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Histoire locale 05 - HISTOIRE DE WOINCOURT

 

                   HISTOIRE DE WOINCOURT

 

La commune de WOINCOURT est traversée par la route d’ABBEVILLE à EU et par le chemin de CAYEUX à BEAUCHAMPS qui se croisent dans le village même.

 

Le nom de WOINCOURT apparaît pour la première fois en 1110 (sous le nom de : dominica curtis), le nom prend de nombreuses formes qui peuvent s’exprimer sans « W », ainsi OUINCOURT. On admet l’hypothèse qu’un dénommé Jovin soit à l’origine du nom ainsi : Jouvini curtis. La maison de Jouvin.

 

Le village dépend du doyenné de GAMACHES, et de la Prévôté de VIMEU.

 

En 1469, dans la déclaration des feux, le village de WOINCOURT-YZENGREMER comprend 26 feux, soit 26 familles.

 

Le village est sous l’administration successive ou simultanée de plusieurs abbayes : LIEU DIEU, SERY, SAINT RIQUIER et même SAINT WANDRILLE qui se partagent le territoire.

 

En 1564 ou 1565, la cure doit vendre, pour subvenir au paiement des deniers que le Roy avait ordonné « estre levés sur le clergé » deux pièces de terres. Elles consistaient en une pièce de 7 journaux tenant au chemin des chasse-marées, l’autre de 3 journaux tenant aux terres de la commanderie. Mais la cure les reprit à Henri de MONTHUIS et son épouse, Marie Abraham damoiselle d’IZENGREMERS et autres lieux, demeurant au village de FRUCOURT.

 

En 1728, le titulaire de la cure de WOINCOURT (SAINT MARTIN) et IZENGREMERS (SAINT MEDARD) son secours déclare que « WOINCOURT est une paroisse composée de pauvres gens, tisserands de toile et de mendiants ». Il s’agit de Maître Jacques de GLICOURT.

 

Les FIEFS

 

La Seigneurie était tenue d’HELICOURT en deux fiefs. Il y avait également un fief noble « LE WAL «  à OVINCOURT en VIMEU ; Elle consistait en une maison seigneuriale avec 100 journaux de terres.

 

LES SEIGNEURS DE WOINCOURT

 

1430 : Colart ABRAHAM écuyer. Il est marié à Isabelle de NIBAS et habite WOINCOURT

1455 : Jeanne ABRAHAM épouse de Jean de CAUMONT écuyer

 

Blason de CAUMONT

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                                                     WOINCOURT de CAUMONT.gif

 

 

1470-1497 : Pierre de CAUMONT écuyer

1497-1540 : Simon de CAUMONT écuyer

1540-1583 : Jacques de CAUMONT écuyer

1583-1587 : Michelle de CAUMONT, fille de Simon, femme d’Antoine de FONTAINES, écuyer. Elle hérite de WOINCOURT après la mort de Jacques en 1583.

 

Blason de FONTAINES

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                                                 WOINCOURT de FONTAINES.gif

 

 

1587-1610 : Claude de FONTAINES, écuyer

1610-1648 : Joachim de FONTAINES écuyer. Il épouse en 1610 Marie de ROUSSEL, fille de René, seigneur d’ESCARBOTIN

1648-1695 : Pierre II de FONTAINES, écuyer

1695-1727 : Nicolas-Joachim de FONTAINES, écuyer capitaine au régiment de FONTENILLES. Il épouse Léonore D’AMERVAL en 1715

1727-1730 : Charles Louis de FONTAINES, chevalier, capitaine de cavalerie, chevalier de SAINT LOUIS qui détient à nouveau après ses frères Nicolas François puis Joseph morts sans postérité, l’ensemble de la seigneurie qu’il vend vers 1730 à :

1730-1740 : Philippe du GARDIN, écuyer, mousquetaire du roi, lieutenant de cavalerie dans les troupes boulonnaises.

 

Blason DU GARDIN (source Heraldiquegenweb)

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                                        WOINCOURT du GARDIN.gif

 

1740-1770 : Anne Barbe du GARDIN, fille du précédent, épouse de Pierre Wulfran BRIET, écuyer, capitaine de la compagnie de garde-côtes, puis conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France

 

Blason BRIET (source blason armoiries org)

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                                      WOINCOURT BRIET de RANVILLIERS.gif        

 

1770-1789 : Philippe BRIET de RAINVILLERS, écuyer, petit-fils du précédent ne garda pas la seigneurie. En octobre 1786, il vendit la seigneurie avec château, terre, près et moulin à vent. Le nouveau propriétaire s’appelait Etienne BAUDOUIN. Il ne reste plus du château de WOINCOURT qu’un portail de brique et pierres.

 

LES HOMMES DE LOI

 

En 1507 selon BOUTHORS dans « Coutumes du baillage d’AMIENS », R. AULXOEUFS est vice-gérant de WOINCOURT et YZENGREMER. Et Jean GONTREQUIN (GODQUIN) prévost d’YZENGREMER et WOINCOURT

 

En 1650, dans un acte du notariat d’AULT, Valentin LESAGE est receveur et fermier de la terre et seigneurie séant au village de WOINCOURT.

 

 

 

 

BAIL DU MOULIN DE WOINCOURT EN 1656

 

Sont comparus en leurs personnes, Messire Pierre DE FONTAINES chevalier, seigneur de CERISY, WOINCOURT YZENGREMER en partie et autres lieux demeurant au fief seigneurial dudit WOINCOURT d’une part, Guillaume LOMBARD Maître Musnier et (Néant) DE LATTRE sa femme demeurant au moulin dudit WOINCOURT d’autre part, lesquelles parties ont volontairement recongnue et conffessez que pour leur proffit et commodité, savoir ledit Seigneur de CERISY avoir baillé à titre de bail et prix d’argent pour le temps de trois ans consécutifs audit LOMBARD et sa femme. C’est à savoir le moulin à vent servant à mouldre le bled dudit village de WOINCOURT avecq le maison jardin, pourprins et tennements contenant deux journaux ou environ ………………..de payer audit seigneur bailleur la somme de quatre cents livres à charge d’entretenir ledit moulin .

 

GARDE CHAMPETRE

 

Le 30 juillet 1798, l’administration municipale du canton d’AULT a nommé pour garde champêtre de la commune de WOINCOURT, les citoyens :

 

Jean Baptiste LE CAT avec un traitement de 30 Francs

Les suivants sans traitement :

Louis François MANIER

André PECQUERY

ROUGET

Michel FAUQUET

Nicolas AUZENNE

Louis LOUCHEL

Dominique DEPOILLY

Valentin PAUCHET

Nicolas MONTIGNI

 

Le dimanche 15 février 1835, les conseillers municipaux et les plus forts contribuables de la commune de WOINCOURT à l’effet de voter le traitement du garde champêtre pour l’année 1835, nous ont répondu d’une voix unanime qu’ils s’opposaient à ce que le traitement dudit garde champêtre soit voté attendu qu’il  ne fait pas son devoir. Les propriétaires de ladite commune se plaignent qu’il se commet beaucoup de délits sur leurs propriétés. Des recommandations réitérées ont été faites audit garde champêtre et jamais il ne s’est rendu lus actif à son devoir.

 

En conséquence puisque nos recommandations ont toujours été infructueuses, nous, conseillers municipaux et plus forts imposés demandons à Monsieur le Sous- Préfet la révocation du sieur Pierre François GROGNET, garde champêtre de ladite commune y demeurant et nous proposons à Monsieur le Sous- Préfet, en remplacement du Sieur GROGNET, le sieur Jean Louis CARON, homme probe, tisserand âgé 45 ans demeurant ce cette commune qui accepte.

 

 


CONFLIT ENTRE LA MAIRIE ET M. DE BIVILLE D’YZENGREMER

 

Le 24 mai 1823, Le maire enregistre la plainte de plusieurs particuliers de la commune qui font part de leur inquiétude de voir « que des ouvriers se permettoient de faire des lignes de tranchée pour barrer la place publique de la- dite commune par l’ordre de M. DE BIVILLE propriétaire à YZENGREMER. Nous nous sommes transportés sur les lieux et avons trouvé 2 terrassiers aux ordres de M. DE BIVILLE. Nous leur avons défendu de continuer leur travail. Attendu que la place publique a depuis un temps immémorial servi au divertissement public et au pâturage des troupeaux communs. »

« Sur les 3 heures d’après- midi nous nous sommes transportés sur place et avons constaté que les ouvriers étaient à nouveau au travail en compagnie de M. DE BIVILLE. Celui-ci nous a indiqué qu’il leur avait donné l’ordre de continuer.

Nous avons aussitôt déclaré à M. DE BIVILLE que nous allions dresser procès- verbal. Au moment de la rédaction du procès- verbal, M. DE BIVILLE s’en était retourné à sa ferme. Nous avons adressé le procès- verbal au Procureur du Roi près le tribunal de 1ère instance d’ABBEVILLE. »

 

Le 14 juin 1823, Lors de la séance extraordinaire du conseil municipal de WOINCOURT, sous la présidence de Monsieur le Préfet à l’effet de délibérer sur l’exposé du maire relatif aux intérêts communaux a entendu le rapport qui suit :

 

Monsieur le maire a dit qu’au mépris de la possession paisible pendant plusieurs siècles et de la place commune de WOINCOURT dont les habitants et communauté dudit lieu peuvent se prévaloir et faire preuve, Monsieur Charles Aimé de BIVILLE père, propriétaire, demeurant à YZENGREMER et ayant une ferme à WOINCOURT, s’est permis le 24 mai dernier dans la matinée et jours suivants de faire ouvrir des fossés et élever des digues le long de la rue qui conduit dudit WOINCOURT à la grande route et s’enclore par les travaux ladite place, sous le prétexte spécieux qu’il en est propriétaire

Que le mondit Sieur le Maire en a rédigé procès- verbal le dit jour après discussion sur les lieux avec Monsieur DE BIVILLE…..

 

Le conseil municipal considérant que les travaux faits sur la place publique de WOINCOURT de l’ordre de Monsieur de BIVILLE sont un trouble apporté à la possession paisible et non interrompue de cette place dont les habitants jouissent depuis des siècles et notamment depuis un an et jour, qu’il est urgent de revendiquer cette possession par une complainte et même de suivre au pétitoire (tribunaux) s’il en est besoin.

 

 

Signé : Rouget – Louchel – Poilly – Pauchet (2)- Lainé- Petit

 

Note du webmestre : nous n’avons pas retrouvé aux archives départementales le délibéré du juge de Paix.  Peut- être que les choses se sont réglées d’elles-mêmes …mais un autre conflit surgit à nouveau dans la commune quelques années plus tard.

 

 

QUERELLE ENTRE WOINCOURT ET YZENGREMER AUTOUR DE L’EGLISE

 

Le 11 mai 1826, le conseil de fabrique de WOINCOURT statue sur les travaux à effectuer sur l’église d’YZENGREMER, « secours » de WOINCOURT. Ces travaux s’élèvent à 1.500 Francs. Le Préfet et d’Evêque d’AMIENS valident les travaux aux conditions suivantes adressées à Nicolas RATEL maire de WOINCOURT et François MANIER membre de la fabrique.

 

1° Que le sieur PETIT trésorier établisse le montant des dépenses de manière incontestable

2° Qu’il ne sera donné provisoirement qu’une somme de 300 Francs pour les dépenses urgentes qui sont les suivantes :

-        La couverture de la nef du côté de la route qui menace ruine dans son entier

-        La clôture du cimetière, chose d’une nécessité absolue à cause des bestiaux qui s’y introduisent et de personnes qui se permettent de déposer des immondices auprès de ladite église

-        A l’escalier en bois qui conduit à la cloche

-        A l’achat d’une nouvelle cloche à la place de celle cassée qui donne un faible son 

 

Néanmoins d’autres dépenses ont été ordonnées sur l’église d’YZENGREMER puisque le 28 mai 1828 le sieur BEAURAIN menuisier à EU écrit ainsi au Préfet de la Somme.

 

« BEAURAIN Pierre Etienne demeurant à EU, a l’honneur de vous exposer que le dimanche 13 août 1826, il a été convoqué une assemblée des marguilliers de la commune de WOINCOURT et d’ISENGREMER réunis à l’église d’ISENGREMER en présence de Monsieur TRICHARD, commissaire spécial nommé à cet effet, (dans le but) de lui adjuger un marché qui a été approuvé par Monsieur le Préfet de la Somme le 19 septembre 1826 pour une livraison de bancs à faire pour l’église d’ISENGREMER. Le marché d’un montant de 430 Francs devait être payé dans le courant de décembre 1827, soit un an de crédit.

 

A ce jour, les marguillers de la fabrique de WOINCOURT refusent d’en payer le prix, prétextant que la fabrique d’ISENGREMER est actuellement en jouissance de revenus. » Ces derniers, renvoient le menuisier vers la fabrique de WOINCOURT au motif qu’YSENGREMER, à l’époque de la passation du marché, n’avait aucun revenu.

 

Le 28 juillet 1828, les marguilliers de la commune d’YZENGREMER écrivent au Sous- Préfet de la Somme en ces termes :

 

« Les marguilliers de la fabrique d’YZENGREMER après avoir pris lecture du courrier du sieur BEAURAIN menuisier ont l’honneur de vous exposer

1° Que le menuisier ne doit pas dire qu’il a été convoqué par les marguilliers d’YZENGREMER pour une adjudication de bancs puisqu’alors la commune n’avait pas encore de marguilliers, l’église ayant été érigée en chapelle vicariale le 3 décembre 1826.

2° Ce n’est que le 23 janvier 1828 qu’elle est entrée en jouissance de ses revenus et n’avait aucune ressource avant cette époque, la fabrique de WOINCOURT continuait toujours à percevoir lesdits revenus.

De plus, au mois de février dernier, les marguilliers d’YZENGREMER ont voulu procéder légalement à la location des bancs, les habitants s’y sont généralement opposés en disant qu’ayant souscrit une somme de 2.200 Francs pour la rectification de leur église, ils se trouvaient alors épuisés et ne pouvaient louer les bancs et s’y refusèrent.

Monsieur le maire d’YZENGREMER a exposé à Monsieur le Sous-Préfet qu’il devait se trouver une somme considérable dans la caisse de la fabrique de WOINCOURT dont les anciens marguilliers d’YZENGREMER n’ont jamais eu aucune connaissance.

 

Signé : PETIT LEGRAND Alexandre – FLAUTRE Cyprien – DUCASTEL POIRE Désservant – DE BIVILLE maire.

 

 

HISTOIRE de la Société BRICARD

 

La société STERLIN et Cie de 1782 à 1834

 

Le personnage à l’origine de la création de cette société s’appelle Louis Charles STERLIN. Il est né à OGNOLLES (Oise). La famille est implantée depuis longtemps à OGNOLLES mais lui décide de partir à PARIS et y arrive  en 1783. Il est recensé en tant que « quincailler » par les Révolutionnaires. Il est domicilié rue du Chevalier du Guet à proximité de la rue de Rivoli puis rue des Deux Portes, absorbée depuis par la rue des Archives. A son décès en 1833, il est domicilié rue Pavée Saint Sauveur, toujours dans le quartier de la rue des Archives. L’hôtel particulier qui s’élevait rue Tiquetonne, il a pratiquement disparu.

 

 

Louis Charles STERLIN était en relation avec un commissionnaire de WOINCOURT qui l’approvisionnait en serrures qu’il fabriquait : GAUTHIER.

 

Il s’agissait d’Hubert Laurent GAUTHIER, né en 1791, fils de serrurier, marchand quincailler selon le recensement de 1836 à WOINCOURT. Marié à Rosalie DE BEAUVAIS en 1813, il eut 3 fils qui devinrent fabricants de serrures : Charles Hubert, Alphonse Amable et Alexandre Eugène.

 

Le 22 décembre 1821 Louis Charles STERLIN  achète  aux RIVERY-LEJOILLE un atelier de cylindres cannelés à WOINCOURT. (concernant les RIVERY voir notre article sur l’histoire de le serrurerie au 19ème siècle).  A cette date Monsieur STERLIN est domicilié 3 rue Pavée St Sauveur à PARIS. La prise de possession doit se faire au 1er janvier 1822.

L’acquisition comporte une maison et bâtiments à usage de fabrique de serrurerie et de cylindres cannelés contenant 1 ha, 52 ares situé sur la route d’ABBEVILLE à EU. Le prix d’achat est de 15.000 Francs.

 

 A cette date, il reconvertit cette manufacture pour fabriquer des serrures. Il créé sa marque « ST ». Utilisant l’outillage qui existait pour les cylindres de filatures, il amènera dans le pays des fabrications, jusque là limitées aux Ardennes, telles que celle des paumelles ou des espagnolettes.

 

Dessin de l’atelier BRICARD (date inconnue)

 

                    WOINCOURT BRICARD vers 1900.jpg

 

 

En 1822, STERLIN prend parmi ses apprentis Eugène BRICARD (1806-1883), âgé de 16 ans.

 

De 1826 à 1829, STERLIN apporte à la serrurerie un perfectionnement considérable. Il prend plusieurs brevets concernant la serrure de 2 pènes à foliot avec entrée de clé au centre de la serrure et les pènes indépendants superposés. Cette serrure va remplacer dans les années suivantes tous les systèmes utilisés jusqu’alors.

 

En 1834, STERLIN meurt au moment où sa maison recevait, à l’Exposition de PARIS, sa première récompense : une mention honorable libellée ainsi «  14.000 serrures, produites chaque année par ce fabricant sont vendues à PARIS et dans les départements »

Eugène BRICARD, entre- temps devenu premier commis, se voit confier la gérance de la quincaillerie qu’il achète en 1835. Il est à son tour associé à Hubert Laurent GAUTHIER .

 

La société BRICARD et GAUTHIER de 1835 à 1871

 

Hubert Laurent GAUTHIER rachète après le décès de Charles STERLIN les murs de la manufacture de WOINCOURT puisqu’à son décès, le 27 septembre 1851, l’inventaire de sa succession établit qu’un loyer de 13.750 Francs lui était dû par Messieurs GAUTHIER Frères, (ses fils) fabricants de serrurerie.

 

En 1839, il reçoit sa première médaille de Bronze à l’exposition universelle de PARIS.

 

En 1844 BRICARD et GAUTHIER reçoivent la médaille d’argent à l’exposition de PARIS.

 

Au décès d’Hubert Laurent GAUTHIER, la manufacture de WOINCOURT est devenue si importante qu’Eugène BRICARD se met à exporter en Angleterre.

La première machine à vapeur est installée en 1852 juste après le décès d’Hubert Laurent, substituée au manège à chevaux servant jusqu’alors à mouvoir les tours découpoirs et les raboteuses.

Les fils GAUTHIER, Alphonse et Charles ont pris le relais de leur père à WOINCOURT. Mais c’est la famille BRICARD qui invente de nouveaux produits.

 

En 1852 puis 1853, BRICARD intente des procès en concurrence déloyale respectivement à la Société VATTRE (voir notre article sur les serruriers migrants) et à la Société TESSIER de SAINT QUENTIN LAMOTTE (voir dans l’histoire du village au 19ème siècle). Il perd le premier mais gagne le second. C’est la preuve que la concurrence fait rage dans le Vimeu.

 

Dès 1862, Eugène BRICARD prend avec lui ses deux fils : Alfred né en 1842 et Jules né en 1844. Alfred est premier commis et spécialisé en mécanique et Jules chargé d’études, des dessins et de la partie ornementale. C’est lui le dessinateur de serrures anciennes. Cette collaboration fait entrer la maison dans une voie nouvelle, qui sera celle de la serrurerie décorative. Ils vont faire travailler des sculpteurs renommés comme LEGRAIN, GUILLONNET, RECIPON et les frères ROBERT. Aux mécaniciens et ajusteurs, le personnel s’accroît d’artisans du bronze : ciseleurs, monteurs, doreurs qui sont à PARIS dans de nouveaux ateliers.

 

Photo d’une serrure du catalogue actuel BRICARD

 

        WOINCOURT BRICARD Serrure decorative.jpg

 

 La manufacture de WOINCOURT est dotée de tous les perfectionnements nouveaux : une usine à gaz assure l’éclairage. Le travail du cuivre et du bronze y est introduit à la place de la fonte malléable. Le cuivre sert à  équiper la marine nationale. Mais les ouvriers sont réticents à ce travail et se protègent avec des baillons car ils craignent pour leur santé.

 

En 1868, Eugène BRICARD acquiert l’hôtel de BEZONS au 39 rue de Richelieu. Cette demeure possédait de luxueux salons, une vaste cour et des dépendances qui firent place pour la maison BRICARD à des locaux pour ses magasins ses bureaux et ses premiers ateliers parisiens.

 

Photo de l’hôtel de BEZONS

 

                                           WOINCOURT BRICARD 39 rue de Richelieu.png

 

 

La société BRICARD Frères à partir de 1872      

 

Bien que les frères GAUTHIER soient toujours en vie, ils ne sont plus en responsabilité au sein de la Société BRICARD entre 1872 et 1881.

Sur le recensement de WOINCOURT en 1872 les 3 frères GAUTHIER apparaissent : Alexandre Eugène est rentier, Alphonse Fabricant encore à cette date ainsi que Charles Hubert. Mais en 1881, ses 2 frères étant décédés dans l’intervalle, Charles Hubert est recensé comme « cultivateur »

 

Alfred Honoré BRICARD est « chef d’Etablissement «  en 1872.

La guerre de 1870 a interrompu l’activité de l’usine qui était occupée par les prussiens et fabriquait pour leur compte des révolvers.

 

En 1874, Alfred et Jules BRICARD succèdent à leur père et s’installent rue de Richelieu.

 

En 1883, de très nombreux brevets sont pris afin de se prémunir des contrefaçons.  Eugène BRICARD décède cette année- là : une page est tournée.

 

En 1890, la machine à vapeur de WOINCOURT est changée et une fonderie à cubilots est installée. L’usinage devient mécanique mais le montage se faisait toujours à domicile par des ouvriers.

 

En 1894 BRICARD se spécialise dans la serrurerie et cuivrerie pour les chemins de fer mais c’est en 1900 que leurs fabrications furent remarquées à l’exposition universelle de PARIS. A partir de cette date des représentants furent établis dans toutes les parties du monde : Angleterre, Belgique, Espagne, Roumanie, Egypte, Chine, Japon et aux Etats-Unis, au Mexique, Argentine.

 

Alfred Honoré BRICARD décède en 1909. Le 25 juin 1909 une nouvelle société voit le jour par acte notarié entre Jules et Gaston BRICARD (le fils d’Alfred Honoré) sous le nom « J. et G. BRICARD ». Les premières maisons ouvrières sont construites à WOINCOURT.

 

 

Page de Catalogue J et G BRICARD

 

 

                                                   WOINCOURT BRICARD G et R.jpg

 

 

Le 22 avril 1914, toujours par acte notarié, Jules BRICARD cède à  Louis « Roger » BRICARD son fils, tous ses droits dans la société en nom collectif.

 

Gaston est mobilisé du 3 août 1914 au 17 novembre 1914 à l’usine BRICARD de WOINCOURT.

 

En 1914, Roger BRICARD, diplômé d’HEC est mobilisé en mars 1916. Il est lieutenant,  et reçoit la croix de guerre.

Durant la 1ère guerre mondiale, l’usine de WOINCOURT fabrique des grenades, obus etc…(voir notre article sur la serrurerie au 20ème siècle)  

 

 

De 1935 à 1939, la fabrication de robinetterie sanitaire se développe en parallèle de l’activité serrurière.

 

En novembre 1941, la société est transformée en S.A. au capital de 5 millions de Francs. Alfred BRICARD, le fils de Gaston rentre dans la Société.

 

Le 15 juillet 1944, Alfred BRICARD,  achète à l’indivision IMBERT RIQUIER en plus de plusieurs maisons ouvrières à ESCARBOTIN, l’usine d’ESCARBOTIN « MAQUENNEHEN et IMBERT » située rue Clémenceau comprenant pavillon de concierge, bâtiment pour la direction, un groupe de constructions à usage d’ateliers. S’ajoute à cela une grande propriété sise au même lieu rue Clémenceau, comprenant maison de maître et dépendances avec jardin et parc, une maison de directeur ayant façade sur la rue neuve et un terrain de 45 ares. L’ensemble est estimé à 245.000 F.

A noter que dès 1941 la société MAQUENNEHEN ET IMBERT se trouvait en liquidation judiciaire (Emile IMBERT était décédé en 1936 et personne de sa famille n’a repris la Direction de l’usine). C’est alors que le propriétaire d’une société de MOULINS Emile CHAUVAT décide de racheter la marque « JPM ». Il pense que cette marque va booster son commerce car elle est connue de tous les quincaillers.

 

En juillet 1944, sur l’acte d’achat par la Société BRICARD de l’ensemble immobilier appartenant aux héritiers IMBERT, il est indiqué que la Société loue les murs de l’usine de WOINCOURT. A qui appartenait-elle donc ? Depuis le décès de Hubert Laurent GAUTHIER qui en était propriétaire (voir plus haut) qui a racheté les murs de l’usine ?

 

De 1947 jusqu’à 1954 au moins, Gaston BRICARD est Président du conseil d’Administration. D’autres membres de la famille sont présents dans ce Conseil : Georges, Alfred, et Michel.

 

En 1959, une troisième usine et implantée à FREVENT dans le Pas de Calais où sont formés les apprentis.

 

En 1972 sont rachetées les usines  GUERVILLE RIQUIER et PETIT MALOIGNE à FRESSENNEVILLE.

 

A WOINCOURT sont traités les métaux non ferreux grâce à une fonderie de laiton et la production est orientée vers la robinetterie et la cuivrerie. A ESCARBOTIN sont traités les métaux ferreux avec la découpe et l’emboutissage. L’usine de FREVENT est spécialisée dans la fonderie de fonte, aluminium et de zamak. Toutes les usines assurent alors la production de la serrurerie décorative, la serrurerie et la quincaillerie de bâtiment, les serrures à combinaisons et robinetterie eau et sanitaire et les serrures frigorifiques.

 

En 1989 Alfred BRICARD qui dirige seul la société  BRICARD prend sa retraite et vend la société au groupe ROSARIO qui déménage son appareil productif à OUST MAREST et sur la nouvelle zone industrielle du Vimeu à FEUQUIERES en VIMEU. Une partie des locaux de l’usine BRICARD de WOINCOURT est reprise par la robinetterie CHUCHU DECAYEUX afin d’y installer son appareil de production. (voir l’histoire de cette société dans l’histoire de FRIVILLE ESCARBOTIN)

 

Photo de l’usine CHUCHU DECAYEUX à WOINCOURT

 

 

                                        WOINCOURT BRICARD CHUCHU.jpg

 

En 1990 ROSARIO rachètera à un collectif de cadres de l’usine CHAUVAT qui a repris en mains la gestion de la société suite au départ en retraite de Paul CHAUVAT, le fils d’Emile, (voir plus haut) l’ensemble de l’usine ainsi que la marque JPM.

A cette date, BRICARD emploie 1.100 personnes. CHAUVAT lui apporte un chiffre d’affaires de 300 millions de Francs avec un bénéfice de 33 millions de Francs  alors que BRICARD est plutôt moins rentable avec 400 millions de Francs de chiffre d’affaires et 21 millions de bénéfice.

 

La suite de l’histoire de cette société figure sur le site internet BRICARD dans la rubrique « notre Histoire ».

 

 

 

 

Sources : Etat civil sur le site des A.D. d’AMIENS

Notariat d’AULT  et Fonds des Hypothèques aux A.D. d’AMIENS

Dossiers de la légion d’honneur sur le site Leonore

Geneanet : les sites de Claude HURE pour les BRICARD et de Guy DORSNER pour les GAUTHIER.

Le site « Eclat de Bois » pour STERLIN

Le fascicule « La serrurerie du 14ème au 18ème siècle. Exposition au musée Paul Dupuy de TOULOUSE en 1966 », exposition réalisée avec le concours de la collection BRICARD.

Site du grand mémorial pour les registres matricules de Gaston et Roger BRICARD.

Site internet de la société BRICARD.           

 

 

 

 

ANALYSE DU RECENSEMENT DE WOINCOURT 1836

 

 

 

Les personnages importants du village

 

 

Le maire s’appelle : BEAUVAIS Antoine, il a 44 ans

Son adjoint : PAUCHET Henri, il a 49 ans

 

Le curé s’appelle COTTU (pas de prénom), il a 40 ans

 

Le garde champêtre c’est CARON Jean Louis, 46 ans

 

Il n’y a qu’un instituteur : DUBOIS Chrisostome, il a 31 ans

 

Mais 3 Meuniers :

 

HURTEVENT Pierre Joseph, 21 ans

LAINE Théophile, 30 ans

 

Ils sont meuniers à blé

 

LENNE André, âgé de 41 ans est meunier à huile

 

 

 

Répartition de la population

 

Le nombre d’hommes de + de 21 ans est de : 190

Le nombre de femmes de + de 21 ans est de : 195

Le nombre d’enfants de – de 21 ans est de : 335

Il y a donc : 720 habitants dans la commune.

 

L’âge moyen de la population est d’un peu moins 28 ans.

 

Il y a environ 4,5 personnes par foyers qui dont au nombre de 162.

 

22 femmes sont chefs de ménage

 

 

Le plus vieil habitant s’appelle LOUCHEL Louis François, il a 89 ans,

 

La plus vieille habitante c’est MANNIER Marie Rose, elle a 78 ans

 

Le plus jeune a 10 jours, il s’agit de DESMARETS Jean Baptiste.

 

 

Les Métiers

 

Il y a 6 propriétaires et 1 rentier dans la commune

 

Secteur agricole : 34 personnes, soit 10,5 % de la population active

 

 

Ils sont cultivateurs pour la plupart : 21 personnes, les journaliers sont au nombre de 11. Il y a également 1 Berger et 1 marchand de chevaux.

 

 

Secteur artisanal : 233 personnes, soit 72 % de la population active

 

Il n’y a qu’un artisan du bâtiment, il est charpentier

 

Les tisserands sont au nombre de 13, mais on répertorie 110 fileuses !

 

Les métiers qui emploient le fer sont les plus importants : 104 serruriers, soit à eux seuls 32 % de la population active.

Mais on compte aussi 1 tonnelier, 1 maréchal, 1 tourneur, et 1 charron.

 

 

Secteur commerçant : 19 personnes, soit 6% de la population active

 

Les métiers de bouche représentent 5 personnes : 1 boulanger, 2 cabaretiers, 2 épiciers

 

Les métiers de l’habillement comptent 3 couturière ou tailleur, 2 cordonniers, 1 marchand de fil et 1 passementier.

 

Les marchands quincailliers, qui commercialisent la production des serruriers qui travaillent en boutique à leur compte sont 4  et les marchands voyageurs 3.

 

 

Les métiers peu qualifiés emploient 25 personnes

 

Ce sont essentiellement des domestiques.

 

Les fonctionnaires sont au  nombre de 6

3 soldats, 1 instituteur, 1 garde champêtre et 1 cantonnier.

 

Les Indépendants sont très peu nombreux :

2 voituriers et 3 meuniers.

 

 

Les femmes actives représentent  50  % de la population féminine totale.

 

Le plus jeune enfant au travail est une fileuse de 9 ans ! Mais une autre fille de 12 ans est fileuse et un garçon du même âge est serrurier.

Les plus jeunes enfants au travail sont majoritairement serruriers.

 

 

Synthese

 

Le village de WOINCOURT est encore différent des 4 autres villages étudiés. Si la population agricole est peu importante comme à BETHENCOURT SUR MER, sa population artisanale est majoritairement orientée vers le tissage et la filature. Les serruriers n’y occupent pas la place importante de ceux de BETHENCOURT SUR MER et TULLY.

Les manufactures de serrureries sont inexistantes puisque seuls des marchands quincailliers s’occupent de commercialiser la fabrication des petits artisans locaux.

Les femmes et les très jeunes enfants sont au travail car il est probable que les revenus agricoles ne suffisaient pas à nourrir les familles.

 

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Carte Postale de la Rue de la Gare

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                       WOINCOURT-Rue-de-la-Gare.gif

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ANALYSE DU RECENSEMENT DE WOINCOURT EN 1851

 

 

Les personnages importants du village

 

Le Maire n’est plus nommé.

Le curé s’appelle toujours COTTU François, il a 55 ans

 

Le garde champêtre c’est toujours CARON Jean Louis, il a 62 ans maintenant

 

L’instituteur, c’est DUBOIS Prudent âgé de 46 ans

 

Il n’y a plus que deux meuniers (probablement à blé) :

LAINE Théophile, 46 ans

HURTEVENT Onufre, 26 ans

 

 

Répartition de la population

 

Le nombre d’hommes de + de 21 ans est de : 227

Le nombre de femmes de + de 21 ans est de : 213

Le nombre d’enfants de – de 21 ans est de : 295

Il y a donc : 735 habitants dans la commune, soit 15 habitants de plus qu’en 1836 ce qui est insignifiant.

 

L’âge moyen de la population est d’environ 30 ans.

 

Il y a environ 4 personnes par foyers au nombre de 187.

 

26 femmes sont chefs de ménage      

 

 

 

Le plus vieil habitant, s’appelle OZENNE Valentin, il a 86 ans ;

 

La plus vieille habitante, c’est FAVIER Catherine, elle a 86 ans également ;

 

La plus jeune a 15 jours, c’est CHIVOT Armantine.

 

 

Métiers

 

Il y a 6 propriétaires et 4 rentiers dans la commune.

 

Secteur agricole : 41 personnes, soit 9,3 % de la population active

 

Ils sont partagés entre les cultivateurs, 22 et les manouvriers, 15. Il y a également 2 bergers, 1 marchand de lin et 1 marchand de chevaux.

 

Secteur artisanal : 335 personnes, soit 76,4 % de la population active

 

 

Il y a 4 artisans du bâtiment : 1 couvreur, 1 maçon, toujours 1 charpentier et 1 menuisier

 

Les tisserands ne sont plus que 5, mais il y a 165 fileuses !

 

Les métiers qui emploient le fer occupent également un grand nombre de personnes : 148 serruriers qui à eux seuls représentent

33 % de la population active. Les fabricants ou marchands de serrures sont 3.

On compte aussi 3 maréchaux ferrant, 1 tonnelier, 2 charrons et 1 coquetier.

 

Parmi les artisans qui ne font pas partie des 3 catégories ci-dessus, on note 2 ramoneurs, 1 passementier et 3 autres artisans.

 

Secteur commerçant : 34 personnes, soit 7,7 % de la population active

 

 

Les métiers de bouche représentent 21 personnes :

5 cafetiers

5 épiciers

9 boulangers

2 bouchers.

 

Les métiers de l’habillement occupent 12 personnes :

5 tailleurs d’habits

1 couturière

1 blanchisseuse

3 cordonniers

1 marchand de casquettes

1 chiffonnier

 

Parmi les autres commerçants, on remarque 2 dépositaires.

 

Les métiers peu qualifiés occupent 18 personnes, soit 4 % de la population active

 

Ce sont des domestiques ou des ouvriers.

 

Les fonctionnaires sont 2 : l’instituteur et le garde champêtre.

 

Les indépendants sont 8 dont 6 voituriers. Est-ce la présence de la route principale qui relie la ville d’EU à ABBEVILLE ?

Et seulement maintenant 2 meuniers.

 

Les femmes actives représentent  74 % de la population féminine totale.

 

Le plus jeune enfant au travail a 12 ans, il est serrurier.

2 enfants de 13 ans sont aussi au travail, le garçon est domestique, la fille fileuse.

4 enfants de 14 ans sont fileuses ou serruriers, ce qui correspond aux deux activités principales de la commune.

 

 

SYNTHESE

 

Le nombre d’habitants de la commune est pratiquement inchangé depuis 1836. Celle-ci comporte moins d’enfants et donc vieillit.

Si la population agricole régresse quelque peu, celle des artisans progresse. Le métier de fileuse progresse et occupe 55 femmes de plus qu’en 1836. Celles-ci sont aux ¾ répertoriées comme fileuses. Cet appoint de revenu était probablement indispensable à la subsistance des familles.

 

Les métiers de bouche prennent de l’importance avec la demande des habitants. Les domestiques et les ouvriers sont de moins en nombreux, ce qui indique que la population se forme à de vrais métiers.

La structure de la population reste la même qu’en 1836 : ce village est encore essentiellement tourné vers la filature et non encore vers la serrurerie. Une seule famille de fabricant : les GAUTHIER.

 

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Carte Postale de la rue de la Place

 

                  WOINCOURT-Rue-de-la-Place.gif

 

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GLANAGE

 

Le 31 août 1853, la commune de WOINCOURT réglemente le « glanage ».

 

Art. 1

Le glanage et le râtelage auront lieu dans les terres non closes après l’entier enlèvement des récoltes, depuis le lever jusqu’au coucher du soleil.

Art. 2

Nul ne pourra glaner ni râteler s’il n’est inscrit sur lune liste dressée par nous et s’il n’est pas porteur d’une carte d’autorisation délivrée par nous

Art. 3

Le départ des glaneurs sera annoncé  au son du tambour ou de la cloche, et ils seront accompagnés et dirigés par le garde champêtre

Art. 4

Il est expressément interdit aux glaneurs et râteleurs de traverser les pièces de terres couvertes de javelles (céréales coupées et non liées) ou dont les fruits sont encore sur pied.

Art. 5

Les pâtres, bergers ne pourront conduire leurs troupeaux sur les terres nouvellement moissonnées que deux jours après l’enlèvement des récoltes.

 

Signé : BEAUVAIS maire

 

DISTILLERIE DE WOINCOURT

 

Après le décès de Philbert BEAUVISAGE le 24 novembre 1862, Madame Veuve BEAUVISAGE-DEBEAURAIN obtient du Tribunal la vente de la Distillerie de WOINCOURT en 3 lots. Elle est en effet tutrice de sa fille Philbertine qui naîtra en juin 1863 et sera la seule héritière de son père.

 

(note : Philbert BEAUVISAGE était fondeur en cuivre à TULLY mais il avait aussi créé une distillerie à WOINCOURT. Voir notre article sur TULLY au 19ème siècle)

 

Mise aux enchères en 1863 au prix de 5.000 Francs

 

1 Bâtiment distribué en 3 pièces servant d’habitation au contremaître surmonté d’un grenier couvert en ardoises ;

 

1 Immeuble édifié en briques et couvert en ardoises à usage de distillerie, hangar et cheminée à vapeur, cour et plant, et une étendue superficielle de 76 ares 51 centiares.

 

Le tout d’un seul ensemble tenant d’un côté à une ruelle qui conduit à la place de WOINCOURT, d’un bout au chemin d’YZENGREMER à WOINCOURT.

 

Matériel :

 

1 générateur en tôle de la force de 30 chevaux, avec accessoires, tuyauterie en cuivre rouge, manomètre, bac en tôle et robinets divers.

1 machine à vapeur verticale parfaitement faite et montée de la force de 8 chevaux avec arbre de transmission, poulies diverses et tuyauterie.

6 grandes cuves en bois pour la fermentation, contenant chacune 115 hl

6 macérateurs en bois avec portes en fonte, contenant chacun 20 hl, servant à extraire le jus de betteraves

2 cuves en bois servant à recevoir le vin et la vinasse

1 laveur de betteraves en bois avec garnitures en fer

1 bac en bois garni de zinc avec robinets, contenant 22 hl pour le 3/6 bon goût (sorte d’alcool)

1 bac en tôle contenant 10 hl et servant pour le 3/6 mauvais goût (autre sorte d’alcool).

1 colonne en cuivre jaune et rouge servant à la distillation du 3/6 avec réfrigérant et condensateur en fonte

 

Ces bâtiments appartenaient à M. Philbert BEAUVISAGE qui les avait réalisés avant son mariage avec Mademoiselle DEBEAURAIN.

 Un liquidateur apparaît en la personne du baron Auguste DE FOURMENT  demeurant à CERCAMP (62).

 Il acquiert pour son propre compte l’ensemble des immeubles de la distillerie de WOINCOURT qu’il revend ensuite.

 La maison d’habitation à Louis Joseph BEAURAIN, fondeur à WOINCOURT. Pour 3.500 F

 Le bâtiment à usage de distillerie à Nicolas Constant PAUCHET, serrurier à WOINCOURT pour 2.850 Francs

 Le reste des bâtiments restant à la charge de Monsieur DE FOURMENT (1) pour une valeur de 9.476 Francs.

 

(1)  Selon les informations recueillies sur le Net, Monsieur DE FOURMENT père avait investi dans les sucreries et y avait fait fortune

 

 

 

 

ANALYSE DU RECENSEMENT DE WOINCOURT EN 1872

 

 

Les personnages importants du village

 

 

Le maire c’est MARTEL Henri âgé de 39 ans

 

Le curé s’appelle DELAHAYE Manasses, il a 58 ans

 

Le garde champêtre c’est FAUQUET Adolphe, il a 50 ans

 

Il y a maintenant un médecin, c’est  DACQUET Jean Baptiste, 54 ans

 

Les institutrices sont : ST CAVE Marie Louise, 35 ans ;

                                 DEBEAUVAIS Léonie, 31 ans ;

                                    

L’instituteur, DUFETEL Zéphir, a 30 ans.

 

Il y a encore un meunier : LAINE Théophile, âgé de 67 ans.

 

 

Répartition de la population

 

Le nombre d’hommes de + de 21 ans est de : 262

Le nombre de femmes de + de 21 ans est de : 249

Le nombre d’enfants de – de 21 ans est de : 423

Il y a donc 934 habitants dans la commune, soit 199 de plus qu’en 1851, ce qui est une progression considérable.

 

L’âge moyen de la population est d’environ 29 ans, il a baissé.

 

Il y a un peu plus de 4 personnes par foyers au nombre de 227.

 

29 femmes sont chef de ménage.

 

Le plus vieil habitant c’est DEPOILLY Joseph 80 ans

 

La plus vieille habitante, c’est DEPOILLY Scolastique 81 ans, sans lien proche avec le précédent.

 

Les deux plus jeunes habitants : PECQUERY Ernest et BROCQUE Alfréda ont 1 mois.

 

Métiers

 

Il y a 5 propriétaires et 7 rentiers dans la commune.

 

 

Secteur agricole : 74 personnes, soit  16 % de la population active

 

 

Les cultivateurs ne sont plus que 17 mais le nombre de manouvriers/journaliers est passé à 50.

On trouve 1 marchand de moutons, 2 maquignons (marchand de chevaux), 3 bûcherons et 1 berger.

 

Secteur artisanal : 296 personnes, soit 65  % de la population active

 

Les artisans du bâtiment prennent de l’importance, ils sont maintenant 12.

On y trouve 5 maçons, 3 menuisiers, 2 couvreurs, 1 potier et 1 charpentier.

 

Il n’y a plus que 2 tisserands et plus du tout de fileuse.

 

Les métiers qui emploient le fer et les métaux comptent un très grand nombre de personnes : 265 serruriers qui à eux seuls représentent  58 % de la population active.

3 fabricants de serrures sont implantés dans le village.

On compte également 2 maréchaux ferrant, 1 charron, 3 tourneurs, 1 laveur de cuivre et 4 mouleurs et 1 mécanicien.

 

Parmi les autres artisans, on trouve 1 savetier, 1 charretier, 1 taupier.

 

 

Secteur commerçant : 42 personnes, soit  9  % de la population active

 

Les métiers de bouche représentent 18 personnes :

7 cafetiers

6 épiciers

3 boulangers

1 poissonnier

1 charcutier

 

Les métiers de l’habillement occupent 23 personnes :

1 seul tailleur mais 12 couturières

4 blanchisseuses

1 drapier

5 cordonniers

 

1 commerçant ne peut prendre place dans les catégories ci-dessus, c’est le marchand de fer.

 

Les métiers peu qualifiés occupent 29 personnes, soit  6  % de la population active

 

Ce sont des domestiques ou des ouvriers/employés.

 

Les fonctionnaires sont 13 :

1 garde champêtre

3 cantonniers

3 instituteur/trices

Et 6 postiers ou facteurs.

 

Les indépendants sont 4 :

1 médecin

1 accoucheuse

1 postillon

1 meunier.

 

Les femmes actives représentent  33 % de la population féminine totale

 

Des enfants de 12 ans sont déjà au travail : 8 sont serruriers(ères) et 2 filles sont journalières

14 enfants de 13 ans, garçons et filles confondus  sont serruriers(ères), au même âge on rencontre aussi une journalière et une couturière.

 

 

SYNTHESE

 

L’évolution démographique est considérable. Le nombre d’habitants progresse de 200 personnes en 20 ans ! Celle-ci d’ailleurs rajeunit : les enfants sont beaucoup plus nombreux qu’en 1851.

Le secteur artisanal diminue au profit du secteur agricole et commerçant. Mais les serruriers prennent à l’intérieur de cette catégorie une importance croissante. Ils représentent en 1872 plus de la moitié de la population active. Les femmes y sont largement présentes contrairement à d’autres villages. Mais elles sont globalement moins actives qu’en 1851. Les fileuses ne se sont pas toutes reconverties.

Les enfants travaillent toujours très jeunes, comme auparavant.

On peut conclure qu’en 1872 le village de WOINCOURT est largement tourné vers l’activité serrurière, même si les fabricants sont toujours en nombre réduit.  

       

 

 

ANALYSE DU RECENSEMENT DE WOINCOURT EN 1881

 

Les personnages importants du village

 

Le maire n’est plus nommé

Nous ne savons pas non plus qui est garde champêtre.

 

Le curé s’appelle DESGARDIN François, il a 40 ans

 

Il y a toujours un médecin, c’est GROGNET Zéphir, 27 ans

 

Les Instituteurs sont : DUFETEL Zéphir, 39 ans et WARGNIER Stéphane, 25 ans

 

Les Institutrices sont : CAVE Marie Louise 45 ans et SPINART Marie, 28 ans

 

Il y a une meunière, c’est LECAT Adélaïde qui a repris l’activité de son mari, Théophile LAINE.

 

Répartition de la population

 

Le nombre d’hommes de + de 21 ans est de : 277

Le nombre de femmes de + de 21 ans est de : 268

Le nombre d’enfants de – de 21 ans est de : 426

Il y a donc 971 habitants dans la commune, progression notable mais moins importante qu’entre les deux recensements précédents.

 

L’âge moyen de la population est inchangé, soit 29 ans.

 

Il y a un peu moins de 4 personnes par foyers qui sont au nombre de 246.

 

34 femmes sont chefs de ménage.

 

 

 

Le plus vieil habitant c’est DUMONT Félix, 86 ans

 

La plus vieille habitante, GUILBAUT Pélagie, 85 ans

 

Le plus jeune a tout juste 16 jours, il s’agit de BOCLET Adrienne.

 

 

Il est à noter que, curieusement, le métier de nombreuses personnes recensées n’a pas été renseigné, ce qui ne permettra pas une analyse très fine des éléments fournis.

 

Métiers

 

C’est ainsi que le nombre de propriétaires n’est pas connu. Il y a par contre 8 rentiers.

 

Secteur agricole : 51 personnes, soit 18,5  % de la population active

 

Les cultivateurs sont au nombre de 21 et les journaliers/manouvriers à peu près autant, soit 25.

Il y a 1 marchand de moutons, 1 maquignon (marchand de chevaux), 2 bûcherons et 1 berger.

 

Secteur artisanal : 122 personnes, soit 44,5  % de la population active

 

Les artisans du bâtiment sont encore un peu plus nombreux qu’en 1872, soit 14 personnes.

Parmi ceux-ci : 7 maçons, 1 charpentier, 3 menuisiers, 3 couvreurs (en chaume et en « dur »).

 

Il n’y a plus ni tisserand ni fileuse.

 

Les métiers qui emploient le fer et les métaux sont en nombre moins important (à relativiser compte tenu des réserves sur la fiabilité du recensement évoquée plus haut).

Il n’y aurait plus que 99 serruriers, soit   36   % de la population active,

4 fabricants de serrures ou marchand de clefs  sont implantés dans le village

On compte également 3 maréchaux-ferrants, 1 charron et 1 charretier.

 

Secteur commerçant : 50 personnes soit 18   % de la population active

 

Les métiers de bouche représentent 23 personnes :

13 épiciers cafetiers

5 boulangers

3 bouchers

1 marchand de farines

1 charcutier

 

Les métiers de l’habillement occupent 25 personnes

14 couturières

2 tailleurs d’habits

1 modiste

2 blanchisseuses

6 cordonniers

 

2 autres commerçants ne peuvent prendre place ci-dessus, ce sont le quincaillier et le marchand de charbon.

 

Les métiers peu qualifiés occupent 31 personnes, soit  11  % de la population active

 

 

Ce sont des domestiques, des ouvriers/employés, auxquels s’ajoutent 1 jardinier et 1 garde moulin.

 

Les fonctionnaires sont 12 :

4 cantonniers

4 instituteurs/trices

4 employés des PTT

 

Les indépendants sont  7

1 médecin

3 « courrier », messager, voiturier

2 commis voyageurs

1 meunière

 

Les femmes actives représentent 19 % de la population féminine totale.

 

2 très jeunes enfants sont au travail : 1 petite fille de 8 ans est serrurière, une autre du même âge est journalière agricole.

2 garçons de 12 ans travaillent, l’un est maçon, l’autre serrurier, puis on trouve 1 cultivatrice de 13 ans, et enfin 1 serrurière et 1 couturière de 14 ans.

 

Compte tenu des nombreux manques contenu dans ce recensement, en particulier sur les métiers exercés par les habitants, il ne nous a pas paru souhaitable de faire la synthèse des  résultats obtenus car ils seraient faussés. Nous le regrettons.

 

Origine géographique de la population.

 

Pour l’essentiel les habitants viennent du Département de la Somme, principalement du Vimeu serrurier. Les départements limitrophes : Seine maritime et Pas de calais sont les plus représentés. Ensuite, vient l’Oise, proche également.

On note également quelques parisiens, essentiellement des enfants en nourrice.

Plus lointains les départements de l’Eure, du Nord et de l’Orne complètent le tableau. Une famille vient du Cantal.

 

En conclusion, nous pouvons dire que la population de WOINCOURT se stabilise en 1881. Le nombre d’habitants croît peu. La structure de la population a peu évolué en 9 ans.

 

Carte postale de WOINCOURT : "Entrée du Village"

 

               

                         WOINCOURT-Entree-du-village.gif

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Analyse du recensement de WOINCOURT en 1906

 

Les personnages importants du village

 

Ni le maire, ni le garde champêtre ne sont nommés.

Le curé c’est toujours DESGARDIN François, il a 65 ans maintenant

 

Il y a toujours le même médecin, GROGNET Zéphir, 52 ans

 

L’instituteur s’appelle GAVOIS Fleury, 25 ans

Les institutrices sont : GUILBAULT Adélaïde, 89 ans

                                    LAVERNOT Constance, 37 ans

                                    HY Hélène, 24 ans

 

Il n’y a plus de meunière

 

Répartition de la population :

 

Le nombre d’hommes de + de 21 ans est de : 281

Le nombre de femmes de + de 21 ans est de : 288

Le nombre d’enfants de – de 21 ans a sérieusement baissé, il est de 355

Il n’y a donc plus que 924 habitants dans la commune, soit 47 de moins qu’en 1881.

 

L’âge moyen de la population s’est élevé : il est de 32 ans

Il n’y a plus que 3,5 personnes par foyers qui sont au nombre de 268.

 

45 femmes sont chefs de ménage.

 

 

Le plus vieil habitant, c’est LOUCHEL François, 82 ans

 

La plus vieille habitante, c’est LECAT Julie, 92 ans

 

Le plus jeune habitant ne peut être déterminé, le recenseur ayant simplement indiqué l’année de naissance des individus.

 

Métiers

 

Les propriétaires sont au nombre de 10. Il n’y a pas un seul rentier

 

Secteur agricole : 82 personnes, soit  20  % de la population active

 

Les cultivateurs sont au  nombre de 29 et les journaliers 45.

Il y a 2 charretiers, 3 bergers, 2 bûcherons et 1 marchand de vaches.

 

Secteur artisanal :  192 personnes, soit  46 % de la population active

 

Les artisans du bâtiment sont toujours plus nombreux, à présent ils sont 24.

Parmi ceux-ci : 6 maçons, 2 menuisiers, 4 charpentiers, 10 briquetiers, 1 peintre et 1 couvreur

 

Les métiers qui travaillent le fer sont largement en tête de cette catégorie : 168 dont

96 serruriers, soit 23  % de la population active. A noter cependant que 24 seulement sont leurs propres patrons.

Il y a un seul marchand de clefs, mais l’employeur principal est l’entreprise BRICARD.

 

Le travail des autres métaux prend beaucoup d’importance :

Les fondeurs sont 35, les tourneurs 12, les forgerons 8, les mécaniciens 9 et on trouve encore quelques autres métiers qui se spécialisent de plus en plus : 3 polisseurs, 2 décolleteurs, 1 déboucheur, 1 charron.

 

Secteur commerçant : 55 personnes, soit 13 % de la population active

 

Les métiers de bouche représentent 31 personnes :

18 cafetiers

7 épiciers

4 boulangers

1 marchand de coquillages

1 brasseur

 

Les métiers de l’habillement occupent 17 personnes :

12 couturières

1 modiste

1 seul cordonnier à présent

1 tailleur d’habits

2 blanchisseuses

 

7 autres commerçants ne peuvent entrer dans les catégories ci-dessus :

1 négociant

1 marchand de charbon

1 quincaillière

1 chiffonnier brocanteur

1 marchande fripière

1 marchand de bois

1 employé de commerce à son compte.

 

Les ouvriers/employés représentent 56 personnes, soit 13 % de la population active

 

20 ouvriers et 13 employés travaillent en manufacture.

Associés à l’activité industrielle sont le camionneur, le voyageur de commerce, les 2 chauffeurs, le directeur et le concierge de l’usine BRICARD.

Les emplois de maison sont représentés par 14 domestiques et 3 jardiniers.

 

Les fonctionnaires sont 24 :

 

Ceux des PTT sont 4

Mais la société des chemins de fer n’occupe pas moins de 14 personnes

Il y a aussi 4 instituteur/trices

1 cantonnier

1  percepteur

 

Les indépendants représentent 6 personnes

1 représentant de commerce

1 médecin

1 messager

2 hôteliers

1 camionneur

 

Les femmes actives représentent 29 % de la population féminine totale

 

 

Le plus jeune enfant au travail est une petite fille de 9 ans, un autre petit garçon de 10 ans travaille comme serrurier à la « boutique » de son père.

3 enfants de 13 ans, 4 de 14 ans et 7 de 15 ans travaillent des les manufactures de serrureries ou les fonderies.

 

Origine géographique de la population

 

L’essentiel de la population vient du Vimeu serrurier, plus largement du département de la Somme.

La seine maritime est le département  le plus représenté avec 22 personnes originaires de cette région. Paris et sa banlieue vient en troisième position avec 12 personnes nées dans cette région.

L’Oise et le Pas de calais représentent à eux deux 11 migrants

Le calvados et le Nord sont également faiblement représentés.

Un étranger habite également la commune : un belge originaire de Liège.

 

Employeurs

 

A cette époque, les déplacements sont plus faciles et les entreprises situées dans plusieurs communes environnantes proposent de nombreux emplois.

Nous en avons relevés quelques unes :

- WOINCOURT : BRICARD

- BETHENCOURT S/MER : BIGNARD, DEBEAURAIN, HAUDIQUER

- TULLY : BUIRET, CAQUERET, HURTEL

- FRIVILLE ESCARBOTIN : BOUTTE, DECAYEUX, DUQUESNOY,  FLEURY, MAQUENNEHEN, MARESCAUX, NORTIER, STACOFF

- YZENGREMER : DEHESDIN

- DARGNIES : ST GERMAIN

 

 

En résumé nous constatons que la population de WOINCOURT en 1906 a diminué par rapport à 1881. Elle vieillit, les femmes y sont plus souvent actives et chefs de famille.

Les manufactures emploient de plus en plus de personnes à diverses tâches, ces manufactures étant situées à l’extérieur de la commune, il est facile de comprendre que les habitants de WOINCOURT s’y établissent pour être à proximité de leur outil de travail.

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GREVE DE WOINCOURT A LA SOCIETE S.I.V. EN JANVIER 1936

 

La société S.I.V fut cédée  en 1970/80 à la société PORCHER. Le site industriel se situait route de DARGNIES à WOINCOURT

 

La Société Industrielle du Vimeu est une société à cette date au capital de 500.000 Francs. Il y a 225 ouvriers. Il s’agit d’une grève perlée dont le nombre d’heures non travaillées s’élève à 10 heures en tout. L’usine n’a jamais fermé. Les causes de la grève résident en la diminution de salaires de tous les ouvriers allant de 5 à 10% .

 

Le 11 janvier 1936

 

A la suite d’un arrangement survenu en décembre 1935 entre Monsieur BARON propriétaire et la Société Industrielle du Vimeu à WOINCOURT et ses ouvriers, il avait été envisagé pour le 15 janvier 1936 une révision des salaires.

Or, les prix concédés pour le travail aux pièces ne conviennent pas aux différentes catégories d’ouvriers de cette usine qui ont été en délégation auprès de Monsieur le Directeur de l’usine.

Dans la soirée, une réunion s’est tenue au Café DUFRIEN où 150 ouvriers étaient présents. Il a été décidé qu’une délégation se rendrait au bureau de l’usine le 14 janvier avec deux représentants de chaque corporation pour discuter du réajustement des salaires. Cette réunion était présidée par Messieurs FLAMENT, VILFROY et DEBURE.

 

Le 14 janvier 1936

 

Les ouvriers acceptent le principe d’une diminution de 10% de salaire mais ne sont pas d’accord avec les administrateurs sur les modalités de cette diminution. Monsieur BARON propriétaire de l’usine, maintient les dispositions prises. Il est tout décidé, en cas de désaccord, à fermer son usine jusqu’au 1er février et  à cette date réembauchera aux prix fixés dès maintenant.

Ce même jour, au café DUFRIEN,  la majorité des 180 ouvriers et quelques chômeurs se sont prononcés pour le déclenchement de la grève. Quelques pères de famille ont tenté de calmer les esprits. Les délégués syndicaux ont à leur tour convenu qu’une grève actuelle aurait des inconvénients et ont appelé à la reprise du travail le 16 janvier.

 

Le 17 janvier 1936

 

Une délégation d’ouvriers polisseurs s’est présentée à Monsieur FOSSIER, administrateur principal, qui a rejeté les propositions de ces ouvriers.

140 ouvriers se sont réunis à nouveau au café DUFRIEN qui ont décidé à 106 voix contre 16 que, si la baisse des salaires était supérieure à 5%, la grève serait déclenchée.

 

Le 18 janvier 1936

 

C’est l’échec des négociations, chaque partie restant sur ses positions. La grève pourrait être lancée le lundi suivant. A noter que, dans ces pourparlers, les membres du syndicat paraissent être d’accord avec la Direction de l’usine, mais ces accords sont dénoncés par les ouvriers. La baisse, envisagée telle qu’elle est, permettrait aux ouvriers de gagner plus que ceux des autres usines.

 

Le 20 janvier 1936

 

Les ouvriers sont rentrés à l’usine mais n’ont pas travaillé.

A la suite d’une entrevue entre Messieurs FOSSIER et BARON, administrateurs de l’usine, Monsieur DEBURE et LELONG membres du syndicat et après compte-rendu de ces pourparlers, les ouvriers ont repris le travail à 10 h du matin. Ils acceptent les nouveaux salaires arrêtés par la Direction de l’établissement.

 

 

  

 

 

 

 

 

  

 

 

Sources :

Recensements de Population

Rapports de gendarmerie série 99 M aux Archives départementales d'AMIENS

Notaire MANCHELIN de FRIAUCOURT aux A.D. d'AMIENS (vente de la distillerie)

Dictionnaire topographique GARNIER.

Bénéfice de l’église d’AMIENS tome II

Florentin LEFILS

Prarond : histoire d’AULT et de ses environs

Déclaration des feux de 1469

Gentilhommières en Picardie (Ponthieu et Vimeu ) de Philippe SEYDOUX

Délibérations communales série O aux A.D. D'AMIENS

 

 

 

      


Date de création : 08/05/2010 @ 18:29
Dernière modification : 12/05/2019 @ 17:17
Catégorie : Histoire locale 05
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