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FRESSENNEVILLE 21 avril et 3 mai 1906

LES EVENEMENTS DE FRESSENNEVILLE EN 1906

D’APRES LE JOURNAL « L’ABBEVILLOIS »

 

 

NUMERO DU 21 AVRIL 1906

 

 

A FRESSENNEVILLE

 

C’est le calme absolu qui règne maintenant à FRESSENNEVILLE.

Parmi les ouvriers sans travail de la manufacture RIQUIER, un certain nombre – nombre assez restreint – a pu se faire embaucher dans les usines de la région. D’autres s’occupent à des travaux agricoles. Mais la plupart, malheureusement, ne savent que devenir.

Les agitateurs n’avaient rien à perdre dans la bagarre. Ce sont les ouvriers qui demeurent les seules victimes.

 

Nous trouvons à ce propos un article fort intéressant dans un journal qui n’a jamais passé pour soutenir les intérêts patronaux : l’Intransigeant.

Voici cet article :

 

 

Le mauvais réveil

 

On a brûlé le château RIQUIER à FRESSENNEVILLE.

 

Les propriétaires ont dit aux grévistes : «  Très bien. Nous vous croyions nos amis. Nous nous efforcions de vous traiter avec équité et philanthropie. Vous étiez payés à des salaires meilleurs que partout ailleurs. Et cependant pour un de vos camarades renvoyé, vous n’avez pas hésité à piller notre maison. Vous avez saccagé nos souvenirs de famille. Vous avez pris le portrait de notre père et vous lui avez crevé les yeux. Il y avait aussi les portraits de nos enfants. Et vous avez fait le simulacre de leur couper le cou. Qu’avions-nous fait pour mériter tant de haine ?

 

Puisqu’il en est ainsi, nous ne rouvrirons pas l’usine. Nous ne reprendrons pas avec vous des rapports sans sécurité. Nous aimons mieux pâtir nous-mêmes dans nos intérêts immédiats plutôt que d’avoir à traiter avec des ouvriers pour qui nous sommes des exploiteurs et qui n’attendront que la prochaine occasion de recommencer. »

 

 

 

 

fressenneville la mare.bmp

 

 

 

Et de fait, les frères RIQUIER ont agit comme ils l’ont dit. L’usine ne s’est pas rouverte. Elle donnait à vivre à 700 ouvriers, 150 environ ont trouvé du travail ailleurs, il en reste 600 qui demeurent les bras croisés et pour qui la question se pose de savoir s’ils mangeront demain.

 

Voilà, en fin de compte, la question que soulèvent les conflits entre le capital et le travail.

 

Les exaltés du syndicalisme, les chefs de la Confédération Générale qui, se moquent pas mal des ventres creux, répondent : « Eh bien si tel patron refuse de se plier devant la grève ou l’action directe, nous l’exproprierons de ses droits. Nous socialiserons les moyens de travail. Et ainsi tout le monde pourra travailler ».

 

 

Belles phrases creuses ? J’attends l’acte décisif qui établira que les frères RIQUIER, ayant commis le crime de fermer leurs usines, ont cessé d’en être les maîtres, et qui les rouvrant de force, y installera, sous la direction du citoyen GRIFFUELHES par exemple, une exploitation communiste à bénéfices également partagés.

En attendant ce jour qui ne viendra guère avant unpetit siècle, il y a six cents familles, qui, pour s’être laissées entraîner par une poignée d’anarchistes, meurent de faim faute de travail.

 

(fin de l’article de l’Instransigeant)

 

 

 

 

NUMERO DU 3 MAI 1906

 

 

Le Premier Mai

 

Une tentative criminelle a été commise sur la ligne d’ABBEVILLE au TREPORT.

Près de la station de WOINCOURT, des manifestants ont pris de grosses pierres qui devaient servir à la réfection du parapet du pont d’YZENGREMER et les ont placées sur la voie.

Fort heureusement, le mécanicien du premier train qui vint à passer aperçut l’obstacle.

Il stoppa aussitôt et, avec l’aide du chauffeur, il déblaya la voie.

Depuis lors, les trains suivirent normalement leur marche, mais les troupes furent établies le long de la voie pour la protéger.

 

A ABBEVILLE, le pont de la ligne de BOULOGNE sur la Somme et gardé militairement et la circulation sur la passerelle est interdite au public.

Les esprits sont toujours très excités et de nouveaux renforts de troupes ont été demandés.

Contrairement aux prévisions,rien ne s’est produit à AULT où les manifestants ne se sont pas présentés.

 

A huit heures du soir, des groupes amoncelèrent des bottes de joncs marins et placèrent un barrage en bois sur la route et sur la voie ferrée des tramways entre FRIVILLE-ESCARBOTIN et FRESSENNEVILLE.

Des patrouilles de gendarmes enlevèrent ces barricades avant tout accident.

 

 

 

Le brigadier fourrier ASTRUC, du 2ème hussards en patrouille, vers 9 heures du soir, sur la place publique, a reçu d’un manifestant un violent coup de bâton au-dessus de l’œil gauche.

Son état a nécessité son transport à l’hôpital d’ABBEVILLE.

La soirée a été assez mouvementée. L’arrêté municipal sur la fermeture des cabarets a été strictement observé.

 

Dans la nuit, desindividus, inconnus jusqu’alors, ont occupé, en plusieurs endroits, les fils de lignes téléphoniques privées et les fils des deux lignes ESCARBOTIN-AULT et ESCARBOTIN-TULLY.

 

Mardi soir, le train qui passe à neuf heures et demie à WOINCOURT, a été assailli, du haut du pont d’YZENGREMER, par une grêle de pierres que lançaient des groupes stationnant sur le pont.

 

 

A ABBEVILLE

 

Quelques syndiqués se sont réunis mardi soir à la Maison du Peuple, à l’étage au-dessus de la Coopérative l’OUVRIERE, boulevard de la République.

On a manifesté jusqu’à une heure avancée en chantant l’Internationale, la Carmagnole et autres chants révolutionnaires.

 

 

 

Le 2 mai

 

Si la soirée du 1er mai a été relativement peu troublée dans le VIMEU le mouvement qu’on redoutait s’est produit le lendemain.

 

Toutes les usines avaient ouvert leurs portes mercredi matin. On a travaillé comme à l’ordinaire jusqu’à 6 heures : le moment fatal où les huit heures de travail étaient accomplies.

Dans trois usines, celles de M. ACCOULON, NIEBLING et MARESCAUX, les ouvriers ont quitté les ateliers.

 

Ils se sont aussitôt rassemblés et se sont dirigés vers les autres manufactures, chez MM. IMBERT, FLEURY et DECAYEUX.

 

Malgré la rapidité du mouvement, on eut le temps de fermer les portes de ces usines et le débauchage ne peut avoir lieu.

 

Une réunion fut ensuite organisée sous la présidence du citoyen MOREL qui a prononcé un violent discours et excité les ouvriers à la résistance.

A la suite de la tentative de débauchage, quelques incidents se sont produits car la gendarmerie opère deux arrestations, celles de B…….. père et fils.

 

De nouvelles troupes ont été demandées.

Hier sont arrivés dans le VIMEU : un escadron d’artillerie de la FERE, une compagnie d’infanterie de PERONNE, un escadron de hussards de SENLIS.

A sept heures du soir, un détachement de la garnison d’ABBEVILLE, est parti pour FRIVILLE ESCARBOTIN.

 

 

A FRESSENNEVILLE

 

En dépit des bruits de troubles qu’on a fait courir, tout est calme à FRESSENNEVILLE.

Le citoyen MOREL a fait une conférence hier soir en faveur de la journée de 8 heures.

Les ouvriers réduits au chômage ne sont pas enthousiasmés et certains n’ont pas hésité à déclarer :

 

«  Nous préconiser la journée de huit heures, c’est une ironie, quand nous n’avons même pas une heure de travail ! Nous préférerions faire 10 heures au lieu de ne rien faire ! »

 

 

A ESCARBOTIN

 

 

Friville Escarbotin, midi,

 

A la réunion tenue hier soir, les ouvriers des usines ACOULON, NIEBLING, et MARESCAUX décidèrent de reprendre le travail aujourd’hui mais en ne faisant que 8 heures.

 

Ce matin, les portes de l’usine MARESCAUX étaient ouvertes ; les ouvriers entrèrent et se mirent au travail sans incident.

 

M .NIEBLING, lui, était parti, et son usine était fermée. Les ouvriers durent donc chômer sans pouvoir engager de pourparlers. Chez M. NIEBLING un différend concernant les salaires s’ajoute à la question de la journée de 8 heures.

On espère que M. NIEBLING reviendra bientôt et qu’un accord se fera.

 

A la fabrique de M. ACOULON, les ouvriers trouvèrent les portes closes.

Mais M. ACOULON était présent et il demande aux ouvriers quelles étaient leurs intentions.

 

-Nous venons pour travailler lui fut-il répondu.

 

-Entendons-nous, reprit M .ACOULON, venez-vous pour faire une journée de 8 heures ou de 10 heures ?

 

-8 heures

 

-En ce cas, vous pouvez vous retirer. Je n’accepte pas.

 

 

Les ouvriers tinrent alors une réunion très orageuse à la suite de laquelle ils vinrent faire leur soumission auprès de M. ACOULON.

 

Non seulement, ils acceptent la journée de 10 heures, mais encore ils se sont engagés par écrit à ne plus réclamer la journée de 8 heures tant que la Chambre n’aura pas fixé ce point par la Loi .

 

 


Date de création : 08/07/2007 @ 16:40
Dernière modification : 04/06/2009 @ 17:18
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