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Histoire locale 12 - METIER : L'OUVRIER SERRURIER

                                                                                 L'OUVRIER SERRURIER

 

Note du webmestre : Cet article, qui s’appuie presque exclusivement sur un document du musée social daté de 1907, n’a pas la prétention d’être une vision absolument exacte de la vie du monde de la serrurerie au début du 20ème siècle mais en donne un certain éclairage.

 

Salaires :

 

Voici par catégories, combien gagnent les ouvriers serruriers vers 1900.

 

Montage des cadenas :                 Hommes : 25 à 30 F/semaine

                                                     Femmes  : 10 à 12 F/semaine

Serrures :                                                       21 à 30 F/semaine

Coffrets :                                                       28 à 32 F/semaine

Polisseurs ou meuleurs :                               25 à 40 F/semaine

Préparation (sur machine) :        Hommes : 20 à 22 F/semaine

                                                    Femmes : 12 à 17 F/semaine

Mouleurs :                                                   30 à 40 F/semaine

Tourneurs en cuivre :                                  25 à 30 F/semaine

Outilleurs (confectionne les outils) :          25 à 36 F/semaine

Ouvriers paqueteurs(euses) :                     1,50 à 2 F/jour

Employés :                                                1.000 F à 1.200 F/an

 

Les employés sont ceux qui, dans l’usine, sont chargés de la manutention, et ne travaillent pas aux machines.

 

Le montage des serrures ordinaires se paie, suivant l’importance et la précision des serrures, de 0,20 à 0,55 F pièce ; le montage des serrures de sûreté de 0,30 à 1 F 50 pièce.

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                                                    Carte postale de la société DEBEAURAIN au début du 20ème siècle 

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                                               OUVRIER SERRURIER Usine G. DEBEAURAIN.gif

 

 

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La vie quotidienne

 

Les prix des loyers et des vivres n’est pas très élevé, d’autant que la plus grande partie des habitants de ces villages aussi agricoles qu’industriels élèvent du bétail, font un peu de jardinage et ont des basses-cours.

 

Les denrées suivantes se paient pour un kilo :

Porc : 1,80 F à 2 F

Bœuf : 2 F

Pain : 0,30 F (se vend par 4 kilos)

Beurre : 2,50 F à 3 F

Sucre : 0,70 F

Café : 2,80 F

 

Pour un litre :

Cidre : 0,15 F

Lait : 0,15 F

L’eau de vie : 1,60 F à 1,75 F le litre

 

Les 100 œufs se paient 7 à 15 F

 

Les loyers d’une maison s’élèvent à 2 F ou 2,50 F la semaine.

Mais de nombreux jeunes ouvriers prennent pension dans des familles alors qu’ils sont du pays. De cette façon, ils ne sont pas obligés de justifier de leur paie à leurs parents. Ces pensionnaires paient environ 12 F par semaine pour leur nourriture et leur logement.

 

 

La consommation d’alcool

 

L’arrondissement d’ABBEVILLE  compte 156 communes à l’époque et 126.558 habitants. Il y est consommé des quantités importantes d’alcool (eau-de vie, absinthe et liqueurs : cognac, kirsch, rhum).

 

En 1895 :         3.103.800 Litres

En 1896 :         3.199.200 Litres

En 1897 :         3.298.500 Litres

En 1898 :         3.375.800 Litres

En 1899 :         3.506.300 Litres

 

La population n’ayant guère varié durant ces 5 années, on peut en déduire  que la consommation augmentait….

 

Selon les statistiques des recensements de population, la population féminine et les enfants en dessous de 16 ans représente les 2/3 de la population totale de l’arrondissement. Mais même en admettant que les hommes représentent la moitié de celle-ci, il faut admettre que la consommation par tête masculine s’élève à 55 litres. Dans certaines communes même, cette consommation  s’élèverait de 75 à 100 litres par habitant mâle !

 

Dans la commune de TULLY, cette consommation est de 72 litres, à ESCARBOTIN, 100 litres (plus de 2 litres d’alcool par semaine).

Pour l’année 1899 entière, la consommation représentait 140.025.200 de petits verres et 5.259.450 Francs de prélèvement sur les salaires ouvriers en comptant l’alcool au prix le plus bas. Sur cette somme l’Etat, d’ailleurs prélevait un droit de régie d’environ 40% .

 

Lorsqu’un enfant pleure, les femmes trempent un coin de leur tablier dans l’eau-de-vie et le mettent aux lèvres du petit. L’alcool est utilisé comme médicament pour calmer la douleur (douleurs dentaires par exemple).

 

Le crédit

 

Il fait partie du mode de vie de l’ouvrier. Dans certaines communes, les oppositions sur salaires sont courantes. Certains auraient 10, 15 oppositions sur salaires voire plus.

 

L’organisation syndicale

 

C’est le sieur BOURCHET (de Lyon) secrétaire général de la Fédération du cuivre qui a créé l’organisation syndicale du Vimeu.

Les ouvriers en cuivre du Lyonnais, mécontents de la concurrence que leur faisait le Vimeu, grâce aux salaires plus bas et à l’organisation du travail à domicile, désiraient faire relever les salaires de ceux-ci pour limiter la concurrence. Au dé but du 20ème siècle, le Vimeu se spécialisait de plus en plus dans la robinetterie et les appareils à gaz,  tout en cuivre.

 

Monsieur BRAUN, représentant de la Fédération des métallurgistes à PARIS, vint également pour essayer de syndiquer les ouvriers métallurgistes de la région (décolleteurs et travailleurs en fonte).

 

Néanmoins, ce sont des anarchistes, originaires du Vimeu et expulsés de la capitale pour des faits tels que des complots, attentats, qui furent les plus habiles à convaincre.

N’ayant pas trouvé à se faire embaucher par les industriels, ils s’étaient transformés en colporteurs, traînant avec leurs marchandises diverses, des tracts de propagande. Ils organisaient également des réunions le soir où chacun s’exerçait à la prise de parole et aux joutes oratoires, toujours dans le but de prôner les thèses anarchistes.

C’est ainsi que le Vimeu devint peu à peu révolutionnaire.

Le chef du parti anarchiste était M. OUIN, qui fut célèbre à PARIS pour l’organisation des soupes révolutionnaires. Le fondateur du syndicat du Vimeu dont le siège était à ESCARBOTIN s’appelait COLOMBEL.

 

La répartition des tâches dans la fabrication de la serrurerie entre ouvriers d’usine et ouvriers à domicile ne facilita pas l’implantation syndicale. Trois quarts des ouvriers employés par une usine en ce début du 20ème siècle travaillent à domicile .Les ouvriers d’usine qui peuvent produire un grand nombre de pièces sont beaucoup mieux payés que les ouvriers à domicile. Ces derniers : limeurs, ajusteurs se font le plus souvent aider par leurs femmes et leurs enfants. Les ouvriers qui travaillent en usine n’ont qu’une peur, celle de se faire licencier et employer comme ouvrier à domicile, c’est pourquoi ils se syndiquent peu.

 

Néanmoins le syndicat du Vimeu prit une certaine importance vers le printemps 1906. Celui-ci organisa les émeutes à BETHENCOURT SUR MER et FRESSENNEVILLE durant le premier semestre 1906 (voir à ce sujet notre article sur les évènements de Fressenneville).

 

 

 

Source : LE MUSEE SOCIAL Année 1907. « Mémoires et Documents ».


Date de création : 24/09/2015 @ 18:48
Dernière modification : 25/09/2015 @ 09:45
Catégorie : Histoire locale 12
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