYSE DU RECENSEMENT DE NIBAS EN 1851

 

 

Les personnages importants du village

 

Le maire c’est : BLANCART Louis Abraham, il a 37 ans

Les conseillers municipaux ne sont plus nommés.

 

Il y a deux instituteurs

L’instituteur libre c’est BOITEL Louis François, il a 65 ans

L’instituteur public c’est CORROY Jean Baptiste Victor, il a 45 ans

 

Le curé c’est DORION Louis Charles, il a 34 ans

Le garde champêtre c’est PRUVOST Nicolas Claude, il a 38 ans

 

Les meuniers s’appellent : PARMENTIER François, 38 ans

                                       SINOQUET Aimable, 32 ans

                                        HURTELLE Pierre François, 46 ans

                                        LELEU Félix, 50 ans

 

 

Répartition de la population

 

Le nombre d’hommes de + de 21 ans est de 296

Le nombre de femmes de + de 21 ans est de 294

Il y a 397 enfants et donc ainsi 987 habitants dans la commune, soit 46 habitants de moins qu’en 1836.

 

Le nombre de foyers s’élève à 252 et se composent d’un peu moins de 4 personnes.

L’âge moyen de la population est d’un peu moins de 30 ans

 

Le nombre de femmes chefs de ménage est de 40

 

 

Le plus vieil habitant c’est : GODQUIN Jean Baptiste, 78 ans

La plus vieille habitante c’est : CAILLET Marie Anne, 84 ans

Le plus jeune vient de naître, c’est : FACHE Jules Zéphyr, il a 1 jour ! 

 

 

Les métiers

 

Les propriétaires et les rentiers sont au nombre de 120. La plupart des propriétaires exercent aussi une profession : serrurier, cultivateur, tisserand. Peu d’entre eux vit essentiellement de ses revenus.

 

 

Secteur agricole : 131 personnes, soit 31 % de la population active

 

95 personnes sont cultivateurs, les autres sont valets de charrue, bergers, marchand de chevaux ou de vaches et bien entendu il y a tous les journaliers ou manouvriers. Quelques cultivateurs sont aussi serrurier, tisserand et voiturier.

 

 

Secteur artisanal : 202 personnes, soit 47  % de la population active

 

Les tisserands et les fileuses forment un groupe de 67 personnes. Il y a aussi un tisseur (tisserand de toile plus fine)  2 filotiers (fabricant de filets de pêche),  un bourrelier et un sabotier.

 

Les métiers du bâtiment sont représentés : 5 maçons, 7 charpentiers, 3 menuisiers, soit 15 personnes

 

Les métiers du fer  représentent 107 serruriers, 5 autres sont maréchal ferrant, charron, mécanicien, et 3  fabricants.

Cela représente en tout 115 personnes, soit 27 % de la population artisanale

 

 

Secteur commerçant : 32 personnes, soit  7,4  % de la population active

 

Les commerces de bouche représentent 14 personnes.

 

Les personnes qui fabriquent ou entretiennent des vêtements (couturière, blanchisseuse, tailleur ) sont 17.

Il y a un horloger aussi à NIBAS.

 

 

Les fonctionnaires ou assimilés sont au nombre de 6. Il n’y a plus de percepteur en 1851 : la perception ayant été regroupée avec celle de BOURSEVILLE.

 

 

Les indépendants

 

 Il y a dans cette commune des travailleurs indépendants : Commis voyageur, extracteur de cailloux, voiturier, messager, instituteur libre, mareyeur et 12 meuniers et assimilés, soit au total 19 personnes

 

Les métiers peu qualifiés : 45 personnes, soit  environ 10 % de la population active

 

Parmi ceux-ci : 27 domestiques de maison et 18 ouvriers.

Un seul indigent à NIBAS en 1851, preuve que le niveau de vie a augmenté depuis 1836

 

Le plus jeune des enfants au travail a 12 ans, il est ouvrier cordonnier. D’autres ont 13 et 14 ans et sont serruriers, tisserands, maçons. Peu de filles sont au travail, ont-elles été répertoriées en 1851 ?

 

Les femmes actives représentent 30 % de la population féminine.

 

L’évolution de la population

 

Le village a perdu 46 habitants depuis 1836. La population vieillit car les enfants sont aussi moins nombreux qu’en 1836.

Le secteur agricole s’est étoffé de 50 personnes supplémentaires et représente à présent environ 1/3 de la population active.

Cela s’est réalisé au détriment du secteur artisanal qui a perdu environ 20 % de sa population. Les tisserands et les fileuses, en moins grand nombre qu’en 1836 ont émigré vers d’autres communes qui attirent de la main d’œuvre. A la même époque par exemple, le secteur artisanal représente 80 % de la population active à BETHENCOURT SUR MER

.

 

 

LA NOUVELLE ECOLE PUBLIQUE

 

Le 24 mai 1850, le conseil municipal de NIBAS décide, pour pourvoir à la dépense de la construction d’une maison d’école, d’une imposition extraordinaire de 4.895 Francs.

Présents, le maire, BLANCART Charles Abraham, DEPOILLY Honoré, TETU Trutin, WATTEBLED Pierre, BECQUET André,  HIBON Norbert, BOCHE Médard, PIEFFORT Magloire, CLERE Jacques.

 

Le conseil municipal a pris acte que le mauvais état de la construction de l’actuelle maison d’école et l’insalubrité de celle-ci nécessitent la construction d’un nouveau bâtiment.

Les devis s’établissent en effet à 4.091 Francs.

La nouvelle construction sera en moellons et briques, marches en pierre de bourgogne, charpente en chêne et sapin, couverture en ardoises.

La réception des travaux eut lieu le 29 décembre 1856.

 

Le conseil académique de la Somme qui est une délégation du Ministère de l’Instruction publique et des cultes dans sa séance du 17 mars 1851 a approuvé le projet d’école en ces termes :

 

« L’école de NIBAS est mixte pour les sexes. Une balustrade en planche, haute de 1,60m séparera les filles des garçons, des bancs, des tables, très bien disposés seront construits ainsi qu’une estrade pour le Maître.

La séparation des sexes aura lieu également dans la cour de récréation au moyen d’un mur qui la traverse. Des lieux d’aisance existeront dans chaque partie de la cour, et pour chaque sexe. Ils seront placés de telle sorte que le maître pourra  facilement les surveiller.

Enfin, les filles et les garçons entreront en classe par des portes différentes et placées à chacune des extrémités de la classe.

Toutes les précautions seront donc prises pour éviter autant que possible la communication des sexes.

Somme toute l’école de NIBAS sera très convenable et je pense qu’il y a lieu par le Conseil de donner un avis favorable au projet qui lui est soumis. »

 

 

L’ECOLE PRIVEE OU « DON CAMILLO ET PEPPONE » A NIBAS EN 1854-55

 

Un litige entre le curé DORION, âgé alors de 37 ans avec le conseil municipal de NIBAS se fait jour en septembre 1854. Le curé, à l’aide de ses fonds propres, a procédé à la construction d’une école des filles à NIBAS sur un terrain acquis par lui-même. L’ensemble est de qualité et accueille environ à cette date 80 jeunes filles dont 45 ne s’acquittent pas de la rétribution scolaire. Pour parvenir à assurer le fonctionnement de l’école, le curé DORION puise dans les fonds en provenance d’une quête destinée à l’origine à la réfection de la nef de l’église.

 

Conscient que cette situation ne peut perdurer, il demande à la commune de lui racheter le bâtiment pour 4 à 5.000 Francs, soit la moitié de ce qu’elle lui a coûté.

Il se propose avec cette somme, d’entamer les travaux indispensables de réfection de l’église.

Seule contrainte imposée par le curé : que les 2  religieuses qui assurent actuellement l’enseignement scolaire soient maintenues dans leurs fonctions.

 

Le conseil municipal, dans sa majorité, refusa la proposition. Le curé en appela donc aux 2 Préfets successifs en 1855. Voici quelques passages de ses courriers.

 

Courrier du 2 septembre 1854 au Préfet CANLAY :

« La commune de NIBAS ayant une population de 987 âmes , plus de cent enfants à la charge d’un seul instituteur, j’ai cru faire une œuvre utile en fondant dans ma paroisse l’établissement d’une institution religieuse. A cette fin je me suis imposé des sacrifices : pendant 5 ans j’ai vécu comme les pauvres ! Grâce au concours d’une âme étrangère, je pus parvenir à mon but. Depuis mai dernier, une religieuse de la Sainte Famille est en exercice. La commune m’impose, afin de transformer l’école en communale, de lui en faire donation. Or, il m’est impossible d’accepter cette injonction. J’ajoute, que je demande à ce que les religieuses soient maintenues en place et qu’une somme de 200 Francs leur soit allouée. »

 

Le Préfet CANLAY refusa d’intervenir auprès du conseil municipal pour des raisons administratives.

 

Le 9 janvier 1855, le curé  revient à la charge auprès du nouveau Préfet. Voici quelques passages de son courrier.

«  L’autorité préfectorale peut-elle contraindre le conseil municipal à voter un traitement de 200 Francs pour une institutrice religieuse ?... alors qu’il  n’y a qu’un seul instituteur presque déjà vieillard pour donner l’instruction primaire à 131 enfants (56 garçons et 75 filles) ?

Les filles sont scolarisées de 5 à 26 ans (à cause d’une classe supplémentaire qui réunit dans la soirée 28 filles adultes qui ne peuvent fréquenter la classe du jour), de sorte que ces deux religieuses donnent journellement l’instruction à plus de 100 filles !

La construction de l’école privée n’a rien coûté à la commune et voilà qu’à cause du mauvais vouloir de 7 à 8 membres du conseil municipal, qui cèdent à une fâcheuse influence, le traitement de 200 Francs que j’ai demandé a toujours été refusé.

Or, il  ne s’agit point pour la commune de NIBAS d’une école de filles à créer, .., ni même d’un mobilier d’école et d’un ameublement de maison à fournir, mais simplement d’un traitement de 200 Francs à voter pour assurer l’existence d’une école de filles déjà créée. »

 

Le 20 janvier 1855, le curé DORION revient vers le Préfet pour lui expliquer qu’il se trouve dans l’impossibilité de faire donation à la commune de l’intégralité du bâtiment de l’école qu’il a fait construire car une partie des fonds employés à sa construction proviennent de l’argent d’une quête recueilli dans le but de rénover le bâtiment de l’église. L’évêque exigeant que les 1.500 Francs prélevés sur cette quête soient restitués à l’église. (note du webmestre : avant le concordat de 1905, c’étaient les paroissiens qui assuraient l’entretien des bâtiments du culte).

 

Voici quelques passages de ce dernier courrier :

« Si j’avais eu affaire à conseil municipal intelligent et chrétien, mon église aurait maintenant une nouvelle nef, car j’avais les fonds pour la bâtir, même sans le concours de la commune, mais vous devez savoir mieux que moi l’impuissance d’un pauvre curé de campagne en face d’une hostilité aveugle et presque toujours toute puissante, quand il s’agit de mettre des entraves….. S’il le faut, l’école restera fermée pendant des années, pour mieux témoigner d’une impuissance qui sera ma justification. Je ne demande que le prix d’un loyer de 10 Francs par année ainsi que le traitement d’une seule (religieuse), moi prenant (en charge) l’autre de mes deniers. »

 

La vieille église de NIBAS (collection Macqueron en ligne : voir notre page « liens »)

 

.

                                   NIBAS Eglise Macqueron.gif                                                            

 

 

 

.

 

 

COHABITATION DIFFICILE

 

 

Arrêté en date du 24 avril 1851

 

Considérant que, un rassemblement de jeunes gens sous le clocher pendant les offices du soir nuit à la libre entrée dans l’église, pour les personnes qui s’y rendent ;

Que ce rassemblement donne souvent lieu à des désordres qui troublent l’attention des assistants et blessent le respect que l’on doit à un lieu saint ;

Que la Loi n’accorde à personne le droit de se fixer sous le clocher ;

Que l’on a toléré jusqu’à présent de s’y placer qu’à cause de l’exiguïté de l’église qui ne peut contenir le nombre des assistants à la messe et aux vêpres ;

Que cette raison de tolérance n’existe pas pour les offices du soir qui sont moins fréquentés que les offices du jour ;

 

 

                                                                       ARRETONS

 

A l’avenir, le clocher sera interdit aux jeunes gens pendant tous les offices du soir, à l’exception du salut du Jeudi-Saint. Le garde-champêtre est chargé de veiller soigneusement à l’exécution du présent Règlement

 

 

 

.

VAINE PATURE

 

A noter ce problème récurrent à NIBAS comme l’atteste le paragraphe ci-dessus en date de mai 1807.

 

Le 27 juin 1852 le conseil municipal de NIBAS prend l’arrêté suivant s’agissant du pâturage des bêtes.

 

Art. 1er : Tout propriétaire ou fermier pourra faire conduire moutons ou brebis à raison de chaque hectare de terre qu’il possède dans la commune.

Néanmoins, tout chef de famille domicilié, qui n’est ni propriétaire, ni fermier d’aucun des terrains sujets au parcours ou à la vaine pâture, et le propriétaire ou fermier à qui la modicité de son exploitation n’assure pas l’avantage qui va être déterminé, peuvent mettre sur ledit terrain soit par troupeaux séparé, soit en troupeau commun, jusqu’au nombre de 6 bêtes à laine et d’une vache avec son veau

 

Art. 2 : Défenses de conduire le bétail au parcours dans les terres closes par des murs, palissades, haies vives ou mortes, prairies artificielles, dans les plants et pépinières d’arbres à fruits ou autres, dans les terres ensemencées ou non encore dépouillées de leurs récoltes.

 

Art 3 : Le bétail ne pourra être mené dans les champs que moissonnés et ouverts que deux jours après la récolte.

 

Art. 4 : Le bétail doit être gardé par un nombre suffisant de gardiens, les bestiaux qui étant laissés à l’abandon entreraient dans les fonds sur lesquels le parcours est prohibé seront mis en fourrière par le garde champêtre. Le gardien et le propriétaire seront poursuivis.

 

Art. 5 : Défense de conduire les chèvres isolément si ce n’est à la corde.

 

 

 

REGLEMENT DE POLICE DES CABARETS

 

Le 20 janvier 1856 le conseil municipal prend l’arrêté suivant :

 

Article 1 : les cabarets, cafés, billards et autres établissements de même nature seront fermés à 9 ½ h du soir du 1er avril au 30 septembre et à 8 h du 1er octobre au 31 mars ;

 

Article 2 : Les propriétaires de ces établissements ne pourront sous aucune prétexte, garder chez eux qui que ce soit au-delà des heures ci-dessus déterminées, à moins qu’il ne s’agisse d’un étranger ayant son logement dans la maison.

 

Article 3 : Il leur est expressément défendu de recevoir dans leur établissement qui restera fermé aux joueurs et aux consommateurs pendant l’Office Divin, les jeunes gens âgés de moins de 16 ans si ceux-ci ne sont accompagnés de leurs parents. (il est défendu) d’y garder des individus ivres.

 

Article 4 : Aucun cabaretier, maître de billard ou de café ne devra permettre chez lui les jeux de hasard, ni tenir ouvertes des chambres avec lits, vulgairement appelées « cabinets noirs » !

 

Signé : BLANCART Maire

 

Carte postale d’un café de NIBAS

.

                                                                NIBAS-Centre.gif

 

 

FAILLITE

 

Au tribunal de commerce de SAINT VALERY, on fait part de la faillite du sieur Hilarion DUBOIS fils fabricant de serrures, demeurant à SAUCOURT. Les créanciers sont invités à se présenter à partir du vendredi 12 août 1853.

 

 

POLICE CORRECTIONNELLE  D’ABBEVILLE

 

Pierre Alphonse LOISON, dit Cayeux, âgé de 33 ans, enfant des hospices de PARIS, serrurier, demeurant à NIBAS, a été condamné à 6 mois de prison pour s’être approprié deux coutres de charrue qu’on avait laissés dans les champs.

 

Norbert FOURNIER, âgé de 24 ans serrurier, demeurant à NIBAS, a été condamné à 16 F d’amende pour chasse sans permis et à rapporter son fusil au greffe, ou à payer 50 F d’amende pour sa valeur.

 

Onulphe VERLANT, âgé de 30 ans  serrurier, et Amélie DOFFOEL, sa femme, demeurant à NIBAS comparaissaient tous deux à cette audience du 19.10.1853 pour vol de récoltes ; le mari a été acquitté, et la femme condamnée à 6 jours de prison.

 

LA POPULATION A NIBAS EN 1872

 

 

Les personnages importants du village

 

Le maire n’est plus nommé

Le curé, c’est TETU François, 47 ans

Les instituteurs, ce sont GALLOT Polyxène, 38 ans

Et BILHAUT Cyr Joseph, 32 ans

Le garde champêtre, c’est HENOCQUE Urbain, 64 ans

 

Les meuniers sont très nombreux, il semble qu’il y ait 4 moulins à NIBAS et ses hameaux :

PARMENTIER François, 59 ans

PARMENTIER Elisée, 22 ans, son fils

SINOQUET Désiré, 53 ans

SINOQUET Joseph, 25 ans, son fils

SINOQUET Ernest, 21 ans, son fils

SINOQUET Adéodat, 16 ans, son fils également

HURTELLE Jules, 28 ans, meunier à huile

LECUT Cléophas, 49 ans

LELEU Félix, 66 ans

 

 

 

Répartition de la population

 

Le nombre d’hommes de + de 21 ans est de 284

Le nombre de femmes de + de 21 ans est de 264

Il y a 365 enfants de – de 21 ans.

La population totale du village est de 913 personnes, soit 74  de moins qu’en 1851. La population du village a diminué de 120 habitants en 36 ans.

 

L’âge moyen de la population est de plus de 31 ans

Le nombre de foyers s’élève à 234 et le nombre de personnes par foyer d’un peu moins de 4.

 

Le nombre de femmes chefs de ménage est de 31

 

 

Les plus vieilles habitantes ont 83 ans, ce sont : CLERE Geneviève et DELATTRE Prudence

Le plus vieil habitant a 82 ans, c’est PRIEZ Valéry

Les plus jeunes sont âgés d’un mois, ce sont : DUCORROY Etienne et FRIVILLE Gérold

 

 

Les métiers

 

Les propriétaires et les rentiers sont au nombre de 15.

 

Secteur agricole : 117 personnes soit 30,5 %  de la population active

 

Les cultivateurs sont au nombre de 73, il y a 1 marchand de lin,  4 éleveurs, 7 bergers et 1 bûcheron et 31 journaliers et manouvriers.

 

Secteur artisanal : 201 personnes, soit 52 %  de la population active

 

Il n’y a plus que 4 tisserands et 1 fileuse, soit 5 personnes

 

Les métiers du bâtiment sont représentés essentiellement par 9 maçons et 7 charpentiers

 

Les métiers du fer sont représentés par :

1 tonnelier, 2 maréchaux- ferrant, 2 charrons,  et 168 serruriers, soit à eux seuls 44 %  de la population active.

Il y a 3 fabricants de serrures.

 

D’autres artisans sont implantés : 1 sabotier, 1 bourrelier, 1 horloger.

 

Secteur commerçant : 25 personnes, soit 6,5 % de la population active

 

Les métiers de bouche sont occupés par 9 personnes, ceux de l’habillement par 16 personnes.

 

 

Les fonctionnaires et assimilés représentent 8 personnes dont 2 Géomètres, 4 Instituteurs, 1 Garde Champêtre et 1 cantonnier.

 

Les meuniers sont 9

 

2 Messagers aussi à NIBAS

 

Les métiers peu qualifiés : 22  personnes, soit 5,7 % de la population active

 

Ils se répartissent ainsi :  21 domestiques de maison et 1 Ouvrier briquetier.

 

Les indigents sont relativement nombreux pour cette époque : 9 personnes.

 

Les femmes actives représentent  18 % de la population féminine de plus de 21 ans.

 

Le plus jeune enfant au travail a 10 ans ! Sa mère est veuve et il est serrurier.

3 autres serruriers ont 12 ans, un autre 13 ans et  enfin 4 ont 14 ans.

 

 

 

SYNTHESE

 

Il apparaît que la tendance qui apparaissait en 1851 se confirme. NIBAS perd des habitants et sa population vieillit. La moitié des habitants disparus sont des enfants.

 

La répartition des métiers change peu. Le secteur agricole reste constant. La part du secteur artisanal augmente un peu : les serruriers ont remplacé les tisserands.

Le secteur commerçant par contre perd du terrain, les métiers de bouche disparaissent, ce qui est du probablement à la diminution de la population.

 

Les femmes sont majoritairement au foyer. Les femmes actives ne représentent que 18% de la population féminine et 12 % de la population active totale.

 

On voit réapparaître des indigents dans la commune, ce qui indique que le niveau de vie baisse et les enfants, en majorité des garçons travaillent très tôt.

L’évolution du village ne se fait donc pas l’identique de certains autres comme TULLY et BETHENCOURT SUR MER (on pourra comparer les analyses dans ces 2 communes à la même époque) et ne semble pas prendre le virage de l’ère industrielle.

 

 

ANALYSE RECENSEMENT DE NIBAS EN 1881

 

 

Les personnages importants du village

 

Le maire c’est BECQUET André Josse, il a 73 ans

 

Les instituteurs s’appellent BILHAUT Alfred,  42 ans ,

WAROT Alfred, 23 ans et MERCIER Fortuné, 24 ans

L’institutrice c’est DURIET Marie Rose, elle a 63 ans

 

Le curé c’est TERNISIEN Joseph, il a 48 ans

Le garde champêtre, c’est HENOQUE Urbain, 74 ans

 

Les meuniers ce sont :

PARMENTIER Elisée, 33 ans

PARMENTIER François, 69 ans

SINOQUET Joseph, 35 ans

 

 

 

Répartition de la population

 

Le nombre d’hommes de + de 21 ans est de 294

Le nombre de femmes de + de 21 ans et de 265

Il y a 326 enfants de – de 21 ans

La population totale du village est de 885 personnes, soit 28 de moins qu’en 1872.

L’âge moyen de la population est de 32 ans et demi.

Le nombre de foyers s’élève à 249 et il y a environ 3,5 personnes par foyer.

 

 

Les femmes chefs de ménage sont au nombre de 34.

 

 

Les plus vieux habitants ce sont CAILLET Alexis et FOURNIER Louis, ils ont 80 ans tous les deux.

La plus vieille habitante, c’est BECQUET Honorine, 89 ans

Les deux plus jeunes ont 1 mois : ROGER Alisé et HENIN Fernand

 

 

Les métiers

 

 

Les propriétaires et les rentiers sont au nombre de 9. Deux d’entre eux sont aussi cultivateurs

 

 

Secteur agricole : 133 personnes, soit  31 ,5  % de la population active

 

Les cultivateurs proprement dits sont au nombre de 68, il y a 4 éleveurs et 2 bergers.

Les manouvriers et journaliers, ou ménagers sont au nombre de 59.

 

 

Secteur artisanal : 218 personnes, soit 52  % de la population active

 

Il n’y a plus que 2 tisserands et plus du tout de fileuse

 

Les métiers du bâtiment sont représentés par 7 maçons, 5 charpentiers et 3 menuisiers, soit 15 personnes

 

Les métiers du fer et du cuivre sont représentés par :

 

5 Maréchaux-ferrants

3 Charrons

 

Il y a également 2 marchands (fabricants) de serrures, 2 mécaniciens et 4 tourneurs en cuivre. Les serruriers sont au nombre de 186, représentent à eux seuls  44  % de cette population artisanale.

 

 

Secteur commerçant : 31 personnes, soit  7,3  % de la population active

 

Les métiers de bouche sont occupés par 10 personnes et les métiers de l’habillement 16 personnes. Il n’y a  pas moins de 12 couturières à NIBAS. Les autres sont blanchisseuse, passementière, cordonnier, sabotier. Une marchande ambulante est répertoriée aussi.

 

Les fonctionnaires  sont 7 : 4 instituteurs (trice), 2 cantonniers, 1 garde champêtre.

 

Les indépendants sont les meuniers, au nombre de 4, 1 géomètre et 1 messager.

 

 

Secteur des métiers peu qualifiés : 27 personnes, soit  6,3  % de la population active

 

 

Les domestiques de maison, 23 et les ouvriers et employés 4.

 

 

 

Les 2 plus jeunes enfants au travail ont 13 ans et sont serruriers(ères).  3 serruriers ont 14 ans. Les 8 enfants de 15 ans qui travaillent sont soit serruriers, soit domestiques, soit journaliers.

 

 

SYNTHESE

 

La première remarque qui vient à l’esprit c’est que la population du village a encore diminué à cette date et qu’elle vieillit encore un peu plus. Cela est du à la baisse du nombre d’enfants, qui se retrouve dans la diminution du nombre de personnes par foyers. Les habitants sont plus vieux, donc, ont moins d’enfants à leur domicile.

 

La répartition de la population active dans les différents secteurs ne varie pratiquement pas. Les secteurs agricole et artisanal emploient la même proportion de main d’œuvre et, dans ce dernier, les serruriers y restent majoritaires.  Le secteur du commerce augmente un peu sa part ainsi que le secteur des métiers peu qualifiés. Il y a cependant moins de meuniers, la faute probablement à la mécanisation naissante.

 

Il n’y a plus d’indigents dans la commune, preuve que le niveau de vie s’élève un peu. Les enfants travaillent un peu moins tôt qu’en 1872.

 

Comme en 1872, on peut affirmer que le village reste en marge de l’ère industrielle qui donne de l’essor aux villages proches de BETHENCOURT SUR MER et TULLY (voir les analyses des recensements dans ces deux communes dans l’histoire du 19ème siècle de celles-ci).

 

 

 

Source : Recensement de Population

Pilote de la Somme 23.07.1853

Pilote de la Somme 30.08.1853

Délibérations communales série O aux A.D. D'AMIENS

 

 

 


Date de création : 08/10/2008 @ 17:33
Dernière modification : 07/08/2016 @ 16:09
Catégorie :
Page lue 1060 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article

^ Haut ^