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HISTOIRE DE LA SOCIETE DEBEAURAIN

                                              HISTOIRE DE LA SOCIETE DEBEAURAIN : 1840-1990

 

 

 

MODESTE ALEXANDRE CATOIS  (1825-1852)

 

L’artisan  à l’origine de la société DEBEAURAIN s’appelle Modeste Alexandre CATOIS. Il naît le 21juin 1825 à MARTAIGNEVILLE d’un père officier de santé  et d’une mère fileuse de lin. Son père meurt subitement le 12 janvier 1826, à 28 ans sur la route entre SAINT QUENTIN LAMOTTE et BETHENCOURT SUR MER.

Sa mère décède à son tour le 17 mars 1838 à MARTAIGNEVILLE, le laissant orphelin à 13 ans. Son oncle, Modeste Alexandre CATOIS, serrurier à BETHENCOURT SUR MER, le prend en charge et s’occupe de la vente de ses biens :

 

- 1 maison à MARTAIGNEVILLE et

- 2 pièces de terre labourables au même lieu

dont le produit devra être partagé avec son demi-frère né du remariage de sa mère.

 

Avec ce pécule, il créera sa propre société en 1840 (date qui figure sur les catalogues de la Société DEBEAURAIN), il a alors 15 ans et est épaulé par son oncle et tuteur. Il s’installe 25 grande rue à l’emplacement de la Société DEBEAURAIN.

 

En juillet 1846, à 21 ans, il épouse Catherine Virginie BOUTE, originaire de BETHENCOURT SUR MER. Il apporte en dot une somme de 3.000 F comportant des espèces et des outils de serrurerie et une dette de 1.500 F.

 

Il décède 6 ans après, en juillet 1852, à l’âge de 27 ans, presque au même âge que son père et laisse une jeune veuve et une fille née en mars 1850, âgée de 2 ans, Marie Anastasie Angéline.

 

L’inventaire après décès est minutieusement détaillé, il décrit un atelier important avec un stock inimaginable aujourd’hui. Il indique précisément l’activité de cet atelier : la fabrication de cadenas et de serrures en particulier d’armoires ou de malles. Le nombre d’établis évoque un nombre d’ouvriers important à l’époque : 8 personnes sans doute (une par établi).

 

Inventaire :

 

Les outils  se composent d’un soufflet de forge, de balanciers, tours, perceries, bascule à perforer, étaux, tasseaux, enclume, cisaille.

8 établis, 35 marteaux, 156 limes, 12 paires de tenailles, 1 clé anglaise, 2 vilebrequins, 2 meules montées etc…Puis, aussi, 11 quinquets (lampes à huile) et 15 lampes et 4 ruches de mouche à miel (abeilles), 20 paniers.

 

Les matières premières

224 kgs de fonte, 28 kgs et 83 bottes de fil de fer , 133 kgs de cuivre en planches, 15 kgs de zinc en botte, 6 kgs d’acier en feuilles, et 116 kgs de tôle en botte, 17 kgs de tôle en acier, 75 kgs de tôle légère,  722 kgs de tôle anglaise en feuillets, 3 kgs de tôle découpée , 350 kgs de fer neuf et 100 kgs de vieux fer, 25 kgs de fer forgé, 4,5 kgs d’acier fondu, 3 hectolitres de charbon et 70 kgs de papier goudron

 

Les pièces détachées remplissent une vingtaine de pages. Nous avons décompté pour exemple : 43.509 (quarante trois mille cinq cent neuf) dessus de cadenas, 18.498 (dix huit mille quatre cent quatre vingt dix huit) clés de cadenas et 6.525 (six mille cinq cent vingt cinq) cache entrées.

 

Dans le magasin, le nombre de produits finis contraste avec le nombre de pièces détachées.

Nous y trouvons des serrures d’armoires, de malles, moirées : 3.228 pièces

Les cadenas au nombre de 1.206 sont de différentes sortes : avec chiffres, à secret, en cuivre, à pompe, anglais etc..

 

Dans l’inventaire de la succession figure aussi l’ensemble des vêtements de Modeste CATOIS et le moins que l’on puisse dire c’est que par rapport à l’ensemble du patrimoine industriel, Modeste CATOIS était vêtu très simplement :

 

Les vêtements du sieur CATOIS :

 

1 paire de soulier et 1 paire de bottes

2 paires de bas et 2 paires de chaussettes

6 pantalons de drap

1 gilet

1 redingote et 1 paletot

6 mouchoirs en coton et 4 de lin

1 chapeau, 2 casquettes et 6 bonnets de coton

1 montre en argent

24 chemises et 1 gilet.

 

Le tout (y compris les vêtements) est évalué à 10.527 Francs.

 

L’assistant du notaire pour l’évaluation des biens industriels s’appelle  François Alexandre VATTRE, fabricant de serrures à BETHENCOURT SUR MER, frère d’Augustin Frédéric VATTRE quincailler parisien qui exportait sur le pourtour méditerranéen ses produits. Il n’est donc pas impossible que les cadenas et serrures de la Société CATOIS aient été vendues en Méditerranée. ! (voir notre article sur les serruriers migrants au 19ème siècle).

 

Catherine Virginie BOUTE, veuve à 30 ans et mère d’une fillette de 2 ans, Angéline CATOIS, dirige l’atelier CATOIS seule jusqu’à son mariage avec Honoré Nicolas CANTREL le 11 septembre 1857. La société devient alors la Société CANTREL BOUTTE.

 

SOCIETE CANTREL BOUTTE (1857-1870)

 

Photo de l’en tête de la société

 

                                    BETHENCOURT Cantrel Boute.jpg

 

 

Cette société perdure de 1857  jusqu’au mariage de l’unique héritière du couple CANTREL BOUTE, qui n’a jamais eu d’enfants viables, Angéline, fille de Modeste CATOIS, le premier mari de Virginie BOUTE.

 

SOCIETE ROY CATOIS (1870-1886)

 

Angéline CATOIS épouse le 20 octobre 1868 Médard Anthelme ROY, clerc de notaire, originaire aussi de BETHENCOURT SUR MER. Elle a tout juste 18 ans et lui 24.

 

Le contrat de mariage stipule que Madame CANTREL donne à sa fille la valeur de 34.370 Francs, consistant en  ustensiles servant à l’exploitation du commerce de fabricant de cadenas et en marchandises fabriquées. Les jeunes époux prendront possession de l’atelier au 1er juillet 1870, le temps sans doute  qu’Anthelme ROY, qui n’était pas destiné à cette fonction, se forme auprès de son beau-père.

Madame CANTREL donne également à sa fille une propriété située à BETHENCOURT SUR MER à l’angle de la route de DARGNIES à AULT, dans laquelle s’exerce le commerce, comportant un principal corps de bâtiment sur la rue à usage d’habitation, d’atelier, surmonté d’un étage avec grenier le tout couvert en ardoises. Divers corps de bâtiments servant de magasin, bureau, forge, remise, bûcher, et cellier, plus encore une cour, jardin et herbage planté.

 

Anthelme ROY continuera à fabriquer scrupuleusement les mêmes modèles de serrures et de cadenas tout au long de son activité comme l’illustrent la publicité ci-dessous :

 

 photos publicité  ROY CATOIS.

 

                                                      BETHENCOURT ROY CATOIS.jpg

 

SOCIETE DEBEAURAIN 1886-1990)

 

Narcisse DEBEAURAIN

 

Le couple ROY/CATOIS, sans héritier, décide après 17 ans de mariage de vendre en 1885 leur société et prendre leur retraite, lui à un peu plus de 40 ans et elle à 35 ! Les parents de Madame Angéline ROY/CATOIS sont décédés l’année précédente à quelques mois d’écart.

 

L’acquéreur s’appelle Narcisse DEBEAURAIN et son épouse Marie LAINE, ils demeurent à ESCARBOTIN. Monsieur DEBEAURAIN est employé de commerce chez MAQUENNEHEN et IMBERT.

 

Il acquiert donc le 4 novembre 1885, une propriété sise à BETHENCOURT SUR MER en la grande rue comprenant 2 maisons d’habitation, avec étage, ateliers, bureau, cellier, hangars, remises, écuries, étables et magasin avec cour, plant et jardin ainsi que toutes les machines s’y trouvant.

Le matériel et les outils nécessaires à la fabrication de serrures et cadenas, 1 jument blanche, une carriole, 2 harnais, et la clientèle attachée au fonds de commerce.

Toutes les matières premières et marchandises fabriquées.

 

L’entrée en jouissance se situera très exactement le 1er février 1886.

La propriété immobilière est estimée à 38.000 Francs, le matériel et la clientèle à 10.000 Francs, les marchandises seront évaluées par la suite.

 

Il réaménage les locaux et dépose la marque « N.D ». et étend la production à la serrurerie de bâtiment.

 

 

G & F DEBEAURAIN FRERES

 

En 1892, Narcisse DEBEAURAIN cède la société à ses deux fils : Gustave et Fernand, qui l’ont rejoint après avoir également travaillé pour MAQUENNEHEN et IMBERT. La société deviendra la Société G & F DEBEAURAIN FRERES.

Mais la collaboration entre les frères n’est pas optimum et Fernand se retire en 1895. Il part s’installer comme quincailler à MONTROUGE.

 

Photo de la société de G et F DEBEAURAIN vers 1892 avec le personnel

 

                                        BETHENCOURT G et F DEBEAURAIN Freres.jpg

 

 

MAISON GUSTAVE DEBEAURAIN

 

 

Gustave DEBEAURAIN reste seul aux commandes. Il fait démolir en 1899 l’atelier pour faire construire une fabrique de serrurerie, équipée en 1902 d’un moteur à gaz, d’une chaudière et d’une machine à vapeur de la compagnie franco-américaine.

 

En janvier 1906, Gustave DEBEAURAIN doit faire face à une grève dure. Elle précède celle de FRESSENNEVILLE chez MM RIQUIER (voir notre article sur les évènements en 1906 et le saccage de son habitation dans l’article sur Béthencourt sur mer au 20ème siècle).

 

 

En 1907, il dédommage ses frères et sœurs pour éviter de rester en indivision des immeubles. Il rachète également de petits ateliers de serrurerie à BETHENCOURT (DOINEL) et AULT (PALPIED)

Mais tout cela endette la Société et son propriétaire, et, allié aux problèmes économiques et sociaux de 1906, Gustave DEBEAURAIN se voit dans l’obligation de faire appel à un « investisseur » en la personne de Monsieur Charles BAILLY, sans profession demeurant à ROYE.

 

Ce dernier rachète la moitié de la Société en juillet 1907, à savoir :

41.000 Francs pour l’immeuble

2.569 Francs pour les machines

10.000 Francs pour la clientèle

24.303 Francs pour les objets mobiliers.

La somme totale de 101.000 Francs a été versée à la signature de l’acte notarié.

 

Il semble que l’investisseur  BAILLY ait été remboursé rapidement puisque sur une facture de septembre 1908, son nom est barré.

 

Facture de 1908

 

                                                   BETHENCOURT DEBEAURAIN BAILLY.jpg

 

 

En 1911, la Société emploie 35 personnes dont la moitié de femmes. Il utilise en outre, les services d’ouvriers à la tâche qui habitent SAIGNEVILLE, ABBEVILLE, FEUQUIERES, ST VALERY SUR SOMME etc…

 

Un catalogue de la maison Gustave DEBEAURAIN nous renseigne sur la fabrication de l’usine.

Si les cadenas et les serrures d’armoires restent bien présentes, on voit apparaître également des serrures de prison ou en cuivre pour la marine, de sûreté, quelques verrous, de la cuivrerie de bâtiment, des becs de canne, des clés et des sécateurs.

 

Après une vie de labeur, Gustave DEBEAURAIN s’éteint en mai 1918 à l’âge de 53 ans, presque 20 ans jour pour jour après son père.

 

A&R DEBEAURAIN FRERES

 

Les fils de Gustave DEBEAURAIN, André et Roger sont au front lors du décès de leur père. Ils reprennent effectivement la Société après l’armistice. Dans l’intervalle, leur mère assure l’intérim.

 

En 1920, la raison sociale devient A&R DEBEAURAIN Frères. En 1928, l’usine est en grande partie reconstruite, et en 1930, l’électricité est installée.

 

Atelier DEBEAURAIN A & R vers 1930

 

                                    BETHENCOURT Atelier DEBEAURAIN 1930.jpg

 

En 1960, un très grand bâtiment donnant sur la Grande Rue remplace divers locaux. Le nom des propriétaires s’étale sur le bâtiment.

 

Photo de la façade.

 

                                           BETHENCOURT DEBEAURAIN Facade.png

 

La fabrication s’est étendue, elle concerne toujours les cadenas, les serrures d’armoires, de malles, de portes, mais aussi de voitures, des clés de coffres ou coffrets et toujours des sécateurs. Dans les années 30, un catalogue spécial de cuivrerie pour la marine est édité. De plus en plus, l’entreprise s’oriente vers la serrurerie. 

 

Après la guerre, André et Roger DEBEAURAIN ont cédé la société à leurs fils respectifs.

Ce sont les trente glorieuses, l’industrie tourne à plein.

 

Durant toute cette période l’entreprise exporte au Maghreb, Sénégal, Côte d’Ivoire, Madagascar, La Réunion et d’une manière générale vers les anciennes colonies de la France, dont l’île de la Réunion et Tahiti.

 

En 1968, les frères André et Roger DEBEAURAIN sont décédés tous deux.

En 1979 la raison sociale devient : DEBEAURAIN ET FILS S.A., certains actionnaires ayant  pris leur retraite. L’usine dépose le bilan en 1990 et la marque est reprise par les établissements DENY de SAINT BLIMONT. Les locaux sont à présent inoccupés en grande partie

 

L’usine a employé en 1911, 35 personnes dont la moitié de femmes, 200 salariés en 1962 et plus de 170 en 1983, mais plus que 137 en 1987. 

 

Cet atelier, puis Société aura perduré très exactement 150 ans.

 

 

 

 

Sources : Actes notariés aux A.D. d’AMIENS et conservation d’Hypothèques

Etat Civil en Ligne sur le site des A.D. de la Somme

Ouvrage : « Le vimeu industriel »

                 

 

 


Date de création : 15/11/2020 @ 15:36
Dernière modification : 15/11/2020 @ 15:56
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