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HISTOIRE DE TULLY 1900 - 1945

 

 

                                                          HISTOIRE DE TULLY (SUITE)

 

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HISTORIQUE DE LA SOCIETE HURTEL

 

(Voir dans l’histoire de TULLY de 1800 à 1850 l’origine de cette société)

 

Le 29 avril 1891 Messieurs Narcisse Charlemagne Arcade HURTEL et Monsieur Alphonse Placide Léon HURTEL créent une société en nom collectif qui a pour but la fabrication de vis ou visserie et qui a pour nom « A et L HURTEL Frères »

Le siège de la société est situé sur le lieu de production, c’est-à-dire, rue de BETHENCOURT.

 

Le capital se compose comme suit :

 

 

-         1 immeuble situé à TULLY, rue de BETHENCOURT, avec ateliers, magasins, bureaux, cour, jardin, plant, 3 citernes, cheminée à vapeur, cabinets d’aisance avec pompe d’épuisement, arrière magasin, puits.

-         La nue- propriété d’une maison dont jouit madame Veuve HURTEL-BOULANGER (Veuve d’Irénée HURTEL) jusqu’à son décès. Cet ensemble est estimé à 100.950 Francs.

 

-         1 cheval, harnais pour deux chevaux, un omnibus de luxe, une wagonnette, un petit carrioli à un cheval, un grand chariot fermé à deux chevaux, deux grands tombereaux à quatre roues, deux petits tombereaux à deux roues, un baril à eau de huit hectolitres sur train et diverses voitures de roulage avec roues de rechange pour le dégel. Fourrage, avoine et son charbon de bois de chauffage, outillage, matières premières, marchandises fabriquées ou en cours, valeurs en portefeuille et en caisse créances commerciales, le tout estimé à 329.050 Francs.

 

Le capital social s’évalue donc à 430.000 Francs.

 

La société est créée pour 25 ans.

 

Carte postale de la maison HURTEL à TULLY

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                                   TULLY Usine HURTEL.gif

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En 1906, la fabrique elle-même a été un peu modifiée puisqu’elle est décrite ainsi :

Chevaux, voitures, force motrice, machine à vapeur, générateur, puits forage et pompe-chauffage pour aéro-condenseur et canalisation à air froid  et chaud, outillage matériel, mobilier industriel.

Son capital social est de 470.000 Francs.

 

Le 16  mai 1916 les deux associés nommés ci-dessus décident d’augmenter le capital social de 50.000 Francs.

Celui-ci se décompose comme suit :

 

-         1 propriété sise à TULLY à l’angle de la rue de FRIVLLE et de la grande rue appelée « Cité HURTEL » comprenant 26 maisons d’habitation, un cellier et plant contigu avec grange, étable et remise. Cette propriété est estimée à 40.000 Francs

-         S’y ajoutent deux autres maisons d’habitations et plusieurs pièces de terre, le tout s’évaluant donc à 50.000 Francs.

 

Le 12 juillet 1916, Monsieur Arcade HURTEL déclare se retirer de la société pour raison de santé. Monsieur Léon HURTEL continue seul à diriger la société « A et L HURTEL Frères »

qui se trouve de fait dissoute.

 

Au 31 mars 1916 l’actif social de la société est constitué :

 

-         D’immeubles pour une valeur de 171.212 Francs

-         D’une voie ferrée et raccordement d’une valeur de 26.600 Francs

-         De chevaux et voitures pour 6.500 Francs

-         D’une installation de force motrice, puits de forage pompe à vapeur, condenseur, radiateur, d’une valeur de 87.550 Francs

-         D’outillage, matériel, mobilier pour 428.124 Francs

-         De matières premières pour 109.855 Francs

-         De marchandises fabriquées pour 70.973 Francs

-         De liquidités et provisions pour 71.554 Francs,

Soit un actif total d’environ 1 million de Francs.

 

La société perdura au moins jusqu’en 1921, date du dernier recensement où elle figure.

 

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LE CHEMIN DE FER

 

Le 24 septembre 1903, le conseil municipal autorise le maire à acquérir les terrains situés en saillie sur l’alignement qui est nécessaire à établir la voie ferrée du tramway FEUQUIERES-FRESSENNEVILLE à AULT-ONIVAL.

 

LES BECS DE GAZ

 

Le 6 août 1905 sous la présidence de Monsieur CAUDRON, maire et des conseillers municipaux : HURTEL, CAQUERET O, BUIRET, CAUDRON, CAQUERET H, GAUDRY, DELEPINE A, HAUDIQUEZ, DELEPINE E, DELPINE J et PRESTAUX, un budget de 150 Francs est accordé pour compléter la transformation des becs de toutes les rues en becs de gaz à incandescence, comme sur la ligne de tramway qui traverse TULLY.

 

 

 

 

 La population à TULLY en 1906

 

 Les personnages importants du village

 

Le curé, c’est POUPART Louis, il a 34 ans

L’instituteur, c’est DEGROISELLE Nicolas, il a 35 ans

Les institutrices s’appellent : HAGEMANN Fernande, 27 ans et DENIS Marie, adjointe,  23 ans

Le garde champêtre, c’est DELEPINE Barthélemy,  il a 64 ans

 

 

Répartition de la population

 

 

Le nombre d’hommes de + de 21 ans est de : 226

Le nombre de femmes de + de 21 ans est de : 210

Il y a 270 enfants de – de 21 ans, soit au total 706 personnes, c’est 178 de plus qu’en 1881.

Le nombre de foyers est de 192 et ils se composent d’un peu plus de 3 personnes et demi.

 

L’âge moyen de la population est de : 39 ans.

 

 

Les plus vieux habitants s’appellent : BRINGUEZ François et BOURGEOIS Delphin, ils ont 79 ans

La plus vieille habitante c’est DELEPINE Geneviève, elle a 84 ans.

Le plus jeune est impossible à discerner puisque le recenseur a indiqué non pas l’âge, mais l’année de naissance.

 

 

Les Métiers

 

Les propriétaires et les rentiers ne sont plus que 3. A noter que les propriétaires sont aussi « exploitants ».

 

 

Secteur agricole : 33 personnes, soit   8  % de la population active

 

Parmi ces 33 personnes, la moitié sont des ouvriers agricoles ou assimilés.

 

 

Secteur artisanal et industriel :  301  personnes, soit  76  % de la population active

 

Les métiers du bâtiment emploient 6 personnes.

 

Les métiers qui emploient le fer, la fonte ou le cuivre sont de loin les plus représentés, ils sont 287 personnes

Il y a 5 industriels (à noter qu’on ne parle plus de manufacturier ou fabricants).

 

A mesure que les fabrications se diversifient : vis, boulons chez HURTEL, cuivrerie chez BUIRET, fonte malléable chez CACQUERET, les emplois se spécialisent et se diversifient.

 

En plus des serruriers,il y a les cleftiers. En plus des tourneurs et des mouleurs, il y a des polisseurs,  limeur, outilleurs etc.

 

Les emplois « annexes » comme les emplois de bureau ou les chauffeurs, et mécaniciens prennent de l’importance.

 

L’échelle sociale des métiers grandit : il y a un contremaître qui s’adjoint à l’industriel, mais aussi apparaissent les « ouvriers d’usine » ou les journaliers qui travaillent essentiellement en usine mais ont un ou plusieurs employeurs.

 

Nouveau aussi à TULLY la Briqueterie qui emploie 8 personnes.

 

 

Secteur commerçant : 33 personnes, soit   8% de la population active

 

Il y a 21 épiciers et/ou débitants, mais aussi 2 boulangers, 1 grainetier, et 4 poissonniers !

 

Les métiers de l’habillement sont essentiellement représentés par les couturières,  il n’y a plus ni tisserand, ni tailleur d’habits. Elles sont 9.

 

 

Les métiers peu qualifiés représentent 21 personnes, soit  5   % de la population active

 

Ce sont essentiellement des domestiques de maison, employés principalement par les industriels qui profitent ainsi de l’élévation de leur niveau de vie.

 

 

 

Il y a 5 fonctionnaires : 3 enseignants, 1 garde champêtre et 1 cantonnier.

Et 1 clerc de notaire.

 

A noter qu’il y a autant d’agriculteurs que de commerçants.

 

Les plus jeunes enfants au travail ont 13 ans, ils sont serruriers/ères, mouleur, ouvriers d’usine.

 

Les femmes actives représentent 50 % des femmes. Elles travaillent essentiellement pour l’industrie puisque c’est ce secteur qui est le plus gros employeur du village. En 1881, elles n’étaient que 41 % .

 

Origine géographique de la population

 

La majorité de la population de TULLY est originaire de la Somme, plus particulièrement du VIMEU et du MARQUENTERRE.

Un petit nombre vient de la Seine Maritime toute proche et des communes limitrophes : EU , ETALONDES etc.

Quelques uns viennent de PARIS et Région Parisienne.

On note des provenances plus lointaines pour un nombre restreint d’habitants : Alsace , Aveyron ou Nord.

 

Quelques origines géographique d’employeurs

 

TULLY : BUIRET, CAQUERET, HURTEL

FRIVILLE : IMBERT, TIRARD, STACOFF, WINCKLER

BETHENCOURT S/MER : BIGNARD, HAUDIQUET, BOST, DEBEAURAIN, HEUDELEINE

YZENGREMER : DEHESDIN  

BOURSEVILLE : FLET

 

 

SYNTHESE

 

La population de TULLY s’est accrue de 178 personnes depuis 1881, ce qui est considérable, dont seulement 54 enfants de – de 21 ans. En 70 ans, elle a plus que doublé ! C’est que la mortalité régresse puisque l’âge moyen de la population est de 39 ans, soit 10 ans de plus qu’en 1881. C’est une population dans la force de l’âge qui habite TULLY en 1906.

 

C’est le secteur industriel qui a le plus progressé. 301 personnes, soit la moitié du village et 76 % de la population active travaille dans ce secteur.

 

Les commerçants profitent de ce développement de l’activité industrielle : il  y a 21 épiciers/débitants en 1906 soit la moitié plus qu’en 1881/

 

On note de moins en moins d’artisans à leur compte (Patron) et de plus en plus de personnes employées par un seul  industriel, ce qui n’implique pas automatiquement qu’ils étaient employés dans l’usine même. Beaucoup travaillaient encore à domicile.

 

 

                   

 

 

 

                        TULLY Grande rue.jpg

 

 

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TRAVAUX SUR LA TOITURE ET LE CLOCHER DE L’EGLISE

 

Le 26 avril 1909, le Maire fait part au Conseil Municipal que Madame Veuve BUIRET-DEBEAURAIN, s’inspirant des sentiments de son mari décédé en février de la même année, offre à la commune les ressources nécessaires pour la restauration de la toiture de l’église et du clocher qui menace ruine. Le devis établi par la mairie s’élève à 2.967,24 Francs. Le Conseil approuve le projet tout en indiquant que les travaux devront être exécutés sous la surveillance de la commune et qu’aucun imprévu ne sera à la charge de celle-ci. L’entrepreneur choisi est Monsieur G. GODET, plombier zingueur à la ville d’EU, rue du Collège.

 

Le devis comporte la dépose de la vieille couverture, une réparation de la charpente, la pose d’ardoises d’Angers grand modèle avec crochets galvanisés

 

Le 24 août 1909, le Conseil Municipal réceptionne les travaux dont le coût est légèrement inférieur au devis, c'est-à-dire 2.650 Francs.

 

AGRANDISSEMENT DE LA SACRISTIE

 

Le 19 février 1913, le Conseil Municipal de TULLY approuve le projet de Monsieur BUIRET conseiller municipal, qui s’engage à financer les travaux d’agrandissement de la Sacristie. En échange, la municipalité lui cèdera le terrain communal sur lequel la nouvelle sacristie sera implantée.

 

Ci-dessous le plan de la nouvelle sacristie 

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TULLY 1913 Nouvelle Sacristie.jpg

 

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LES RESERVISTES NECESSITEUX 

 

La Loi fait obligation aux réservistes d’accomplir des périodes militaires alors qu’aucun salaire n’est perçu par l’intéressé, ce qui pose, pour certains foyers, des problèmes. Le Receveur Municipal selon des instructions officielles fait obligation à la mairie d’indemniser les personnes suivantes, suivant leur charge de famille et la période accomplie par chacun :

 

VALLEE Joseph, 1 enfant et 1 femme, pour 23 jours : 14,95 F

VILFROY Alfred, 5 enfants et 1 femme, pour 9 jours : 11,25 F

DIMPRE Emile, 3 enfants et 1 femme, pour 9 jours : 8,55 F

LAROZIERE Albert, 2 enfants et 1 femme, pour 17 jours : 13,60 F

ROUSSEL Arthur, 1 enfant et 1 femme, pour 23 jours : 14,95 F

QUENOT Camille : 4 enfants et 1 femme, pour 17 jours : 18,70 F

RUHAUT Georges : 4 enfants et 1 femme, pour 17 jours : 18,70 F

GROGNET Gustave : 1 enfant et 1 femme, pour 23 jours : 14,95 F

DELOISON Edmond : 1 enfant et 1 femme, pour 23 jours : 14,95 F

 

Le 18 juin 1913, le Conseil Municipal approuve les comptes précédents.

 

 

LA LIGNE DE CHEMIN DE FER

 

En mai 1914, la commune fait voter l’installation de becs de gaz rue d’YZENGREMER et de la gare. En effet, à cause de la nouvelle ligne de chemin de fer WOINCOURT-AULT, ces deux rues doivent être pourvues de becs de gaz.

 

 

LA GUERRE DE 1914-1918

 

1914

 

En 1914, sous la présidence de M. GAUDEFROY, maire, la Commune emprunte 5.000 Francs à MM GRANDSIRE et GODQUIN pour subvenir aux nécessiteux.

C’est ainsi qu’elle achète à Madame HURTEVENT –DELEPINE, boulangère, 4.078 kilos de pain pour la somme totale de 1.552 Francs. A Monsieur Georges CREPY, charcutier à TULLY, la commune achète 156 Kilos de viande pour une valeur de 313 Francs. Et à Monsieur Victorien BOUTTE, agriculteur à TULLY 2.383 litres de lait pour 476 Francs.

Mais l’année 1915 est plus difficile encore et la mairie fournit encore de la viande, du lait, du pain et du charbon.

 

1915

 

En 1915 également, la mairie de TULLY envoie à chaque soldat prisonnier en Allemagne un secours de 10 Francs. Les bénéficiaires sont : BOUTTE Armand, CHEVALIER Léon, DEGREMONT Alphonse Alfred, DEGREMONT Georges Léonce, DELAHAYE Jules Octave, FOURNIER Alfred Alexandre et HAUDRECHY Gratien.

 

LA BALLE AU TAMIS

 

Le 17 mars 1920 le conseil municipal votre une subvention de 100 Francs pour que la commune puisse organiser le concours fédéral annuel de jeux de tamis.

 

 

TRAVAUX COMMUNAUX

 

Le 7 juillet 1920, le Conseil municipal sous la présidence de Monsieur CREPY, maire et en présence des conseillers : HAUDIQUEZ, MAISON, CREPY, DEBEAURAIN L, DEBEAURAIN E, THIEBAUT, PARMENTIER, ROUSSEL A, DELEPINE E, FLAMENT E, BOUTTE A, constate les dépenses effectuées sur les bâtiments communaux.

«  M. le Maire expose au Conseil qu’en raison de l’urgence, il a fait exécuter des travaux aux bâtiments communaux notamment le remplacement du mur de la classe enfantine, totalement écroulé, ainsi que des travaux de réparations à la Mairie et aux Ecoles et ce, dans le but de la conservation des bâtiments ; que d’après les mémoires produits, la dépense s’est élevée » :

1)     pour le logement de l’instituteur à 410 Francs

2)     Pour le mur de l’école à 1.366 Francs

3)     Pour la mairie et les écoles à 1.480 Francs

 

Qu’il reste maintenant à effectuer des travaux intérieurs et extérieurs tant à la Mairie qu’au logement de l’instituteur qui doivent s’élever à 2.742 Francs, que la commune reste encore redevable de la somme de 5.000 Francs empruntées en 1914 à deux particuliers MM GODQUIN PATIN, propriétaire à FRIAUCOURT et M. GRANDSIRE, marchand boucher à AULT pour venir en aide aux familles de mobilisés – voir plus haut – qui peuvent réclamer d’un jour à l’autre le remboursement des sommes prêtées par eux.

Le conseil approuve les travaux exécutés et les travaux à effectuer et décide afin de faire face à l’ensemble des dépenses de contracter un emprunt de 11.000 Francs remboursable en 30 années.

 

SERVICE DES EAUX

 

Le 19 avril 1922, sous la présidence de Monsieur CREPY, maire le conseil municipal vote une subvention de 1.000 Francs pour l’agrandissement de son service des eaux.

 

 

CIMETIERE COMMUNAL

 

 

Le 31 décembre 1923, les conseillers municipaux, DEBEAURAIN Emile et PARMENTIER Georges ont réceptionné les travaux de l’entreprise FLAMANT à TULLY concernant le cimetière. Il s’agissait d’une part de procéder à la maçonnerie autour des tombes militaires ainsi que de la réparation du mur dudit cimetière.

 

LEGS CAUDRON

 

Monsieur CAUDRON avait institué un legs destiné à une personne de TULLY « ayant inventé, ou perfectionné quelque chose d’utile ». C’est Monsieur COUILLET qui fut désigné lors de la séance du conseil municipal du 20 août 1925 destinataire du legs en raison d’un brevet qu’il a déposé pour perfectionnement d’une serrure.

 

TRAVAUX D’ELECTRIFICATION

 

La séance du conseil municipal du 20 octobre 1926 informa ses membres que Messieurs PARMENTIER G., DEBEAURAIN L et DELAITRE E conseillers municipaux membres de la commission des bâtiments ont procédé à la réception des travaux d’électrification de la commune effectués par la Société Artésienne de force et lumière. Le montant de ceux-ci s’élève à 8.790 Francs.

 

CRISE ECONOMIQUE DE L’ENTRE DEUX GUERRES

 

Le 26 janvier 1932 les conseillers municipaux : MAISON, THIEBAULT, DEBEAURAIN E, BOUTTE, PARMENTIER, DELAHAYE, DELAITRE, VANESTENNE, DERAMBURE ROGER et CREPY se réunissent pour décider du tarif à appliquer aux chômeurs que l’on occupe au travail. C’est ainsi que les chômeurs célibataires perçoivent 7 Francs, les chômeurs mariés sans enfant, 11 Francs, les chômeurs mariés avec 1 enfant, 14,50 Francs et les chômeurs mariés avec des enfants, 18 Francs.

 

 

 

21 mai 1935 : Bris de carreaux aux Etablissements BUIRET DEBEAURAIN

 

Au retour d’une réunion syndicale un groupe de personnes a brisé des carreaux aux Etablissements BUIRET DEBEAURAIN et 2 grands carreaux au balcon de M. GAUDEFROY CAQUERET.

3 gendarmes positionnés sur place ont pu constater les dégâts et peut- être éviter que cela ne dégénère davantage. Le maire refuse d’admettre la responsabilité de la commune car les syndicats avaient promis qu’il n’y aurait aucune manifestation dans la rue. Il demande donc à la Mutuelle du Commerce et de l’Industrie d’indemniser les industriels. Cette dernière a donc remboursé la somme de 541 Francs qu’elle réclame à la commune.

 

ELECTRICITE DE L’ECOLE

 

Le 23 juin 1937 le conseil municipal constate que les compteurs électriques de l’école sont branchés sur les logements de l’instituteur et de l’institutrice. Ceux-ci paient donc la totalité de l’éclairage sur leurs propres deniers. Le conseil municipal a décidé de leur allouer respectivement 100 Francs et 150 Francs pour défraiement de ces dépenses. A noter que par mesure d’économie de chauffage de la classe, l’instituteur travaille fréquemment le soir chez lui plutôt qu’à la mairie.

 

 

 

 

 

LA PERIODE 1939-1945

 

 

 

Heinrich BOLL (1917-1985), écrivain allemand très célèbre outre-Rhin a été soldat en France durant la 2ème guerre mondiale, en particulier dans notre Vimeu (Tully, Yzengremer, Cayeux et en marge de notre région Le Tréport) durant l’année 1943. Il écrivit une lette par jour à son épouse qui vivait à Cologne. Ces lettres sont restées inédites jusqu’en 2001, date à laquelle cette dernière se décida à les éditer alors qu’il était décédé depuis 16 ans.

C’est un témoignage exceptionnel d’un soldat, cultivé, peu sensible à l’idéologie nazie, qui nous est livré ici. La traduction, fruit d’un travail bénévole, aura sans doute beaucoup d’imperfections, mais l’ouvrage n’est toujours pas édité en français.

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Ci-dessous photo du soldat BOLL vers 1941

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                                                                       TULLY BOLL Soldat.jpg

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France (Village de TULLY) le 5 juin 1943

 

Aujourd’hui,  pour la première fois depuis longtemps, je me suis fait porter pâle encore une fois, mais, c’est certain, j’ai eu moins de repos que je ne l’espérais.

J’ai du me lever à 3 heures du matin et assurer la permanence téléphonique jusqu’à 6 heures. J’étais si fatigué que je n’ai même pas pu écrire une petite lettre. Peu avant 6 heures nous avons eu une alerte, et même si je n’étais pas tenu d’y participer activement, j’ai du, lorsque la compagnie partit en expédition, assurer la garde jusqu’à 9 heures.

Il pleuvait de façon incroyable sans interruption, vraiment sans une minute de répit. Les pauvres gars qui devaient marcher dehors !  

Lorsque je revins de la garde, j’ai du, -  alors que nous sommes en juin !– allumer le poêle  pour me sécher et me réchauffer.

J’ai pu, à ce moment seulement, prendre plaisir à me laver et à me raser, manger quelque chose, et puis, ce fut à nouveau le moment d’effectuer un quelconque travail obligatoire idiot.

Et je fus chargé de quelque chose d’amusant : dénicher et installer 2 buts de football.

D’abord, j’en discutais avec le  maire (1). Celui-ci m’adressa à l’ « instituteur » (2), qui s’occupait de ce genre de choses.

Je me rendis tout simplement à l’école, dans la salle de classe, à la grande joie des enfants, que je connaissais presque tous – ils viennent chercher du pain chez nous et nous apportent du linge à laver, en masse. – Je priais instamment l’instituteur de m’accorder quelques minutes d’attention, c’était un homme encore jeune, distingué, gentil, aux cheveux grisonnants cependant – une légère ressemblance avec Edi (3) – qui m’écouta avec bienveillance et  étonnement, souleva une quantité d’objections, mais me dit que je pouvais néanmoins passer outre, et finit par se montrer tout à fait prêt à m’indiquer où je pouvais aller chercher les buts .

 

Dans l’intervalle, les enfants se mirent à faire un bruit insensé, au point que j’ai eu peur : je me suis demandé s’ils ne faisaient pas quelque bêtise. Mais l’instituteur sourit seulement avec indulgence, un peu résigné et pris congé de moi d’une façon qui faisait penser à un ancien officier de réserve. Pourquoi en serait-il différemment de chez nous, où là aussi, les officiers de réserve sont instituteurs !

 

Ensuite, le plus difficile fut de trouver un véhicule adapté et pour ce faire, je dus parcourir tout le village. Les cultivateurs sont incroyablement entêtés et savent surtout parfaitement, qu’en cette saison, personne n’est obligé de prêter un véhicule.

J’en trouvais un cependant peu avant midi, dans une splendide grande ferme, qui affichait sur sa porte d’entrée un écriteau « entrée interdite aux soldats allemands pour cause d’épidémie contagieuse «  

 

 

 

La grande cour était complètement  déserte, à cause de la  pluie incessante.

Je parcourus les gigantesques et magnifiques étables, la laiterie, je passais devant la superbe et luxueuse maison et trouvais enfin la « patronne » (4) dans une cuisine de rêve, belle et grande. Tout un côté de mur était garni de grandes bûches de couleur brunes.

On y voyait un fabuleux grand et vieux fourneau, une quantité de poêlons et de casseroles en cuivre reluisants. Un parfum  se dégageait dans lequel toutes les senteurs du dîner  de 7 heures se mêlaient.

La femme était bizarrement grosse, mais encore très jeune et avait un incroyable joli visage  frais de maîtresse de maison.

Je discutais avec elle tandis que, sans aucune gêne, elle continuait à s’activer autour des casseroles qui frémissaient. J’ai souvent eu l’impression que les cultivateurs aiment bien avoir des soldats chez eux, particulièrement quand ils parlent français. Chez certains, je n’arrivais pas à prendre congé. Ils entendent parler du monde et un soldat est toujours une personnalité intéressante et digne de compassion.  Cette femme me questionna sans cesse, avant que je puisse placer un mot. Curieusement les femmes demandent, alors qu’elles-mêmes sont mariées, si on est aussi marié et alors, si oui,  on est dans leurs petits papiers. Métier, femme, nombre d’enfants, photos si possible, c’est fréquent, même parmi les gens les meilleurs.

Lieu de naissance, campagne militaire, temps passé à l’armée, interrogation sur la fin de la guerre, ah !une multitude de choses.

 

 

J’appris ainsi que la maladie contagieuse était la rougeole dont souffrait un enfant. Le plus beau fut que je récupérais 3 petits oeufs et même une charrette. Puis, nous avons été chercher ces 3 lourds buts de football qui se trouvaient au dessus des toilettes des enfants.  Dans l’entrefaite, il était une heure de l’après midi, nous allâmes manger quelque chose.  

Quel incroyable casse-tête ce fut de transporter ces lourds poteaux à travers champs jusqu’au terrain de sport, d’y creuser des grands trous pour y planter correctement tout le matériel.  Je n’aurais jamais pensé que ce serait aussi difficile. Le tout dura jusqu’à 6 heures du soir, puis vient l’appel et l’instruction politique du soir, si bien qu’il était presque 8 heures lorsque nous avons pu prendre du repos le samedi saint.

 

Dans les jours qui viennent, j’espère pouvoir faire état de ma maladie, surtout pour pouvoir prendre le temps d’écrire lisiblement une lettre. D’habitude, je dois écrire très rapidement pour pouvoir l’avoir terminée avant 10 heures du soir, car nous devons nous coucher à 10 heures précises alors que les enfants crient encore dehors.

Cela grouille d’enfants ici dans ce village.

 

Le village vit autour de 3 grandes usines ici (5). On ne voit que de petites maisons ouvrières, sales et noires. Entre elles, les grandes cours des gens à qui appartiennent aussi les terres. Les enfants occupent littéralement nos baraques, ils s’assoient pendant des heures à côté de nous, y compris lorsque que nous nettoyons nos armes et nous disent alors que nous nous y prenons mal. Ce sont des enfants charmants et sans arrière pensées. Je les aime tous, ils me connaissent si bien que je me retrouve parfois comme le chasseur de rats de Hameln (6)

Ils sont étonnement presque tous très beaux, réellement plus de la moitié sont très beaux. Nous leur donnons du pain,  ils mangent notre soupe dans nos gamelles, les bonbons que nous recevons parfois avec le ravitaillement, et se battent presque pour laver leur linge. Presque tous sont incroyablement sales et livrés à eux-mêmes. Mais leurs yeux sont brillants et intelligents. Ils ont le sens de la répartie, parfois de façon impertinente, mais qui pourrait le leur reprocher ?

J’ai mes favoris parmi eux, les filles je les appelle « sorcières » les garçons « voyous » ils s’amusent  à chaque fois beaucoup de  ces surnoms, dont ils demandent chaque fois la signification mais je leur ai dit que je le leur dévoilerai seulement le jour de mon départ.

 

A l’une de ces très jolie « sorcière » j’ai donné récemment un bonbon. Elle me remercia très gentiment mais me dit très calmement qu’elle avait aussi 4 frères et sœurs à la maison et me demanda si j’attendais d’elle qu’elle mange le bonbon toute seule. Aussitôt je me rendis, honteux, vers mon havresac et fouillais à l’intérieur pour trouver d’autres bonbons.

 

Quelques uns arrivent à quémander trois fois par jour du pain avec une mine si naïve et désespérée que je n’ai pas le cœur de dire « non ».

Lorsque nous sommes largement approvisionné en pain et que j’ai aussi une petite quantité de tickets de pain, je vois venir le moment où je devrais m’en remettre à Saint Antoine

de Padoue (7).

 

D’ici notre départ (8) je vais pouvoir en secourir quelques uns. Les enfants font habituellement la chasse aux mégots de cigarettes. J’en ai rencontré dernièrement quelques uns dans nos toilettes. Dans notre baraque, juste devant l’armoire aux fusils, il y a un petit banc, sur lequel s’assoient toujours nos « clients ».

Ils restent assis souvent longtemps tandis que nous nettoyons nos armes ou pendant la pause de midi, ou le soir et racontent. Je traduis les questions de  mes camarades, c’est toujours très bien.

 

Ce midi était assise une petite fille, sale et en haillons qui nous apporta un bouquet de fleurs. Pendant qu’elle vidait une gamelle, elle nous raconta qu’elle travaillait 8 heures par jour, tous les jours pour 20 Pfennig de l’heure dans une usine. !! Son père est prisonnier depuis 3 ans (sa mère a  2 autres enfants de 1 et 2 ans). Les soldats sont tous très gentils et très généreux avec les enfants, bien qu’eux-mêmes soient pauvres aussi. Cela me réconcilie avec leurs faiblesses et leurs mauvaises habitudes. C’est étonnant comme les pauvres se retrouvent toujours et sont fraternels entre eux. Voilà la vie que je mène tous les jours exception faite des heures effroyables de service dont je ne peux pas te dire grand-chose ……..

Bientôt, bientôt, peut être dans deux semaines, je vais poser la question de ma permission dans un moment favorable………

 

 

 

 

 

(1) Note de l’auteur : il s’agissait de Louis DEBEAURAIN

(2) Note de l’auteur : M. BACQUET était instituteur et secrétaire de mairie

(3) Note de l’auteur : Eduard IMDAHL surnommé Edi, son beau frère

(4) En français dans le texte

(5) Note de l’auteur : fonderie BUIRET au Sud Ouest de TULLY, l’usine HURDELLE, et la Fabrique de Robinets HAUDIQUEZ

(6) L’auteur fait référence à une légende allemande

(7) Saint Antoine de Padoue fit l’aumône aux pauvres

(8) Le 25 juin 1943  H. BOLL bénéficia d’une permission de 3 semaines à COLOGNE

 

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Heinrich BOLL prix nobel de littérature

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                                                     TULLY BOLL Ecrivain.jpg

 

GREVE AUX ETABLISSEMENTS GAUDEFROY CACQUERET

 

En avril 1944 les ouvriers de cette usine menaçaient de quitter leur poste si leurs salaires n’étaient pas relevés. Le chef d’entreprise lui-même ne pouvait accéder à leur demande car c’était au Directeur Départemental de la Main d’œuvre qu’il appartenait de leur donner ou pas satisfaction en vertu de l’arrêté du 21 juin 1943. Les ouvriers ne pouvaient quitter leur emploi sans encourir de graves sanctions. Il n’y a pas, à l’époque, de relations contractuelles entre employeur et salarié, l’Etat Français réglemente tout.

salarié, l’Etat Français réglemente tout.

 

HIVER 1945

 

Le 6 février 1945, Monsieur le Maire donne lecture des vœux émis par le Front National (1) de TULLY, savoir :

Les membres du Front National de TULLY, devant les rigueurs de l’hiver et le manque complet de combustibles, demandent

1° que tous les arbres frappés d’alignement, situés sur le territoire de la commune soient abattus et répartis parmi les habitants avec une priorité pour les vieillards, femmes de prisonniers, requis et déportés. Au cas où cette récupération seraient insuffisante demandent :

2° La réquisition dans les propriétés privées de tous les arbres inutilisables et la répartition dans les mêmes conditions que ci-dessus.

Monsieur le Maire fait remarquer à l’assemblée que la Préfecture n’autorise que la réquisition des arbres impropres pour le travail et interdit formellement la réquisition dans les parcs et avenues privées. Il ajoute qu’il ne faut pas se leurrer sur les possibilités de TULLY en matière de bois de chauffage.

 

(1) Ce parti n'a rien à voir avec celui qui porte le même nom aujourd'hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources : Recensements de population

                 H. BOLL "BRIEFE AUS DEM KRIEG 1939-1945"

                 Série O aux A.D. de la Somme

 


Date de création : 17/01/2009 @ 14:29
Dernière modification : 02/12/2014 @ 18:05
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