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Histoire locale 05 - HISTOIRE D'YZENGREMER

                                                              HISTOIRE D’YZENGREMER

 

 DU RIFFIFI CHEZ LES CHATELAINS D’YZENGREMER

 

Auguste de BIVILLE fils de Aimé de BIVILLE et Marie Rose DE DAMPIERRE demande au notaire d’AULT d’intercéder auprès de ses parents pour avoir leur accord d’épouser celle qu’il aime. C’est ainsi que :

 

 

 Le 17 février 1831

Pardevant nous Achille HENNEVEU, notaire à la résidence du Bourg d’AULT

Est comparu Monsieur Auguste DE BIVILLE, âgé de 37 ans, chef d’escadron en non activité, demeurant en la commune d’YZENGREMER arrondissement d’ABBEVILLE

Fils de Monsieur Aimé Charles DE BIVILLE et Madame Marie Rose Adélaïde de DAMPIERRE propriétaire, demeurant en la commune d’YZENGREMER.

Monsieur Auguste de BIVILLE étant ce jour en la commune de NIBAS, chez Monsieur DE PONTHIEU, fils son beau- frère.

 

Lequel a fait la demande respectueuse à Monsieur et Madame DE BIVILLE ses père et mère cy-dessus dénommés, d’accorder leur consentement au mariage qu’il a le désir de contracter avec Mademoiselle Marie Joséphine Raphaël Caroline MAYENCE, âgée de 38 ans, demeurant en la commune de VILLIERS ADAM, département de la Seine et Oise, fille de Monsieur Pierre Léonard MAYENCE et Madame Marie Joséphine Raphaël DALIHEN, son épouse, tous deux décédés.

Observant Monsieur DE BIVILLE comparant  que Mademoiselle MAYENCE ne laisse rien à désirer sous le rapport des mœurs, de la naissance et de la fortune.

C’est pourquoi ledit sieur comparant nous a requis de nous transporter à YZENGREMER, au domicile de ses père et mère à l’effet de leur notifier la demande respectueuse que contient le présent acte, conformément à l’article 154 du code civil.

 

Dont acte, fait en la demeure de Monsieur DE PONTHIEU où je me suis transporté, l’an 1831, le 17 février

 

Le 19 février 1831 à onze heures du matin, ledit  Maître HENNEVEU, notaire, obtempérant à la réquisition qui précède, s’est transporté avec 2 témoins en la commune d’YZENGREMER, au domicile de Monsieur Aimé Charles DE BIVILLE, propriétaire et de Madame Marie Rose Adélaïde de DAMPIERRE son épouse.

Ledit HENNEVEU leur notifiant qu’en date du 17 du mois Monsieur Auguste DE BIVILLE, leur fils demande respectueusement leur conseil sur son mariage projeté avec Mademoiselle Marie Joséphine MAYENCE, demeurant à VILLIERS ADAM, de bien vouloir consentir   à ce mariage.

A quoi Monsieur et Madame DE BIVILLE ont répondu qu’ils ne pouvaient accorder leur consentement, et que de signer ont refusé.

 

 

EPILOGUE

 

Auguste DE BIVILLE épousa quand même sa promise puisque en date du 5 mai 1831, à VILLIERS ADAM en Val d’Oise, on trouve un acte de mariage entre Auguste DE BIVILLE et Marie Joséphine MAYENCE, âgée de 45 ans (à noter la différence d’âge déclaré dans l’acte notarié consigné par Maître HENNEVEU) née et domiciliée  à LIEGE, dont les parents sont décédés au jour du mariage. 

Le marié a produit l’acte notarié du notaire (ci-dessus) à la mairie de VILLIERS ADAM, mais celui-ci étant négatif, il a obtenu la permission du ministre secrétaire d’Etat à la Guerre à PARIS  le 18 mars 1831. Ainsi son supérieur hiérarchique a pallié le refus de ses parents !

 

A une date inconnue il perd son épouse et se remariera en 1855 dans le 2ème arrondissement avec Aline DE CARONDELET. Elle-même est veuve. Elle décèdera en janvier 1873 alors qu’ils habitent VERSAILLES. Il reviendra vivre à PARIS où il décèdera rue de BERRI dans le 8ème arrondissement. A cette date il est dit « officier supérieur en retraite ». Son décès est déclaré par ses deux neveux : Charles DE FAUTEREAU, domicilié au château d’YZENGREMER et Marie, Louis, Auguste AMYOT DU MESNIL GAILLARD, son autre neveu domicilié à ANGERVILLE LA MARTEL en Seine Maritime.

 

 

 

ANALYSE DU RECENSEMENT D’ YZENGREMER EN 1836

 

 

Les personnages importants du village

 

Le maire s’appelle : LEGRAND Nicolas, il a 41 ans

Son adjoint : LEPHAY Florent, il a 49 ans

 

Il  n’y a ni curé ni garde champêtre à cette date

 

L’instituteur s’appelle : COUVREUR Charles, il a 68 ans

 

Il y a une famille de meunier :

DUBOIS Manasses, 43 ans

FORESTIER Elisabeth, sa femme, 48 ans

FORESTIER Adolphe, son beau- fils, 25 ans

 

 

Répartition de la population

 

Le nombre d’hommes de + de 21 ans  : 144

Le nombre de femmes de + de 21 ans : 145

Le nombre d’enfants de – de 21 ans : 211

Il y a donc exactement  500 habitants dans la commune

 

L’âge moyen de la population se situe autour de 28,5 ans

 

Il y a environ 4,7 personnes par foyers qui sont au  nombre de 107

 

17   Femmes sont chefs de ménage

 

Le plus vieil habitant c’est DE BIVILLE Aimé, le châtelain d’YZENGREMER : il a 82 ans

La plus vieille habitante c’est PETIT Madeleine, elle a 90 ans

La plus jeune, c’est NORMAND Octavie, elle a 10 jours.

 

 

Les Métiers

Aucun propriétaire recensé, mais 3 rentiers.

 

Secteur agricole : 45 personnes, soit 14 % de la population active

 

Ils sont cultivateurs pour la plupart : 28 personnes, les journaliers ou manouvriers sont au nombre de 12. Il y a aussi 1 berger, 1 porcher, 1 bûcheron, 1 batteur en grange et 1 valet de charrue.

 

 

Secteur artisanal : 219 personnes soit 70 % de la population active.

 

Les métiers du bâtiment représentent 13 personnes : 1 maçon, 3 menuisiers, 1 terrassier, 5 charpentiers, 1 vitrier et 1 couvreur.

 

Les métiers du fer sont  représentés par : 2 marchands serruriers, 76 serruriers, 2 chaudronniers, 1 maréchal, 2 tonneliers et 1 charron

 

Les tisserands sont au nombre de 17 mais les fileuses 105 !  et représentent

 33 % de la population active.

 

 

Secteur commerçant : 18 personnes soit environ 6% de la population active

 

Les métiers de bouche représentent 8 personnes : 3 cabaretiers, 2 bouchers et 3 boulangers

 

Les métiers de l’habillement comptent 7 couturières et 3 cordonniers

 

 

Les métiers peu qualifiés emploient 24 personnes :

 

20 domestiques, 1 ouvrier, 1 batteur en grange et 1 valet de charrue. 1 jardinier. A lui seul le châtelain d’YZENGREMER en emploie 5.

 

Les fonctionnaires sont au nombre de 5

4 soldats ou officier de la garde, 1 instituteur

 

Les indépendants sont représentés par les 3 meuniers et l’arpenteur.

 

Les femmes actives représentent 92 % de la population féminine totale. Elles sont essentiellement fileuses.

Le plus jeune enfant au travail est une petite fille de 10 ans qui est fileuse, les 2 plus jeunes garçons sont des serruriers de 11 ans.

 

 

 

SYNTHESE

 

Le village d’YZENGREMER est un village à prédominance agricole, 45 personnes y sont employées. Le secteur artisanal ne s’est pas encore reconverti vers la serrurerie : il est encore majoritairement représenté par des tisserands et des fileuses.

90 % de femmes sont au travail, ce qui est remarquable ! mais qui révèle sans doute un revenu insuffisant pour la famille au point que presque toutes les femmes sont actives.

 

 

GREVE AUX ETABLISSEMENTS HOLLEVILLE EN FEVRIER 1933

 

Le 12 février 1933 Monsieur HOLLEVILLE a négocié avec ses ouvriers une baisse de leurs salaires. Les ouvriers mouleurs et les polisseurs se sont mis d’accord, seuls les tourneurs (une quinzaine) n’ont pas voulu envoyer de délégation et désiraient tous participer à la discussion. Monsieur HOLLEVILLE s’y est refusé et les a prévenus qu’il leur donnait 15 jours pour que deux de leurs camarades qualifiés s’entendent avec lui, faute de quoi à l’expiration de ces 15 jours, les ouvriers tourneurs seraient congédiés.En réponse à cette menace les ouvriers tourneurs adressent le courrier suivant à leur patron le 16 février 1933.

 

« Lorsque le 10 février dernier, vous décidiez une diminution de salaires de 23 à 25 % pour tout le personnel de votre tournerie, tous sans exception nous refusâmes ces exigences nouvelles. Devant notre attitude votre réponse fut le délai congé pour chacun d’entre nous. Après avoir réfléchi, nous avons décidé de porter à votre connaissance, que nous n’acceptons pas votre délai congé. Si vous persistez à nous faire subir cette diminution nous vous prévenons qu’à partir de lundi prochain nous cessons collectivement le travail. Par ce fait, nous choisissons le rôle qui nous convient le mieux, nous préférons faire la grève qu’attendre d’être chassés de l’usine.

Nous attendons votre réponse pour samedi midi et vous prévenons que quoi qu’il advienne, nous pratiquerons la solidarité qui s’impose vis-à-vis de chacun d’entre nous. En conséquence, pour nous résumer : nous ne reprendrons le travail lundi tous sans exception, que si vous retirez votre diminution de salaires annoncée il y a 8 jours. Nous ne tolèrerons aucun renvoi de qui que ce soit, nous vous assurons en terminant que fort de l’appui d’une grande partie de la classe ouvrière de la région et du Syndicat Ouvrier, nous lutterons pour la défense de notre pain aussi longtemps qu’il le faudra. »

 

Signé : R. SUEUR – P. JOLY – M. DUBOIS – A. WARGNIER – M. VILLIERS – W. ROGER – D. THIEBAULT – L. LEON – L. DEHESDIN – A. VILLIERS – M. LECAT – A. DUMONT

 

 

Le 18 février 1933, le capitaine de gendarmerie d’ABBEVILLE indique au Préfet que les 2/3 des ouvriers de l’usine acceptent la diminution mais qu’1/3 la refuse. Il ajoute que la cuivrerie d’YZENGREMER occupe 45 ouvriers. Ces ouvriers sont payés soit aux pièces (polisseurs, mouleurs), soit à la journée (noyauteurs). Les premiers gagnent environ de 35 à 50 Francs par jour, les seconds de 20 à 30 Francs.

Les diminutions envisagées sont de :

15 % pour  les tourneurs

5 % pour les autres catégories.

A noter que le salaire de tout le personnel a déjà fait l’objet d’une diminution de 5 % il y a 1 an.

La réduction des salaires a été faite déjà dans beaucoup d’usines de la région et a atteint parfois la proportion de 20% pour les ouvriers spécialisés travaillant aux pièces, ce qui n’empêche pas pour ces salariés en effectuant un effort supplémentaire, de percevoir un salaire tout au moins égal à celui qu’ils avaient avant la diminution.

 

Il ajoute :

 

« Les ouvriers attendent le retour du patron pour décider de la grève. Sur les 45 ouvriers, il est probable que les 2/3 environ continueront leur travail quelle que soit la décision du patron, l’autre tiers peut faire grève. Reste à savoir si ces derniers empêcheront les autres de travailler. Je ne crois pas, mais il est nécessaire de le prévoir.

Si la réponse de M. HOLLEVILLE ne donne pas satisfaction aux ouvriers et si les renseignements recueillis dans la journée du 19 font craindre un incident pour l’entrée des ouvriers, je prendrai les mesures suivantes :

L’adjudant- chef de FRIVILLE et 4 gendarmes à YZENGREMER lundi 7 h.

A  Maison Blanche, à 1 kilomètre d’YZENGREMER, je me tiendrai en réserve avec 7 ou 8 hommes.

Je ne crois pas que ce conflit prenne une grande extension, et il est probable que si les ouvriers des communes avoisinantes ne soutiennent pas leurs camarades, tout sera remis dans l’ordre lundi soir ou mardi matin »

 

Le Préfet de la Somme écrit au Ministre du Travail, le 18 février en ces termes :

 

« Monsieur le sous-préfet d’ABBEVILLE surveille de façon toute particulière le mouvement, car BERGER est secondé dans ses efforts par le permanant local unitaire LENGLET, qui, à l’heure actuelle, parcourt la région et redouble d’activité en vue de recruter des  manifestants pour le « Congrès des chômeurs » organisé à PARIS les 2,3 et 4 mars prochains. »

 

EPILOGUE

 

Nous apprenons par le capitaine de gendarmerie dans son courrier du 20 février 1933 au Préfet de la Somme que « la sortie des ouvriers de la cuivrerie HOLLEVILLE à YZENGREMER s’est effectuée aujourd’hui à midi dans le plus grand calme, ainsi d’ailleurs que la rentrée de l’après- midi.

Les ouvriers tourneurs et le patron se sont mis d’accord sur une baisse moyenne de salaires de 5 % sur le travail aux pièces »

 

 


 

 

 

 

Source : Recensement de population de 1836 aux A.D d'AMIENS

              Délibération communale série O aux A.D. d'AMIENS


Date de création : 28/06/2018 @ 17:01
Dernière modification : 07/04/2019 @ 19:53
Catégorie : Histoire locale 05
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