* *
* *
genealogie

CONSCRITS SERRURIERS

DIVERS DOCUMENTS

RECENSEMENTS

Histoire locale

Géographie 01

Histoire locale 01

Histoire locale 02

Histoire locale 03

Histoire locale 04

Histoire locale 05

Histoire locale 06

Histoire locale 07

Histoire locale 08

Histoire locale 09

Histoire locale 10

Histoire locale 11

Histoire locale 12

Recherche



Webmaster - Infos
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Préférences

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre code secret


 Nombre de membres 10 membres


Connectés :

( personne )
Histoire locale 11 - LE LINGE DE MAISON

                                                        LE LINGE DE MAISON

.

Le trousseau

 

Le mot trousseau vient de trousser, qui signifie « mettre en paquets ». Le trousseau est formé, d’une part, par les effets personnels de la jeune fille et, d’autre part, par ce qu’on appelle le linge de maison : pour l’essentiel, les nappes, les draps, les serviettes et les torchons  auxquels peuvent s’ajouter les matelas, les couvertures, les rideaux et parfois le coffre ou l’armoire où il sera rangé.

Soigneusement plié dans une armoire, il reflétait la richesse de la famille. Aujourd’hui, nous jetons sans état d’âme un drap défraichi alors qu’autrefois, il était soigneusement reprisé pour servir le plus longtemps possible.

Le trousseau d’antan était tout un symbole : La jeune fille l’apportait en dot pour son mariage et avait passé des années à le confectionner. Il était brodé, chiffré et impeccablement entretenu pour durer toute une vie. Ma grand’mère avait un trousseau d’un « cent » de tout : draps, torchons, nappes etc…Les lessives n’ayant lieu que deux ou trois fois par an à la belle saison, il fallait tenir avec du linge propre entre quatre et six mois.(voir notre article sur la lessive)

Au 18ème siècle, chaque famille cultive un champ de chanvre ou de lin adaptés à ses besoins. Elle récolte la fibre, la file et parfois la tisse. Si la famille ne possède pas son propre champ, elle achète ses toiles sur les marchés ou à  des colporteurs.(voir notre article sur le tisserand)

La préparation du trousseau d’une fillette commence juste après sa communion et s’étale sur une dizaine d’années. Elle découpe les draps dans les grands métrages de toile, puis fait les ourlets, broderies et brode ses initiales, appelées son monogramme.

 

Un monogramme (collection personnelle)

.

                                      .LINGE DE MAISON Monogramme.jpg

 

.

Si elle est plus fortunée, la famille fait confectionner le trousseau par des spécialistes en matière de travaux d’aiguilles, souvent des religieuses.

Le trousseau reste toute sa vie la propriété de la femme mariée. En cas de divorce ou de veuvage, elle le récupère intégralement. Son contenu est surtout utilisé à l’occasion de fêtes ; pour le quotidien l’épouse se sert en règle générale de ce qui reste des trousseaux de sa mère ou belle-mère.

Au moyen âge, les premiers trousseaux sont confectionnés dans de grosses toiles de chanvres ou de lin blanc. A partir du 18ème siècle apparaissent les toiles de lin plus fines et plus douces, bientôt suivies par les toiles de coton.

 

La broderie

 

Dans les familles, les broderies se font sur un cadre . Après avoir tendu le fil comme sur un métier à tisser, la brodeuse, reproduisait scrupuleusement le modèle qu’elle avait choisi.

 

Cadre à broder (collection personnelle)

.

                               LINGE DE MAISON Cadre broderie.jpg

 

 

 .

Et le modèle (collection personnelle)

.

                                 LINGE DE MAISON Modele  broderie.jpg

 

 .

Le point de croix, lui, date de la Renaissance. Son âge d’or se trouve au 19ème siècle. En 1840, il existait paraît- il quatorze mille modèles de point de croix. La jeune fille brode souvent ses initiales ou simplement une initiale sur les draps car au lavoir, tout le linge se mélange et les lessiveuses ne reconnaissent plus les draps de chacune qui sèchent sur l’herbe. Les monogrammes au point de croix sont de couleur rouge dit « rouge du Rhin » indélébile. (explication de ce terme dans la page sur "le tisserand")

Les  broderies sur le linge blanc, comme celles au point de feston sont d’abord dessinées à l’encre sur la toile avec de petites roulettes imprégnées d’encre bleue qui répétaient le motif à l’infini. 

 

Le linge de lit

 

Les inventaires du moyen âge font état de « linceuls » un terme qui désigne les draps en général et aura cours jusqu’au 17ème siècle. Ils sont souvent confectionnés en chanvre mais aussi en toile de lin ou métis (lin et chanvre) .La toile d’étoupe, plus fruste, est destinée aux foyers modestes. Sur le lit on dépose un « travers-lit » ou traversin et, par-dessus, un « chevet » qui prendra le nom d’oreiller. A la toute fin du moyen âge, l’intimité étant recherchée, la chambre devient une pièce à part, quand les revenus de la famille le permettent. Les draps se font de plus en plus raffinés : toile fine, sans couture médiane (1) avec dentelle et broderies. Au début du 20ème siècle un riche trousseau doit comporter une centaine de draps de maître et une cinquantaine de draps pour les domestiques. C’est aussi à cette époque que la toile de couleur se glisse en douceur dans le trousseau, avec des tons ivoire, saumon, lavande….

 

(1)  La couture médiane était une nécessité eu égard aux dimensions des toiles tissées, il fallait deux « hauteurs » pour confectionner un drap complet. De même lorsque le drap d’un seul tenant était usé au centre, on le coupait au milieu pour coudre les bords ensemble, ce qui permettait de le réutiliser jusqu’à ce qu’il cède à nouveau. Alors, souvent il était transformé en torchons….  

 

Le linge de table

 

Les nappes damassées apparaissent à la Renaissance. S’il est à ses débuts l’apanage des rois et de l’aristocratie, il se développe rapidement dans toutes les couches aisées de la société. Les motifs sont des fleurs, des feuillages et des figures géométriques. Au 16ème siècle le damas est fabriqué en Flandre réputé pour sa culture du lin.

La serviette date de l’époque d’Henri II qui l’utilisait pour éviter de tâcher la « fraise » grand col de dentelle qu’il porte autour du cou. Il noue donc une grande serviette autour de son cou qui protège aussi son torse et ses genoux. Les serviettes sont elles aussi damassées. Les monogrammes des nappes sont en général placés au centre de la nappe. Ceux des serviettes sont assortis à ceux de la nappe et placés au centre de la pièce de tissu (le pliage s’effectue en conséquence)

Il n’est pas rare à la fin du 19ème siècle de trouver 24 à 36 serviettes pour une seule nappe car il fallait pouvoir en changer au cours du repas !

Dans la seconde partie du 19ème siècle, la société française, prise d’anglomanie, se met à consommer du thé. Les dames de la bourgeoisie reçoivent l’après- midi. Le service à thé se compose d’une petite nappe carrée à poser sur une table volante de six ou douze serviettes assorties. Elles sont en lin très fin. Sur les petites serviettes à thé, le monogramme vient sur un angle ce qui permet un pliage en carré ou en rectangle.

Après la seconde guerre mondiale, les serviettes se font plus petites et  on les trouve aujourd’hui même en papier.

 

Les napperons

 

Les napperons apparaissent vers le 15ème ou le 16ème siècle et se multiplient dans la seconde partie du 19ème. On les met pour protéger les meubles, sous un vase ou sous des bouteilles, au fond des corbeilles à pain ou des assiettes à biscuits.

Il y a aussi un autre type de broderie, celle que l’on confectionne sur les napperons. Sur un morceau de papier épais, des bords de toiles fines sont cousus. La brodeuse les remplit selon le dessin choisi, soit avec de la dentelle, soit avec de la toile fine. 

Napperon en cours de confection (collection personnelle)

.

                           LINGE DE MAISON Confection napperon.jpg

 

 .

 

Torchons

Ils sont le plus souvent confectionnés dans des toiles de chanvre, de lin ou de coton. Certains proviennent de vieux draps réutilisés (voir plus haut). Ils ont chacun leur rôle : torchons pour essuyer les verres, ou les aliments, essuie mains etc… chacun a une destination et est donc confectionné dans une matière spécifique.

Une fois lavés, ils sont repassés et pliés en 3 dans le sens de la longueur puis à nouveau en 3 dans le sens de la largeur. Il n’est pas question de jeter un torchon troué. Il est d’abord reprisé avant de finir ses jours en « charpie » pour faire des pansements.

Sur les torchons le monogramme est marqué de simples initiales au point de croix en rouge.

 

Les mouchoirs

 

Le mouchoir se démocratise en France à partir du 16ème siècle sous la forme d’un morceau de tissu que l’on désigne sous le nom de pleuroir. Jusqu’au 18ème, le mouchoir est rond, rectangulaire ou triangulaire. Louis XIV est le premier à posséder une collection de mouchoirs carrés.

Ils sont chiffrés, brodés de blanc ou de fils d’or et d’argent. Les monogrammes des mouchoirs s’exécutent dans un angle et font environ 12 mm de hauteur

 Dans un trousseau, on peut en compter jusqu’à six douzaines.

Mouchoir brodé (collection personnelle)

.

                              LINGE DE MAISON Mouchoir.jpg

 

La toile à matelas

 

Elle est en rayures rouge, bleu, blanc sur fond écru ou gris. Remplis d’avoine, de paille ou de varech selon leur région d’origine,(le varech avait la réputation de renforcer les défenses immunitaires des enfants.)  Les premiers matelas sont posés sur des fonds de lit constitués de simples planches de bois.

Dès le 17ème siècle, on voit des matelassiers passer de maison en maison pour rénover les matelas, alors remplis de crin, de bourre ou de laine. Ils cardent la laine, l’aèrent, changent la toile, remplissent le matelas, cousent les bourrelets et capitonnent le tout.

 

Source : Dans les armoires de nos grands-mères d’Inès HEUGEL et Christian

              SARRAMON

             Souvenirs de ma grand’mère

             

         

           


Date de création : 17/09/2012 @ 17:02
Dernière modification : 20/09/2012 @ 10:32
Catégorie : Histoire locale 11
Page lue 1 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article

^ Haut ^